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vendredi, 22 juin 2012

War and Love au Hellfest 2012

Un terrain boueux à cause de la pluie, Lynyrd Skynyrd à l'affiche, des festivaliers qui vous sautent dessus en plein concert pour vous embrasser et vous souhaiter un « bon festival ! »: vous avez dit Woodstock ? Perdu, c'était le Hellfest 2012 ! Au risque de décevoir les éternels grincheux titillés par le goupillon, le plus grand festival de métal en France n'abrite pas des messes noires, mais simplement des fans de musique décontractés, gay-friendly, aimant le cosplay et les bisoux (comme François Hollande). Et si les métaleux étaient les nouveaux hippies?

 

Vendredi 15 juin au matin. Le temps est un peu frais à Clisson, ravissant village près de Nantes, aux très belles architectures toscanes (d'où son surnom de "Clisson l'italienne") et traversé par la Sèvre. Il fait frais, mais les commerçants ne perdent pas de temps : les trois jours à venir vont être les meilleurs de l'année pour leur chiffre d'affaires.

Au Leclerc de la zone commerciale, les managers se décident à aller ouvrir les portes vers 9h. On notera l'impatience des employés, et du "public" du balcon : 

Car oui, un Hellfest réussi, ça commence toujours par l'approvisionnement en bière, barbaque, Jack Daniel's et PQ pour faire face à 3 jours de camping au son du métal.

Alors, du point de vue de l'habitant, que se dit-on ? "Gueulards, sapés en noir, et Dieu seul sait quoi d'autre encore (qu'on n'ose imaginer, cela va sans dire) ?" OK, une telle arrivée peut rappeler à certains les débordements des Hell's Angels. A cette petite différence près : ils ne sont pas aussi dangereux. Mais alors, pas du tout.  

Au risque de décevoir les intégristes catholiques de Clisson et d'ailleurs, au Hellfest l'ambiance est toujours bon enfant, décontractée, voire familiale. Certes, la scène The Temple, réservée aux groupes de black metal, peut laisser le novice un peu dubitatif, voire inquiet, et la file d'attente était très longue pour avoir un autographe des mecs de Cannibal Corpse, mais aucune sauvagerie ou messe noire n'a été constatée. Pour tout vous dire, Satan devait faire la gueule. Ca sentait plus le cannabis que le soufre. 

Pour preuve, il suffisait de suivre les effluves qui émanaient de la tente The Valley, dédiée au stoner, sous-genre plutôt planant dans le métal. Jeff et Gwen, croisés lors du set d'Orange Goblin, sont des fidèles du Hellfest depuis trois ans : « Que ce soit les organisateurs, ou le public, les gens sont hyper sympas, apprécie Jeff. Bon, il y a toujours quelques crétins pour pogotter quand on n'en a pas envie, mais on les calme gentiment, et globalement on se sent très bien. Ecouter, boire, manger, tant qu'on satisfait ces trois besoins essentiels, on n'a pas à se plaindre! »

Les bisoux, c'est maintenant

Lors de sa création en 2006 et même après, le Hellfest a évidemment du essuyer bon nombre d'oppositions à Clisson. Certains habitants à l'oreille sensible ou prêtres de la "décence" arguaient qu'on pouvait "vivre bien à Clisson... sans le Hellfest", dans le but de préserver la jeunesse. Or, la grande majorité des habitants du charmant village, qui devient capitale française du métal pendant 3 jours chaque année, s'est parfaitement accomodée de l'arrivée des métaleux dans leur bourgade. Et ne parlons pas de la jeunesse justement. Mieux : elle les trouve sympathiques.

"Il ne faut vraiment pas s'arrêter à leur look. Ils sont tellement courtois que le tutoiement n'est pas instantané" expliquait une maman à la sortie de l'école primaire au journaliste de Rue89. Une autre maman, de bénévole du festival cette fois, va même plus loin : "Il y a un esprit fraternel et pacifique, j'ai l'impression d'être dans une continuité de Woodstock". 

