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mercredi, 01 avril 2009

Soyez pas vache : investissez dans le zébu !

Vous avez un petit peu d'argent et vous voulez faire une bonne action ? Investissez dans le cochon ! Le site Zébunet est la vitrine d'une belle initiative de micro-crédit, qui permet de souscrire en ligne un Plan Epargne Animal, en achetant une bête, vache, cochon, zébu, chèvre...qui sera confiée à un fermier pauvre d'Asie ou d'Afrique pour son élevage. Ce type de micro-crédit leur permet ainsi de subvenir à leurs besoins. A la fin du prêt, l'argent peut être remboursé dans la monnaie locale, ou réinvesti dans un autre animal. C'est une sorte "d'entreprise d'échange équitable", de prêts de particulier à particulier, qui compte déjà 2255 adhérents.

Il y a le choix : PEZ, Plan Epargne Zébu, PEC, Plan Epargne Cochon (stoppé à Madagascar à cause des risques de peste porcine), ou encore le PEBROC, Plan Epargne Brebis ou Chèvre ! L'association agit dans plusieurs pays, notamment en Mauritanie, Madagascar et Asie du Sud-Est.

Zébunet collabore avec des relais locaux (associations, ONG...), avec lesquels des accords sont signés. Le relais local établit un "business-plan" avec le fermier, et assure une assistance-conseil, concernant notamment les soins vétérinaires et la gestion agro-alimentaire. Il identifie et marque les animaux, tient leur carnet de santé, et veille aux conditions d'élevage.

Quel animal pour quel service ? L'association choisit plutôt d'acheter des femelles, pour la production de lait et la reproduction, mais cela varie : "Au Niger, ce sont les chèvres qui, grâce à la constitution d'un cheptel, font passer la saison sèche aux familles", explique la fondatrice de Zébunet, Hanh Hâ. "En Mauritanie, le lait des chèvres laitières apporte un revenu au foyer. Au Vietnam, les truies donnent des petits, les mâles sont engraissés et revendus au bout de trois mois. A Madagascar, on apprécie ce qu'on appelle les "belles zébutes", des vaches qui fournissent des petits, du lait, et également de la bouse qui servira à faire du fumier."

La philosophie de Zébunet, c'est l'aspect concret de l'action. Loin de l'assistanat, l'association cherche à créer des dynamiques de développement, à aider les fermiers à "décoller", à faire démarrer un élevage, pour devenir finalement autonomes. Pour les investisseurs, un suivi sur place, clair et régulier, leur permet de savoir en toute transparence, quel est le devenir de "leur" animal.
"La majorité des investisseurs ne demandent même pas à ce que le remboursement leur revienne", explique Hanh Hâ. "Ils préfèrent réinvestir l'argent dans un autre animal, ou alors, s'ils le récupèrent, ils le donnent à d'autres ONG, pour construire une école, un hôpital. L'argent retourne rarement dans leurs poches!"

Prenez du PEZ (plan épargne zébu)

C'est en 2001 que l'"animatrice" de l'association -elle n'aime pas le titre trop pompeux de présidente-, Hanh Hâ, a créé Zébunet. Biologiste, originaire d'un village du delta du Mékong au Vietnam, Hanh Hâ revenait souvent dans son pays d'origine, le Vietnam, pour constater les difficultés de ses amis, voisins, à démarrer dans l'agriculture, à obtenir des fonds. "J'ai d'abord donné personnellement, se souvient Hanh Hâ, et finalement, j'ai créé Zébunet en m'inspirant du projet qu'un ami avait monté à Madagascar, et qui avait la même philosophie menant les fermiers à l'auto-suffisance."
Le plus difficile ne fut pas tellement de séduire les fermiers, mais bien les partenaires locaux : "Face à des ONG qui donnent des enveloppes de 30 000 euros pour des hôpitaux, et des petits budgets de 3000 euros, comme les nôtres, pour des animaux, les locaux faisaient vite la différence ! Pour un partenaire obtenu, nous en démarchions souvent cinq...Mais finalement, nous trouvions toujours quelqu'un prêt à nous aider", confie Hanh Hâ.

