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jeudi, 26 février 2009

J'ai vu l'Eternel du Rock n'Roll et son nom est AC/DC

acdc.jpgLes lumières s'éteignent, on ne voit plus dans la salle immense de Bercy que des petites cornes de diable rouges fluorescentes et on n'entend plus qu'un gigantesque hurlement.

Surprise, l'intro débute avec un dessin-animé surréaliste, montrant le "Rock n'Roll Train" d'AC/DC lancé à grande vitesse, avec un Brian Johnson légèrement endormi mais souriant***, et un Angus Young diabolique en tenue d'écolier. Deux nanas, diaboliques elles aussi, mini-jupe, Tshirt AC/DC et air patibulaire mais presque, entament une séduction orgiaque sur un Angus à la queue fourchue au bord de l'apoplexie...Pas de bol, il se retrouve ligoté et à bord d'un train sans système d'arrêt et évidemment abandonné par les deux garces. Rien à foutre : Angus se libère, chope sa Gibson, et bordel de merde, ça va saigner : "If you Want Blood, You got It !"

Le message est passé : rien n'empêchera AC/DC de foutre le feu. Et à 21h tapantes, le "Rock n'Roll Train" arrive à destination, le groupe déboule sur scène à grands renforts de pyrotechnie, salue la foule, et commence un délire qui durera 2h sans quasiment aucune pause.

"Back in Black", "Hells Bells", "Shot down in Flames", euh quoi d'autre...La liste est trop longue! Le groupe se pèle littéralement la couenne pour qu'on l'écoute, et ca ne rate pas. Si l'attention redescend avec des titres du dernier album comme "War Machine", un petit coup de "Shoot to Thrill" ou de "TNT", et ça repart.

Angus s'est bien un peu raté sur le début de "Thunderstruck", mais avec "Let There Be Rock", il s'est permis de rappeler que c'était bien lui le patron : un solo de 10 minutes, monté sur une plateforme surélevée, à se rouler par terre de façon épileptique, avec ses riff magiques qui viennent presque d'un autre monde. L'air de dire "Non, je ne suis pas arthritique et vous les p'tits jeunes qui croient faire du rock, vous pouvez retourner à vos amplis, j'suis pas encore à la retraite."

 

AC_DC_sp0b56f4_jpg_45236d.jpg

 

Sex and Rock n'Roll : un petit rappel de ce grand principe de vie avec "Whole Lotta Rosie" et une camionneuse à gros seins qui chevauche la loco du décor. La grande classe. Ah oui, et j'allais oublié le meilleur : un beau strip-tease d'Angus, qui tombe la veste, la cravate et la chemise, et finit par montrer ses fesses à la foule, arborant un caleçon...AC/DC bien sûr.

Dernier rappel avec "Highway to Hell" et surtout "For those about to Rock, We Salute You" : eh ben nous aussi, on vous salue les gars !

Jamais dans aucun autre concert, cet adage vieux de 50 ans n'a eu autant de sens. L'expérience d'un concert d'AC/DC,  c'est orgasmique. Tout simplement. Ca transpire le sexe de partout. Et ca dure de la 1ère minute du concert au lendemain et sans doute jusqu'aux jours d'après.

On a dit que le plus grand groupe de rock du monde était les Rolling Stones, puis U2, puis en descendant encore plus bas, Oasis...Laissez tomber, oubliez-les : il n'y a qu'à AC/DC.

N.B : bientôt les photos perso du concert, notamment Angus sur sa plateforme offert à la foule.

*** Après re-visionnage du dessin animé, m'est avis que Brian Johnson n'est pas "légèrement endormi" comme je l'ai écrit précédemment, mais bien plutôt en train de recevoir les hommages d'une Rosie de passage qui relève la tête fort à propos....!

**Trouvées sur le Web : des vidéos du concert de Bercy, et surtout de la fameuse intro qui déchire ! (Pour le dessin-animé intégral en version haute dèf, c'est par là)

La même, avec une meilleure qualité pour le dessin-animé et des plans plus serrés sur la scène et nos deux showmen préférés :

 


mercredi, 25 février 2009

Séguéla : "La Rolex ? La plus belle connerie de ma carrière". C'était pas un signe de réussite donc...

"Si à 50 ans, on n'a pas de Rolex, on a raté sa vie". Un slogan signé Jacques Séguéla. Quand je l'ai entendu celle-là, un matin dans ma bagnole, j'ai bien failli avoir un accident. (Depuis, j'ai gardé toute l'histoire dans ma tête, sans avoir le temps d'en parler ici...ndlr)

Autant dire, franchement, à l'aune de ce principe de vie, qu'à peu près les 99,9% de l'humanité ont raté leur vie. Et que Nicolas Sarkozy a réussi la sienne.