Et c'est exactement ça l'ambiance du Hellfest : loin des avatars de rednecks dégénérés fans du port d'armes, les métaleux sont là avant tout pour s'amuser et écouter la musique qu'ils aiment. 

hellfest 2012,clisson,métal,heavy metal,punk,turbonegro,orange goblin,stoner,cannabis,black metal,lynyrd skynyrd,dorpkick murphys,mötley crüe,slashIl faut dire que cette année, tout était fait pour qu'on se sente comme à la maison : un site doté de 5 scènes, réorganisé et plus vaste, encore plus de bars et de zones de restauration, et même un petit espace vert agrémenté des fameuses décorations en tôle retravaillée, baptisé par certains festivaliers « le jardin des orcs », fort bucolique pour cuver sa bière ou s'en resservir un coup ! Dès lors, pas étonnant que les bisoux aient coulé à flots, y compris avec les gendarmes venus surveiller. Juste au cas où.

Côté camping, on pouvait compter pas moins de 4 emplacements dotés de sanitaires pour accueillir les quelques 75 000 festivaliers qui sont venus en 3 jours. Dans le cadre de la logistique, deux écoles s'affrontent. D'un côté, la spartiate : « Le métaleux, il creuse son trou dans la terre et il se roule en boule dedans, comme les orcs. Et tant pis s'il pleut », assure Martial, fan d'AC/DC, avec conviction. De l'autre, l'hédoniste : certains n'ont pas hésité à installer la tente de jardin, agrémentée d'un lustre en métal soudé et de pots de bégonias à l'extérieur, pour patienter entre les sets et boire des coups entre potes.

Chacun son style ! Et dans le domaine, il faut s'attendre à de vraies surprises. Car le métaleux, souvent adepte de jeux de rôle et lecteur d'heroic fantasy ou de mangas, ne peut renier une certaine tendresse pour le cosplay. On croise évidemment des fans en T-shirt Sepultura, Sodom et Down, mais la gamme peut ainsi s'élargir au Tshirt « chatons », au maillot vert de Borat (donc très aéré), ou au tutu de danseuse agrémenté de collants imprimés Union Jack. Le métalleux n'est pas le dernier pour dévaliser les stands de merchandising (certains articles étaient en rupture de stock dès le 2ème jour!), ou l'Extreme Market, où l'on trouve de tout, de la grenouillère Guns n'Roses au cendrier tête de mort, en passant par l'artisan qui vous fabrique une corne à boire sur mesure.

Voici en photo un petit florilège de fans, d'ambiance saisis sur le moment : 

 

Mais le summum du déguisement, c'est tout de même le revival du glam-métal. Avec des groupes comme Mötley Crüe ou même Slash à l'affiche, il n'y avait plus de honte à avoir pour se lâcher sur le khôl et les slim panthère. Devant le carré VIP, trois fans étaient trop heureux d'immortaliser leur tenue devant l'appareil. Du pur bonheur.

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D'ailleurs, la seule présence des punk norvégiens ambigus de Turbonegro, qui ont livré un set déchaîné devant une marée de festivaliers (souvent affublés de calots de marin, LA marque de fabrique du groupe!), suffisait à lever les doutes sur l'ouverture d'esprit du métaleux. Entendu au premier rang de la fosse, ce commentaire poétique : « Rooo, il est génial le bassiste, on dirait Monsieur Esclave ! » Le Hellfest serait-il une succursale du Marais?

Une parenthèse musicale s'impose pour présenter ce groupe, très rare en France, qui semble avoir fondé son esprit sur l'idée suivante : "Les mecs, on veut faire du punk. Mais qu'est-ce qu'on pourrait trouver qui choquerait même les punks ? Et si on montait un groupe de punk gay?" Maquillage à la  Malcolm McDowell dans Orange mécanique, autrefois casquettes nazies, costume de roi d'Angleterre de Freddie Mercury et casques coloniaux.... Bienvenue au royaume du 12ème degré, et plus c'est gros, plus ça passe (et ça plaît). La musique a beau se réclamer du punk, les riffs sont efficaces et variés, et le duo Tony Sylvester (le nouveau chanteur)/Happy-Tom (le bassiste fardé) donnerait des frissons à tous les "bears" de France et de Navarre.