Les fermiers s'associent parfois entre eux, dans un même village ou une même communauté, autour du projet. Cela permet de regrouper les frais vétérinaires, et surtout de dissuader toute tentative malhonnête : "Nous n'en avons eu que très peu à déplorer, mais cela est arrivé. Justement, le fait d'être en groupe empêchent les éventuelles "arnaques". C'est une vraie honte aux yeux des autres."

Depuis sa création, Zébunet a soutenu 1500 paysans en investissant dans près de 3000 animaux. Ce sont souvent les femmes qui s'intéressent à ce type de projet, pour faire vivre la famille : "J'ai été récemment au Niger, et les hommes s'intéressent plutôt aux animaux nobles, comme les chameaux ou les zébus. Les femmes, elles, peuvent plus facilement s'occuper de petits animaux, comme les chèvres ou les brebis. Elles viennent souvent nous voir en insistant bien sur le fait qu'elles rembourseront quoi qu'il arrive. Venant de gens qui souvent n'ont rien, c'est très émouvant", raconte la fondatrice de l'association.

Au-delà de la subsistance, posséder ces animaux est d'autant plus important que c'est souvent une preuve d'élévation sociale : "A Madagascar, si vous n'avez pas de zébus, vous n'avez pas de statut social. Ce qui peut se répercuter à tous les stades de la vie, par exemple si vous portez plainte, si vous participez à une discussion communautaire", explique Hanh Hâ.
A l'opposé, le coût de ces animaux est, pour un Occidental, relativement minime : pour 60 euros, vous achetez une chèvre ou une brebis. Les zébus, très recherchés pour le transport et la reproduction, coûtent un peu plus cher -160 à 200 euros-. En moyenne, le coût va de 100 à 300 euros pour l'association, qui fournit en général quatre animaux aux fermiers.

L'investissement semble valoir le coup : au Vietnam, un couple qui avait "emprunté" trois cochons, a pu acheter un vélo pour que son enfant ne mette plus deux heures pour se rendre à l'école à pied. L'association, qui tient ses adhérents informés des projets, rapporte que 95% des fermiers sont toujours en activité à l'issue du remboursement du prêt, ce qui est davantage le critère de réussite de l'opération que le remboursement lui-même. "L'échec est plus souvent humain que financier", explique Hanh Hâ. "Si un fermier a du mal à rembourser, nous essayons de trouver des solutions avec lui, adopter plusieurs mensualités, ou tout payer quand l'animal a rapporté suffisamment d'argent. C'est quand le fermier ne poursuit pas son élevage malgré les efforts que nous estimons avoir échoué."

L'association mène ses campagnes avec beaucoup d'humour, qui fonde véritablement sa philosophie et séduit les investisseurs : "Nous sommes contre le misérabilisme et l'assistanat. Nous ne faisons pas de charité, les paysans font vraiment du business pour vivre, remboursent, investissent, gèrent leur élevage. Et nos adhérents apprécient cet aspect pratique." Ces derniers ont eux aussi beaucoup d'humour, puisqu'ils ne manquent pas de nommer eux-mêmes leurs animaux : "Nous avons une truie au Vietnam qui s'appelle Roselyne Bachelot, deux chèvres au Niger qui s'appellent Carla et Bruni, ou Ségolène et Royal !", assure Hanh Hâ. "C'est une façon de personnaliser l'investissement, et très souvent, nos adhérents rendent visite aux fermiers et constatent que les animaux vont bien. Zébunet, c'est un projet sérieux fait par des gens qui ne se prennent pas au sérieux."

Pour plus d'informations sur Zébunet, ou pour acheter une chèvre (pourquoi pas ?) :

Le site officiel de Zébunet

Le blog des projets



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