Rater ou réussir sa vie, c'est typiquement le genre de choses que l'on ne sait que très tard, peut-être avant de mourir -si l'on meurt à un âge avancé et qu'on a le temps de se retourner sur son passé, bien sûr. Mais n'allons pas faire une analyse philosophique d'une phrase aussi scandaleusement idiote.

 

Comme une trotteuse de Rolex, elle a cependant bien trottiné autour du Web cette petite phrase. Au point de causer un vrai scandale, justifié il faut bien l'avouer. Bizarrement, au point que le courageux Séguéla, girouette devant l'Eternel, a bien été obligé de faire amende honorable. Invité du Grand Journal vendredi 20 février sur Canal +, le publicitaire et ami du Président Sarkozy est revenu sur sa bourde à propos de la Rolex: “J’ai dit une immense connerie (...) Ce n’est pas la première ni la dernière, mais c’est la plus belle de ma carrière”, a-t-il avoué. “C’est l’arroseur arrosé: on attend de moi que je sache communiquer”. Ben bravo, c'était réussi !

Pour marquer le coup, il s'est même infligé une gifle...Pur cinoche : Sarko a déjà du s'en charger.

 

Vendre l'Humanité dimanche devient un délit ?

lounis_ibadioune.jpgIl s'appelle Lounis Ibadioune, il a 50 ans, il milite au Parti Communiste Français depuis 1981, et entre autres actions bénévoles, vend l'Humanité Dimanche sur le marché de son quartier. Beaucoup de militants font ça depuis que le journal existe, et cela n'a semble t-il, jamais posé de problèmes à personne.

Enfin, pratiquement personne. Le 4 février 2007, alors qu'il vend tranquillement son journal dans le quartier de la Goutte d'Or, dans le 18ème arrondissement de Paris, deux policiers l'interpellent. Et le verbalisent pour «offre ou exposition en vue de la vente de marchandises dans un lieu public sans autorisation». Lui collent une amende de 172 euros, que Lounis refusera de payer :"c'est une façon de criminaliser l'action militante,  l'engagement politique". Pour cela, il est passé au tribunal le 18 février dernier.

Depuis un an, ce petit fait divers, qui révèle un vrai malaise, fait grand bruit. Libération, qui lui a consacré son traditionnel portrait de dernière page, avait lancé une pétition en sa faveur. Ne parlons pas de l'Humanité, principal concerné. Des pétitions affluent de la France entière. Début février, le Conseil de Paris, «demandant au maire d’intervenir auprès du préfet de police afin de mettre un terme à ces interpellations», a voté à l’unanimité, élus UMP compris, un texte rappelant que «la vente de l’Humanité sur les marchés est une pratique tolérée depuis de très nombreuses années [qui] participe de la libre expression et de la vitalité démocratique».

Lui qui se définit comme «un titi parisien, laïc, républicain et progressiste», s’est longtemps totalement désintéressé de ses origines bien que portant un nom et un prénom arabes. Lounis dit n'avoir pas souffert du racisme dans sa vie. Qu'est-ce qui a pu motiver ces policiers à une verbalisation aussi injuste ? Un excès de zèle, selon le préfet de police de Paris...Un peu léger tout de même.

Mercredi 18 février donc, Lounis Ibadioune comparaissait au tribunal pour avoir refusé de payer ce PV abusif, devant une salle comble venue le soutenir. Son avocate, Nadège Magnon, a commencé par rappeler qu’«un journal n’est pas une marchandise mais une œuvre de l’esprit protégée par la Constitution […] et plus particulièrement par l’article 11 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789». Elle a pris soin d’en donner la lecture : «la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi».

Petit rappel historique au passage : "Même Jacques Chirac a reconnu avoir vendu L'Humanité Dimanche dans sa jeunesse". L'avocate a également souligné que sur la vente des journaux, la loi du 2 avril 1947 stipule que «toute entreprise de presse est libre d’assurer elle même la distribution de ses propres journaux et publications périodiques par les moyens qu’elle jugera les plus convenables à cet effet». Autrement dit, une vente à la criée sur un marché est tout à fait légale, et de plus, Lounis contribue, par son action militante, à 20 à 25% des ventes du journal, selon l'Humanité.

Trop d'arguments de bon sens face à un PV abusif ont mené le tribunal à prononcer la relaxe. Lounis Ibadouine n'a pas souhaité ajouter quelque chose : "mon avocate a déjà tout dit".