A preuve : 

 

Christine Boutin peut fustiger le Hellfest avec raison : on y célèbre tout ce qu'elle déteste. C'est gay-friendly, ça parle de la mort et du sexe, mais pour mieux chanter et danser la vie. Pour ce que j'en ai vu, depuis 3 ans que je viens, au Hellfest Eros est plus satisfait que Thanatos. Et Satan n'en a pas pour son argent.

 

Crédit photos : Aurélien Perol.

 

 

lundi, 07 mai 2012

Celui qui était moins connu que le labrador de Mitterrand

La phrase malencontreuse était de Chirac en 1981 lors des élections législatives. François Hollande était alors son adversaire dans la 3ème circonscription de Corrèze, et faisait ricaner le futur souffre-douleur de Mitterrand. Notre Fan-Fan aujourd'hui national ne s'était pas privé de lui renvoyer la phrase à la tronche quand ils se sont rencontrés sur le terrain.

31 ans plus tard, François Hollande est le 7ème président de la Vème République. Et Chirac a l'air con.

 

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Après Chirac... Hollande. La Corrèze, terre de champions.


Entre ces deux événements, d'aucuns diront que le chemin parcouru est logique, d'autres qu'il est inattendu. Mais en politique, où l'on ne meurt jamais de toute façon, il faut se méfier de plusieurs choses :

1. De ceux qui n'ont l'air de rien : ils ne la ramènent pas, ou moins que d'autres, mais ils avancent patiemment, lentement. Et comme on se méfie moins d'eux, ils ont un avantage pour tuer leurs concurrents. Fabius (qui l'appelait "Fraise des Bois" et qui disait aussi "François Hollande président ? On rêve"), Aubry (qui le traitait de "couille molle"), DSK le prouvent (même si ce dernier s'est tiré une balle dans le pied tout seul, bref). 

A ce titre, je me permets une petite remarque envers nos amis américains, qui voient d'un sale oeil l'élection d'un socialiste à la tête de la France. Précisons tout de même que pour les Américains, même aujourd'hui, "socialiste" = "marxiste-léniniste" (j'exagère à peine). C'est que ça ne les arrange pas trop, le programme de Hollande, à commencer par le retrait des troupes d'Afghanistan d'ici la fin de l'année. Quand ils ne sont pas dans l'angoisse totale, ils sont dans le mépris, comme en témoigne cette réflexion de Rahm Emmanuel, ancien chef de cabinet de Barack Obama et maire de Chicago : "Il a plus l'air d'un ministre que d'un président, et il ne remplira pas le costume." Quand on fait partie d'un peuple qui a élu deux fois un enfoiré doublé d'un crétin comme Deubelyou, on ferme sa gueule (fin de la petite remarque).

2. De ceux qui croient à leur destin : excluons d'office François Bayrou, dont la pseudo-prédiction que la Vierge lui aurait faite servirait presque à elle seule à démontrer la non-existence de Dieu. Mais François Mitterrand a attendu de 1965 à 1981 en se présentant à chaque élection présidentielle avant d'être élu. Bon, Hollande a décroché le jackpot du premier coup, mais sa stratégie s'est révélée plus proche de la tortue que du lièvre. Il ne faut pas se leurrer : il n'est pas là par hasard. Même s'il n'a jamais eu de ministère, jamais très ouvertement (du moins jusqu'à l'année dernière) manifesté une envie de longue date de briguer la magistrature suprême, nombreux sont ceux dans son entourage politique qui confirment que l'idée traînait dans sa tête depuis longtemps, pour enfin se muer en véritable ambition.

3. Des coups du sort :  il y a encore un an, jour pour jour, qui pariait sur François Hollande ? Le 7 mai au matin, DSK était favori dans les sondages. Une semaine plus tard, il avait les menottes aux poignets, et Hollande avait le champ libre à gauche. J'aime bien les ironies de l'Histoire : toute la géopolitique du Moyen-Orient et de l'Empire Romain chamboulé parce que Marc-Antoine préférait l'Egypte à Rome, le schisme d'Angleterre dû aux histoires de cul d'Henri VIII... Notez que c'est souvent le sexe qui bouleverse la politique.  Je dis ça, je dis rien.

