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vendredi, 12 septembre 2008

Plus de bouchons le matin pour aller au turbin

embouteillages3.jpgCombien sommes-nous à pester quasiment tous les matins parce qu'on a éteint le réveil, que l'on va donc partir en retard, et qu'en plus il pleut ? 60 millions ? Peut-être pas autant, car ces désagréments matinaux sont d'autant plus graves que beaucoup d'entre nous se rendent à leur travail...En voiture. Et à Paris ou dans la région Ile-de-France.

300 km de bouchons certains matins aux abords de Paris, "certains matins" comme les lundis ou les fins de semaine...Hors périodes de vacances scolaires, qui apparaissent comme bénies (pour plusieurs raisons, on aimerait vraiment que ce soit les vacances toute l'année), aller à Paris sans mettre au minimum 1h frise l'exploit. Et y aller tout court, par moment, relève du masochisme.

Je ne vous décris pas l'énervement grandissant à mesure que les queues n'avancent pas, les coups de flip en lisant les panneaux lumineux indiquant la durée du supplice (peut-être, chers collègues automobilistes, poussez-vous, vous aussi, le masochisme -on y revient-, jusqu'à guetter le dit panneau tandis que vous roulez à 10 km/h et que vous arrivez au virage qui va vous le révéler)...Même la radio et AC/DC n'arrivent plus à vous calmer.

Déjà, se dire que l'on va travailler avec plétores de sujets d'inquiétude, voire d'angoisses, avec des collègues pas toujours les bienvenus (avouez-le, vous aussi vous travaillez avec ce qui vous semble parfois des "cons"), tout ça n'est guère réjouissant et parfois infernal. Et en plus, il faut se dire, au moment où l'on grimpe dans son carosse, qu'en plus la route qui y mène sera insupportable. Un enfer, quotidien en plus. (Y'a beaucoup de "en plus" dans cette phrase non? Désolée, ç'est la fatigue...des bouchons).

Qui aurait envie de continuer ? Eh oui, me répondrez-vous, souvent, on n'a pas le choix.

Eh bien dans sa grande magnanimité, l'Etat a pensé à nous, pauvres fourmis et masses laborieuses. L'entourage de MAM en tête : "«On ne peut plus accepter 300 kilomètres de ralentissement certains matins aux portes de Paris", nous révèle le Figaro. (C'est sûr qu'ils en savent quelque chose MAIS....ne soyons pas médisants, et ne flinguons pas à bout portant la bonne initiative qui va suivre).

L'équipe du Ministère de l'Intérieur pense avoir trouvé une solution géniale au problème des bouchons. Créer de nouvelles routes ? Développer les transports en commun et les dessertes ? ...Non. Mettre plus de flics. Si, si. Enfin, en gros. Explication en quatre points :

* Ce sera aux forces de sécurité de devenir "les chefs d'orchestre de la régulation du trafic en Ile de France". Alors, il y aura des routes prioritaires, à savoir celles où il y a le plus de trafic. Collées aux CRS ! Qui en feront...Bah, on ne sait pas ce qu'ils feront, le plan ne l'explique pas.

* "Plus personne ne travaillera dans son coin" : fini le travail unilatéral des préfets de départements, la préfecture de police de Paris chapeautera l'ensemble des activités régionales.

* Le Minisitère s'attèlera également à la création d'un service régional de police routière, sorte d'équivalent de la police des transports.

* Des brigades de choc "pour intervenir sur le réseau non autoroutier" : création de "trois unités de 150 policiers chacune qui viendront s'ajouter aux quatre compagnies de CRS existantes, pour constituer un ensemble d'environ 1 000 hommes".

Nous avons même droit à une jolie carte pour nous expliquer les choses sur le Figaro.fr.

Si avec tout ça, on se débrouille encore pour aller à Paris en plus de 30 minutes, alors vraiment, c'est à n'y plus rien comprendre ! Ou alors, qu'on n'y met de la mauvaise volonté !

Alors leur plan...Moi, je veux bien. Seulement, j'aimerai qu'on m'explique comment plus de flics, une direction centralisée ect...Vont permettre de réguler la venue de millions de personnes. Comment vont-ils changer cet état des choses ?

Si j'ai le temps dans les prochains jours, j'interrogerai volontiers quelqu'un au ministère ou dans un syndicat de police...Rien que pour savoir, en toute simplicité.

 

 

Commentaires

Oui effectivement, la réponse ne semble pas vraiment adaptée au problème. Le problème se pose en terme de capacité des carrefours et de régulation du trafic au niveau des échangeurs. Des patrouilleurs in situ peuvent améliorer la situation et faire gagner quelques minutes par-ci par-là mais ça ne règlera pas le problème. Leur intervention peut être réellement intéressante pour la gestion des accidents. Encore faut-il qu'ils soient bien formés. La plupart du temps, ils se contentent de dévoyer les véhicules alors qu'il est souvent possible de bloquer le trafic 1 minute pour évacuer les véhicules accidents sur la BAU ou l'accotement.

Les points noirs sont bien connus des services de l'équipement et si la situation est inchangée depuis 15 ans, c'est que le problème est plus compliqué. Problème de financements pour les élargissements, problèmes d'emprises (acquisition foncière, expropriation) et lourdeur administrative dans la planification et la réalisation des projets. De toute façon, on ne peut pas tout miser sur la voiture, surtout compte tenu du coût du carburant qui touche en premier les ménages les plus défavorisés (et qui habitent souvent plus loin en raison du prix de l'immobilier).

Nous avons un véritable retard en matière d'offre de transports alternatifs à la voiture. Imaginez une voie de bus en site propre sur l'A6, l'A4 ou A1 avec une cadence élevée de bus qui relieraient la province à Paris aux heures de pointe et vice versa. Imaginez des horaires de bus synchronisées avec les horaires de train et inversement. Imaginez des gares routières avec des parking relais gratuits! Imaginez plus d'équipements pour les vélos, imaginez plus de ferroutage, plus de transport de marchandises non périssables par voies d'eau...etc.

Tout cela est en train de venir mais ça prend du temps. Comptez une génération entre le moment où l'on prend conscience du problème et le moment où les comportements changent.

Les Conseils Généraux commencent à fixer leur priorité d'investissement sur les transports alternatifs, là où les budgets étaient autrefois entièrement consacrés aux équipements attenants à la voiture. Des exemples comme cela, il y en a plein ( plans climat, constructions HQE, approches environnementale de l'Urbanisme, limitation des gaz à effet de serre...)

La France n'est pas toujours un pays précurseur mais quand elle prend conscience d'un problème, on peut dire qu'elle est capable de réagir rapidement. Je citerai pour exemples l'équipement des foyers en informatique et les connexions internet haut débit, le marché du développement durable en plein essor, les progrès réalisés en sécurité routière ou encore tout simplement le fait que les travailleurs français sont parmi les plus productifs au monde malgré une forte consommation d'anti-dépresseurs, les 35 heures et un paquet de branleurs qui n'en foutent pas une. Bien sûr, beaucoup trouveront à redire à ces exemples mais ils illustrent quand même une certaine réactivité et efficacité. La France est pleine de "lourdeurs procédurales" mais quand je pense à ces exemples, et bien je suis fier d'être Français.

Pour résumer: patience, on y travaille.

Écrit par : gulu | vendredi, 12 septembre 2008

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