En plus :

Un petit lien vers le site de l'Huma et le comité de soutien à Lounis Ibadioune pendant un an, avec des messages de quelques personnalités.



mardi, 24 février 2009

"And the winner is...Mickey Rourke !" Ah ben, merde, non...

29-Independent_Spirit_Awards_Show.sff.standalone.prod_affiliate.101.jpgHier matin, après que le monde ait pris connaissance du palmarès 2009 des Oscars, j'ai fait le tour des médias américains. Beaucoup avaient publié des "bilans" ou "avis" sur ce palmarès qui n'a surpris personne mais qui en a déçu plus d'un. Kate Winslet a été sacrée meilleure actrice aux dépends, entre autres, de la "reine" Meryl Streep, qui accumulait les nominations (15) et qui n'est pas en manque de statuettes sur sa cheminée (elle a déjà eu deux Oscars, pour "Le Choix de Sophie" et "Kramer contre Kramer"). Cela n'a pas ému outre mesure.

Par contre, en ce qui concerne la récompense pour le meilleur acteur, c'est une autre histoire. Un journaliste du San Francisco Gate avait préparé un article au cas où les gagnants auraient été Meryl Streep et Mickey Rourke. Pour ce dernier, voici ce qu'il écrit :

"In the end, Rourke took home the prize, in a turn of events that some had predicted but that was historically surprising. To many, Rourke in "The Wrestler" played a version of himself, and traditionally the Academy has only very rarely favored that kind of performance over a chameleonic turn, such as the one Penn delivered in "Milk." Perhaps the sheer beauty of what Rourke had achieved inspired Academy voters to break with past tendencies."

Traduction : "Finalement, c'est Rourke qui a emporté la statuette à la maison, certains l'ayant prédit, d'autres estimant cela surprenant. Pour beaucoup, Rourke joue, dans "The Wrestler", une vision de lui-même, ce qui traditionnellement pour l'Académie des Oscars, ne justifie pas une récompense et ne peut éclipser le genre de performance type "caméléon", comme celle livrée par Sean Penn dans "Milk". Peut-être que la pure beauté de la performance de Rourke a finalement convaincu les votants de l'Académie de rompre avec les traditions du passé."

Ben effectivement, ça aurait été sympa, de rompre avec les traditions du passé. Mais la vie c'est pas du cinéma, et c'est Sean Penn qui est reparti avec l'Oscar.

Sean Penn est, reconnaissons-le, un "bad boy" avec quelques délires passés dans la besace (son mariage avec Madonna lui a donné quelques occasions violentes de les montrer), mais un super acteur, dont on ne va pas dresser ici la liste des films brillants. Depuis quelques années, surtout depuis qu'il est passé derrière la caméra et qu'il a fait un petit passage à Cannes comme président du jury, il semble auréolé d'une espèce d'intellectualisme qui plaît tellement à Hollywood et aux Américains, parce qu'il fleure bon la culture européenne. Avec son rôle de Harvey Milk, ce militant des droits des homosexuels assassiné il y a 30 ans, certes il tombe au bon moment -en Californie, le mariage gay a été interdit après avoir été légal pendant 7 mois, de mai à novembre 2008-, et il joue un rôle à contre-emploi. C'est amplement suffisant pour qu'il ait l'Oscar.

oscars.jpgLe pauvre Mickey Rourke, avec sa performance qui pourtant déchire le coeur et est franchement émouvante, compte tenu de son parcours personnel, n'avait quelque part, aucune chance. D'accord, depuis qu'il fait son grand retour avec "The Wrestler", on ne cesse de l'encenser, tel un phénix qui essaie de rattrapper toutes les années qu'il a perdu. D'accord, il a déjà eu le Golden Globe, le Bafta et le Spirit Award du meilleur acteur, ç'est déjà bien.

Mais comment ne pas penser qu'à Hollywood, on s'est simplement dit "Dis donc, il a déjà eu deux récompenses le freak, ça va bien, faut pas déconner non plus, on va pas lui filer un Oscar pour avoir jouer pratiquement sa vie à l'écran". Certains comme John Wilson, l'organisateur des Razzie Awards -parodie des Oscars qui récompense les pires films de l'année, bonjour le titre de gloire-,  vont même jusqu'à dire que Mickey Rourke est typiquement le genre de mec capable de revenir du fond de l'enfer pour y retourner aussi sec.

Le jour où l'Académie des Oscars sortira un peu des sentiers battus, je suis prête à parier que le révérend Huckabee aura des amis homos.