4. Des rigolos et autres Monsieurs petites Blagues : quand ils ont fait Sciences Po, HEC, l'ENA, navigué dans les sphères du pouvoir depuis 30 ans, il faut les prendre au sérieux. Quand ils s'appellent Patrick Sébastien, moins.

5. Des gens qui aiment les gens : j'ai rencontré François Hollande il y a quelques mois à l'Assemblée, après un débat sur la laïcité. Devant un ascenseur. Ca fait con à dire, mais je n'avais jamais vu autant de gentillesse spontanée dans les yeux et le sourire de quelqu'un quand il m'a saluée. Je suis restée toute chose. Même avant ses 5 ans de mandat, c'est par Sarkozy qui m'aurait fait avoir des papillons dans le ventre avec un simple bonjour. Multipliez ça par tous les déplacements de terrain, les rencontres avec des citoyens, quelle que soit l'occasion (Libé de ce matin rappelait l'épisode plutôt méconnu, lors des émeutes de 2005, où François Hollande avait rencontré, sans pub, les familles de Bouna et Zyed, les deux gamins qui s'étaient tués alors qu'ils étaient poursuivis par des flics), ça fait mettre plus sûrement un bulletin dans l'urne que tous les discours.

Alors réjouissons-nous, mais ne rêvons pas au miracle. Hollande malgré sa gentillesse n'est pas Jésus, et il devra faire les réformes structurelles qui s'imposent et qu'aurait fait la droite si elle avait été réélue. Mais au moins, on peut espérer que ce sera fait dans les règles de l'art...

Prions seulement pour que les 5 prochaines années ressemblent à celles entre 1997 et 2002, et ne voient pas une vautre magistrale de la gauche qui porterait, cette fois sûrement, le FN au pouvoir. Car comme l'écrivait Brecht "le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde"...


 

mercredi, 04 avril 2012

"On va te faire la mort dans les urnes"

C'est fugace mais si ça pouvait augurer de ce qui va se passer dans moins de 3 semaines...


Sarkozy se fait traiter de "Pauvre con" à la... par Spi0n

Et il remercie. En plus ! Peut-être le seul point positif de son bilan : il aura appris à tenir sa langue en public.

dimanche, 12 février 2012

Whitney Houston : hommage batemanien

Vu aujourd'hui sur le Twitter de Bret Easton Ellis :

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En substance, ça donne : "Whitney Houston : oui, ce soir, quelque part, Patrick Bateman pleure, est choqué mais pas surpris, et il commande trois putes au lieu de deux...

Probable aussi qu'elles vont passer un sale quart d'heure.

Whitney Houston est morte aujourd'hui, à 48 ans. C'est donc le pire jour possible pour Patrick Bateman, le héros déjanté d'American Psycho. Il y a 27 ans, Breat Easton Ellis faisait à travers Pat la meilleure critique possible de l'artiste. Une critique de fan hardcore, mais qui lui rendra justice mieux que tout le verbiage des nécrologies AFP.

"C''est en 1985 que Whitney Houston a fait une apparition fracassante dans le paysage musical, avec l'album qui porte son nom, lequel comportait quatre titres premiers au hit-parade, dont The Greatest Love of all, You Give Good Love et Saving all my Love for you, et devait en outre remporter le Grammy Award de la meilleure performance vocale féminine pour les variétés, ainsi que deux American music Awards, celui du meilleur album de rythm and blues, et celui de la meilleure vidéo de rythm and blues. De plus, les magazines Billboard et Rolling Stone la sacraient meilleure nouvelle chanteuse de l'année. Avec un tel battage publicitaire autour de cet album, on est en droit de s'attendre à le trouver décevant et terne, mais Whitney Houston (Arista) se révèle un disque de rythm and blues étonnamment plein de chaleur, de finesse, somme toute un des plus satisfaisants de la décennie. Quant à la voix de Whitney, elle défie l'imagination. Il suffit de voir la photo de couverture (robe Giovanne de Maura) et celle, assez sexy, qui lui répond au verso (maillot Norma Kamali) pour deviner que ce n'est pas là l'habituel filet d'eau tiède du professionnalisme : certes, la musique est fluide, mais c'est un fluide intense, et la voix de Whitney se joue si bien des limites, avec une telle capacité d'adaptation (encore que Whitney demeure essentiellement une chanteuse de jazz), qu'il est difficile de s'imprégner de l'album à la première audition. Mais là n'est pas le but. C'est un disque à déguster, encore et encore.