Ci-dessus : les déçus des Oscars, Mickey Rourke avec les Jolie-Pitt



mardi, 17 février 2009

Sarkozy se fait remonter les bretelles par la Princesse de Clèves

7209329.jpgHourra ! Encore une preuve que la culture ne s'est pas avouée totalement vaincue par la connerie et le populisme !

Souvenez-vous : d'abord comme ministre de l'Intérieur, puis comme président, notre omnipotent Nicolas avait plus d'une fois fustigé ce roman  classique des écoles qu'est "La Princesse de Clèves", le premier roman d'analyse et un monument de la littérature du 17ème siècle. Presque réclamé que l'on ne l'enseigne plus à l'école (à ma connaissance, c'est le genre de roman que l'on n'aborde qu'à partir du lycée, au minimum, et je sais de quoi je parle), tellement il lui semble chiant.

Riposte hier après-midi devant le Panthéon de cette même Princesse de Clèves. En effet, profs, étudiants et acteurs de cinéma s'étaient réunis pour une lecture publique de cette oeuvre, tellement décriée publiquement justement, par notre cher président.

Devant les caméras et l'assistance nombreuse, l'ancien administrateur de la Comédie française Marcel Bozonnet a débuté cette «lecture-marathon».

«Tout le monde a le droit de lire La Princesse de Clèves. Parce que ça sert à nommer des sentiments, des sensations qu'on ne sait pas nommer», a-t-il ensuite justifié.

"Moi je n'ai pas mon bac, alors c'est avec beaucoup d'honneur que je me mets à lire devant vous, professeurs et étudiants, qui parfois aident à mettre un sens dans nos vies", a déclaré Louis Garrel, compagnon de l'actrice Valéria Bruni-Tedeschi -belle-soeur de Nicolas Sarkozy-, et acteur principal du film "La Belle personne", adaptation cinématographique du roman.

"Organiser cette lecture est une réaction aux propos de Nicolas Sarkozy" a expliqué Sophie Rabau, l'organisatrice de cette lecture et maître de conférence à l'université Paris III. Elle portait à la boutonnière une fleur jaune, couleur de la Princesse de Clèves. «C'est vrai que c'est un texte complexe mais cette complexité nous intéresse. Le rôle de l'université, c'est d'ouvrir à la culture. Nous sommes des gens qui voulons partager notre savoir.»

On ne sait pas encore quelle fut la réaction de l'intéressé...Qui à la mort de Jean Delannoy, saluait le réalisateur de "l'Eternel Retour" et... de "la Princesse de Clèves" -première adaptation cinématographique du roman, assez fidèle, avec Jean Marais et Marina Vlady dans le rôle titre. Ca faisait assez rire. Mais revenons sur les raisons de cette haine implacable que voue Sarkozy à la belle princesse...

"La princesse de Clèves, c'est qui?"

Une "très belle personne", jeune de surcroit, qui vit à la Cour de Henri II (nous sommes au 16ème siècle). La belle vient de se marier à un cleves.jpghomme plus âgé qu'elle (elle doit avoir 17 ans, quand lui en a 25...Aujourd'hui, cela ne nous paraît pas énorme comme différence d'âge, ca l'était à l'époque). Lors du bal de ses noces, notre princesse rencontre le très beau duc de Nemours...Tous deux tombent éperdument amoureux l'un de l'autre, mais la vertueuse mariée entend rester fidèle à son époux, quel que soit le prix à payer...Même de contrarier ses propres sentiments et faire souffrir celui qu'elle aime vraiment.

Roman historique et premier roman d'analyse, attribué à Mme de Lafayette mais publié au 17ème siècle de façon anonyme, on y suit en effet pas à pas les introspections d'une Princesse de Clèves coincée entre son devoir et un amour dévorant, effrayée par ces sentiments inconnus et en même temps séduite, mais qui ira jusqu'à avouer sa passion à son mari pour qu'il l'en défende. Oui évidemment, dans un siècle où l'on ne s'attache plus à rien, où le mot "fidélité" fait rire et où "amour" veut sans doute dire "sexe" pour beaucoup d'adolescents, ce genre d'histoire paraît ringard, dépassé, "suranné" pour être précieux.

Ou chiant, comme cela a dû l'être pour Nicolas Sarkozy. Voici, dans le texte, ce qu'il pense de l'oeuvre de Mme de Lafayette.

Des propos pas très précieux

Première attaque le 23 février 2006 : «L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle!» Le tout reçu par un parterre d'élus UMP rigolards. Evidemment. (J'avoue que pour moi, la première aura été la meilleure !)

La deuxième fois, ce fut le 4 avril 2008 à Bercy. Le Président y lisait une longue déclaration sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l’Etat devant des ministres, des parlementaires et des fonctionnaires des Finances. «C’est tout ce que nous engageons (…) sur la mobilité, sur la reconnaissance du mérite, sur la valorisation de l’expérience, sur la possibilité pour quelqu’un d’assumer sa promotion professionnelle sans passer un concours ou faire réciter par coeur la Princesse de Clèves! Ca compte aussi dans la qualité de vie d’un fonctionnaire…»

 

princesse-de-cleves-1960-05-g.jpg

 

Sur cette nouvelle occurence, note d'un élu UMP qui justement, a du se sentir choqué : André Santini, dans un article du Figaro, expliquait que la secrétaire de Nicolas Sarkozy, fonctionnaire de catégorie C, aurait échoué à un concours interne parce qu'elle ne savait pas qui avait écrit La Princesse de Clèves, «un sujet qui divise jusqu'aux spécialistes», selon Santini. Même si tout le monde s'accorde à penser que c'est bien Mme de Lafayette qui a écrit ce roman, tout ça pour dire qu'entre nommer un auteur et réciter son oeuvre par coeur, il y a un monde !

Troisième et dernière occurence : en juillet 2008, lors d'une rencontre organisée par la Ligue de l'enseignement, le récemment autoproclamé président du Conseil pour la création artistique estime qu'une personne de terrain vaut mieux qu'un crétin d'intellectuel qui connaît la Princesse de Clèves. Enfin, en substance. «Avoir fait du bénévolat, devrait être une expérience reconnue par les concours administratifs, car après tout, ça vaut autant que de savoir par cœur La Princesse de Clèves». Après un silence, il ajoute: «Enfin… j'ai rien contre, mais enfin, mais enfin… parce que j'avais beaucoup souffert sur elle.»

Ah ! Ca y est ! On la tient la raison !

Mais pourquoi est-il si méchant ?

Parce que le petit Nicolas, collégien ou lycéen, ou universitaire, que sais-je, a été traumatisé par une fiche de lecture à faire sur..."La Princesse de Clèves". Tout simplement !

En clair : parce que Monsieur a buté sur le roman, qu'il en a gardé un mauvais souvenir, cela lui donne une bonne raison pour en faire un autodafé verbal à chaque sortie publique...Prions pour que Nicolas Sarkozy n'ait pas trop de mauvais souvenirs du même genre, qui sait ce que la culture devrait encore entendre !

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy, qui a épousé une intellectuelle et veut se racheter une image moins "bling-bling", dit qu'il adore "Belle du Seigneur" ou "Voyage au bout de la Nuit", deux exemples de roman "de la mordernité". Car aimer "La princesse de Clèves", il faut croire que ça ne faisait pas assez "rupture" -bien que ça aurait été un choix moins convenu que les deux romans précédemment cités.

Maintenant, on attend la riposte de l'Elysée...Peut-être que la hache de guerre sera enterrée, peut-être même que Nico relira "la Princesse de Clèves"....peut-être que rien du tout, c'est aussi possible ! Et même plus vraisemblable...

dimanche, 15 février 2009

Jimmie Durham au Musée d'art moderne

venice6-15-42.jpg

Jimmie Durham est bien ce qu'on peut appeler un artiste contemporain. Ce touche-à-tout se réfère dans ses oeuvres à toute histoire de l'art, dont le détournement est à prendre au second degré, mais il se sent aussi concerné par les problèmes du monde actuel. Cherokee né dans l'Arkansas, il lutte activement au sein de l'American Indian Movement, et est une figure majeure de la scène artistique internationale.

Utilisant de nombreux supports de création (vidéo, photo, installation, peinture), il met en relation de façon inattendue les sculptures de l'Antiquité et le design du 20ème siècle (The Ghost in the machine, 2005), montre un rapport très particulier avec les générations précédentes (Prehistoric stone tool, 2004; He said I was always juxtaposing, but I thought he said just opposing. So to prove him wrong I agreed with him. Over the next few years we drifted apart, 2005). Ou bien propose une vision pop-art de l'actualité (les bidons de Sweet Light crude, 2008)

Durham aime la diversité et surprendre le spectateur. Deux faits essentiels qui se retrouvent dans ses autoportraits, où il donne une image toujours différente de lui-même, sans que l'on puisse dire que c'est réellement lui (Self-portrait with black eye and bruises, 2006; Self-portrait pretending to be Euroman, 2008)

Duhram pour finir, c'est aussi cet avion biplace écrasé par une énorme pierre à l'entrée de l'exposition. Humour, message écolo ou revendication ?

 

Exposition Jimmie Duhram "Pierres rejetées" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris. Jusqu'au 19 avril.

J. S.



 
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