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Les deux premiers morceaux, You Give Good Love et Thinking about you, tous deux réalisés et arrangés par Kashif, bénéficient d'un arrangement jazzy, chaud et luxuriant, mais avec une rythmique contemporaine au synthé; ce sont là deux très bonnes chansons, mais l'album ne décolle vraiment qu'avec Someone for me,  réalisé par Germaine Jackson, que Whitney chante avec avec mélancolie, sur un rythme diso-jazz très enlevé, créant ainsi un décalage extrêmement émouvant. Saving all my Love for you est la ballade la plus sexy, la plus romantique de l'album. Elle bénéficie d'un fantastique solo de saxophone par Tom Scott, et l'influence des groupes vocaux féminins des années 60 y est perceptible (elle a été coécrite par Gerry Goffin), bien que ceux-ci n'aient jamais atteint un tel degré d'émotion ou de séduction (ni une telle qualité de son). Nobody loves me like you do, un fantastique duo avec Germaine Jackson (et qui l'a également réalisé) n'est qu'un exemple de la qualité des chansons de cet album. La dernière dont il souffre est bien le manque de textes valables, ce qui arrive généralement quand une chanteuse n'écrit pas ses propres chansons et doit laisser son producteur les choisir pour elle. Mais Whitney et ses amis ont été heureusement inspirés.

How will I know, à mon sens le meilleur morceau de danse des années 80, évoque avec allégresse les tourments d'une fille qui ne sait pas si un garçon s'intéresse ou non à elle. Le riff au clavier est superbe, et c'est le seul titre de l'album qui soit réalisé par Narada Michael Walden, l'enfant prodige. La ballade que je préfère, personnellement (mis à part The Greatest Love of all, qui demeure au-dessus de tout), est All at Once, l'histoire d'une femme qui s'aperçoit soudain que son amant s'éloigne d'elle. L'arrangement des cordes y est magnifique. Rien dans l'album ne semble être du remplissage à part, peut-être, Take Good care of my heart, un autre duo avec Germaine Jackson, qui s'éloigne des racines jazzy de l'album, et paraît trop influencé par la dance music des années 80. 

Cependant, nous retrouvons le talent de Whitney, plus grand que jamais, dans l'extraordinaire The Greatest Love of all, une des plus fortes, des meilleures chansons jamais écrites sur la dignité et le respect de soi-même. De la première à la dernière ligne (dues à Michael Masser et Linda Creed), c'est une ballade qui parle, de façon magistrale, de la foi en soi-même. C'est là une proclamation pleine d'intensité, que Whitney chante avec une noblesse qui confine au sublime. Son message universel dépasse toutes les frontières, pour instiller chez l'auditeur l'espoir qu'il n'est pas trop tard pour s'améliorer, pour être plus humain. Puisque, dans ce monde, il nous est impossible de nous ouvrir aux autres, nous pouvons toujours nous ouvrir à nous-même. C'est la un mesasge important, essentiel en vérité, que ce disque nous transmet superbement."

Là, Bateman-Ellis fait également la critique de son deuxième album, puis conclut : "Nous attendons encore beaucoup de choses de Whitney (elle a fait une apparition bouleversante aux J.O 1988, nous offrant un magnifique One moment in Time), mais même si ce n'était pas le cas, elle demeurerait néanmoins l'une des voix noires les plus passionnantes et les plus originales de sa génération."

Extrait (comique) du film American Psycho relatif à Whitney Houston :


Eh oui : Bateman est la preuve qu'on peut être extrêmement sensible et adoré les threesome sanguinolents... réalisés sur la musique de Whitney Houston bien sûr. 

 

vendredi, 18 mars 2011

Séisme au Japon : réflexions sur un monde fantastique

h-4-2438514-1300441288.jpgEn Enfer, on essaie de rester calme. A la surface, on panique. C'est un peu ce qui est en train de se passer actuellement, quand on regarde la façon dont les médias internationaux traitent la situation au Japon, en comparaison avec les médias nippons. Ceux qui auraient le plus de raison de trembler affichent un calme et une cohésion qui, vus de loin, forcent l'admiration. Mais notre manie de tout ramener à nous-mêmes et notre égocentrisme nous feraient presque occulter les problèmes humains pour une relance du débat sur le nucléaire qui, s'il est utile (surtout au vu des conséquences d'une catastrophe comme celle de Fukushima), paraît tout de même encore secondaire.

Mais en France, on n'a pas peur d'être ridicule. La preuve : hier soir, France 2 diffusait une émission spéciale d'Envoyé Spécial, consacrée à la situation au Japon. Terrifiant, le rappel du sacrifice des liquidateurs de Tchernobyl il y a 25 ans. Edifiant, le témoignage de Japonais ,et de Français expatriés qui décidaient de rester avec leurs familles, dans leurs villes sinistrées, pour aider, soutenir. Lamentable, celui d'un jeune Français qui courait à toutes jambes chez lui pour faire ses valoches et foutre le camp, copine japonaise sous le bras, à Osaka. Et devant les caméras en plus ! (cela a t-il été un peu mis en scène pour les besoins du reportage... J'avoue m'être posée la question 2 minutes après l'image, connaissant un peu la profession...)

Un lien direct vers le reportage d'Envoyé Spécial en question

Le Post.fr diffusait aujourd'hui le témoignage d'un Français vivant à Tokyo, et bien décidé, lui, à ne pas décamper. Il livre ce point de vue  sur les expats français qui fait regarder ses chaussures : "Les japonais travaillant avec moi sont totalement choqués d’un abandon par des français fuyant le Japon par tous les moyens, comme des rats quittant le navire. La télévision japonaise ne se prive pas d’expliquer à l’ensemble des Japonais qui vivent dans une situation pénible toute l’organisation mise en place par le gouvernement français pour faire partir les Français du Japon. Les Japonais sont polis et ne disent rien, mais ils n’oublieront certainement pas cet abandon médiatisé et je pense que nos sociétés françaises auront du mal à réacquerrir une confiance nécessaire dans les relations professionnelles ici."

A méditer... Tristement.

Il faut bien avouer une chose horrible : si le risque nucléaire ne s'était pas invité au bal, il est probable que le tsunami au Japon aurait été aussi vite oublié que celui de Nouvelle-Zélande, celui de Turquie, celui d'Haïti. Parce que bon, le Japon, c'est loin de nous. Mais là, tout d'un coup, tout le monde se sent concerné, tout le monde tremble, tout le monde prie pour que le refroidissement marche. Et on se souvient, ou on le découvre, que les liquidateurs de Tchernobyl ont évité, par leur sacrifice horrible, que l'Europe devienne une terre lunaire, inhabitable. Pourtant, aujourd'hui, tout le monde s'en fout, et ignore que si l'on peut partir au ski, inviter Camilla à dîner ce soir et claquer son salaire en fringues, c'est grâce à ces mecs-là. En en prendre conscience fait le même effet que chez Sartre : on a la nausée.

Que La Route de McCarthy ne soit pas de l'anticipation, mais le présent : aujourd'hui, c'est ce que tout le monde craint. C'est aussi peut-être pour ça que nos médias flippent plus que les Japonais. Eux qui, façonnés par une culture bouddhiste qui fait accepter les choses comme elles sont, se disent instinctivement que paniquer ne changera rien aux cours des choses.

Questions en vrac

La question que je me pose depuis une semaine est la suivante : a t-on envie de vivre avec une telle épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Peut-on, surtout, vivre comme ça encore longtemps sans être rattrapé par notre inconséquence? Certains diront qu'après tout, une bonne explosion nucléaire pour faire un grand nettoyage par le vide ne serait pas un mal, tant l'humanité est pourrie. D'autres diront qu'il ne faut pas être si pessimiste, et qu'on arrivera bien à instaurer la paix dans le monde, à vivre dans une belle harmonie-cui-cui-les-p'titszoiseaux.

Et quand on assiste avec amertume et horreur à TOUT ce qui se passe, sans savoir quoi faire, sans plus savoir quoi penser, on se situe où ? Dans la case des crétins angéliques, ou celles des anarchistes extrêmistes (je pense toujours au Russe dans Germinal qui dit "il faudrait tout faire sauter. Quand il ne restera plus rien de ce monde pourri, peut-être pourra t-on en bâtir un autre..."), tous plus illuminés les uns que les autres ?

J'ai pas la réponse. Mais j'adore la présence d'esprit du prince héritier du Japon, news balancée à 12h et quelques aujourd'hui : il ne se rendra pas au mariage du prince William en avril prochain. Son peuple, son pays vivent l'Apocalypse, mais lui prend soin d'annoncer à la communauté internationale qu'il raye de son agenda cet événement d'une futilité injurieuse face à une telle catastrophe. Rendez-vous compte : en la situation actuelle, il ne pouvait pas manquer de nous informer de cette décision capitale. Il a pensé à ça.

(Parenthèse, mais autre exemple, et de taille ! Apple ose penser que la sortie de l'iPad 2 est mise à mal par le séisme au Japon... car plusieurs composants sont fabriqués là-bas ! Lire l'article C'est à ne pas croire, et pourtant on peut le lire. Ce n'est pas un hoax. Pas de précieux iPad 2  un an même pas après la sortie du premier... si ce n'est pas un beau Polaroid d'une société en pleine décadence... Certains, là aussi, pensent à ça.)

Tout de suite, ça resitue les choses : si par miracle il n'y a pas de conséquences atroces à Fukushima (explosion par exemple), on y enverra quelques kamikazes, qui sait (les Japonais connaissent bien ça), pour colmater, on continuera à construire des centrales nucléaires en zone sismique, et le monde continuera de tourner. Et pourra s'occuper en bonne et due forme de Khadafi.

Finalement, c'est peut-être ça notre punition pour un quelconque péché originel : vivre dans un monde où la légèreté la plus insoutenable l'emportera toujours sur l'horreur la plus profonde (et les réflexions qui pourraient en découler). "Légèreté" pouvant être aussi synonyme d' "inconséquence"...

(crédit photo : Reuters)

 

 

jeudi, 26 novembre 2009

Grève au Parisien : le journal ne paraîtra pas demain

Pas de Parisien dans les kiosques demain. Suite au plan social annoncé par la direction hier matin, une AG de près de 150 journalistes (de l'édition nationale, des éditions nationales et de nombreux secrétaires de rédaction) ont voté la grève à 90 voix contre 50, ainsi qu'une motion contre le plan social, votée, elle, à l'unanimité.

La direction du Parisien avait annoncé, au cours d'un comité d'entreprise extraordinaire mercredi matin, l'ouverture d'un guichet de départs volontaires. Rappel pour mémoire : le plan de départ présenté concerne 35 salariés au total : 25 journalistes avec cartes de presse (le Parisien et Aujourd'hui en France en comptent 200) et 10 cadres et employés.

Les plus folles rumeurs couraient depuis plusieurs semaines, on parlait d'une centaine de licenciements. "Sans doute était-ce de fausses rumeurs pour mieux faire passer la pilule en annonçant une petite cinquantaine de départs, ce qui reste beaucoup tout de même", expliquait une source présente à l'AG de jeudi soir. De fait, les chiffres annoncés ces dernières semaines concernant l'édition nationale étaient finalement plus optimistes que prévu.

Le sort des éditions régionales n'a pas encore été clairement annoncé, néanmoins une réorganisation drastique des bureaux locaux est à prévoir.

 
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