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lundi, 10 août 2009

"Live fast, die young": John Hughes, le réalisateur de "Breakfast Club", est mort à 59 ans

break.jpgLe réalisateur John Hughes est mort jeudi d'une crise cardiaque à New York. Il avait 59 ans. Trop jeune, selon l'avis général. La vie est ironique. Bien qu'il ait longuement parlé d'eux dans ses films, on parle ici d'un homme qui appartient à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et dont les 3/4 des gens ne se souviennent plus.

John Hughes, c'était dans les années 80, le précurseur du "teen-movie" à l'américaine, avant que celui-ci ne tombe dans la vulgarité type fourrage masturbatoire de tarte aux pommes dans la cuisine. "Pretty in Pink", "Weird Science" (un aperçu avant l'heure des geeks), le hit "The Breakfast Club" et même le scénario de "Maman j'ai raté l'avion", c'était lui.

Son film le plus emblématique, "The Breakfast Club", sorti en 1985, symbolise à lui seul toute une génération. Cinq ados, aux personnalités bien définies et emblématiques de la jeunesse (ici, des années 80, mais de la jeunesse tout court), à savoir "the brainthe prom queenthe criminalthe basket case et the athlete", se retrouvent au lycée un samedi matin, tous collés. Ils vont apprendre à dépasser les clichés imposés par leur micro-société (la classe) et à se connaître. A la fin du film, une question au spectateur : "Qui pensez-vous être" ? Coup de génie, pourtant pas bien sorcier. Des millions d'adolescents se reconnaissent dans cet esprit naïf et lucide, bon enfant et furieusement optimiste sur l'avenir. Toute une époque, quelque peu révolue.

Aujourd'hui encore, les hommages cinématographiques (voir la scène de Dogma où Jay et Silent Bob parlent de John Hughes. OK je sais, ce n'est pas du grand cinéma à la Antonioni, mais c'est bien marrant quand même) pleuvent, et toute une génération de metteurs en scène a été inspirée par le réalisateur.

En 1991, après "Maman j'ai raté l'avion", John Hughes arrête la mise en scène et se consacre à l'écriture. Pas toujours pour le mieux : en 2001, le pauvre s'attèlera à l'adaptation des Visiteurs en Amérique, un magnifique désastre, et à quelques films disneyiens (Beethoven, Denis la Malice, on aime quand on a 10 ans). Pas forcément toujours fier de ses contributions, Hughes signait parfois sous le pseudonyme d’Edmond Dantès.

Reclu à Chicago depuis des années, dégoûté par le système de broyage hollywoodien dans lequel il ne se reconnaît pas, pour lequel il est sans doute passé de mode, pour ses fans il reste terriblement populaire, son aura de maître de la comédie teenage intact, et on ne parle pas là d'une simple bande de geeks cinéphiles. Un montage entre un extrait de "Breakfast Club" et une chanson du groupe Phoenix (Lisztomania), fait fureur sur le Web : 300 000 vues.

La curiosité la plus étonnante, l'hommage le plus vibrant, reste celui d'une fan, Alison Byrne Fields, qui a entretenu une correspondance épistolaire avec John Hughes pendant plus de 20 ans, depuis 1985 et la sortie de "Breakfast Club". Abérrant à une époque où les réalisateurs sont inaccessibles ou ne correspondent, comme les présidents, que via Twitter ou Facebook. Jusqu'au jour où elle a une conversation téléphonique de plus d'une heure avec son "pen pal" (son "ami de plume"). Elle raconte toute l'histoire sur son blog, et ca laisse rêveur, quant à la simplicité des rapports qui peuvent encore se créer entre une simple fan et un réalisateur, aussi reclus et oublié soit-il.

=>> le lien direct du blog d'Alison Byrne Fields, "We'll know when we get there", littéralement "on saurait quand on y sera". A la fois émouvant et jubilatoire.

 

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Sincerely, John Hughes


mercredi, 17 juin 2009

La critique ciné : Good morning England

PosterGoodMorning.jpgUn des grands succès publics du moment, pas forcément aimé par les puristes du rock, "Good morning England" reste une comédie à voir et qui a cet avantage d'être moins fleur bleue que tout ce que Richard Curtis a fait avant.

Dans les années 60, Carl est envoyé par sa mère en mer du Nord après s'être fait virer de son lycée. Sauf que le bateau sur lequel il atterrit est celui d'une radio pirate diffusant du rock écouté par la moitié de l'Angleterre. Les pirates sont huit DJ ravis que le gouvernement n'arrive pas à leur mettre la main dessus, et qui profitent largement de la vie, des filles et des copains, le tout dans une très bonne ambiance ... en attendant que le gouvernement en question, beaucoup moins malin qu'eux, utilise les gros moyens. Ce qu'il finit par faire d'ailleurs, et ça se passe très mal, avant le happy end (j'ai dit qu'on était chez Richard Curtis !).

Si le scénario n'est pas très élaboré, pour ne pas dire totalement inexistant, et la fin aurait mieux fait de ne pas exister elle non plus, "Good morning England" a en revanche d'excellents acteurs (Hoffman, Ifans, Brannagh, et

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on ne verra pas Hugh Grant, c'est pas plus mal), un univers très sympa et une bande-son qui le fait (il ne manque que les immanquables Beatles/Stones, question de droits d'auteur vraisemblablement ; mais caser Leonard Cohen, il fallait le faire !).

Au-delà de la fiction, le film se réfère à l'histoire de Radio Caroline. Et surtout (comme je l'ai lu et retenu quelque part), à l'heure où la musique est normalisée, où tout le monde écoute les mêmes titres sans même savoir qui est l'auteur, où on nous balance des émissions "culturelles" qui s'appellent La Nouvelle Star (et j'en passe), où tout le monde oublie la valeur artistique de la musique en téléchargeant non-stop, ici on se retrouve avec des personnages ayant chacun leur univers bien à eux et ayant juste l'envie de faire partager leur passion ... On ne va pas s'en plaindre, si ?

 

 

J. S.

vendredi, 05 juin 2009

La planète des hommes

fbcdb32a-519a-11de-9cd2-91f19c188fe0.jpgAujourd'hui 5 juin, journée mondiale de l'écologie (j'ai horreur du principe des "journées de", mais c'est juste pour situer le contexte), le film de Yann Arthus-Bertrand, "Home" sort sur les grands et petits écrans (sur France 2), et notamment sur le Web, en accès gratuit, mais également sur des écrans géants (au Champ de Mars à Paris, à Londres et à New York), et en DVD.

Vous pouvez le suivre ici (eh oui les intégrations ont été supprimées "sur demande")...Je croyais que le film devait avoir la plus large diffusion possible notamment gratuite ?

Produit par Luc Besson (producteur de la trilogie des Taxi) et EuropaCorp, Home a été financé par François-Henri Pinault, le patron du groupe de luxe mondial PPR qui a déboursé 12 millions d'euros. Il a nécessité plus de deux ans et demi de tournage en hélicoptère dans plus de 50 pays et donné lieu à 500 heures de rush, ramenées à 2 heures pour le cinéma et 90 minutes pour la télévision.

Loin d'être un film sur la pollution, "Home" est selon l'avis de son auteur, un film sur la Terre, sur les humains et leur consommation qui la menace. "La beauté crée de l'émotion et fait réfléchir, explique Yann Arthus-Bertrand. Le message porté par ce film est extrêmement important, car il met en évidence la question de la survie. Sans nous en rendre compte, molécule après molécule, nous avons bouleversé l'équilibre climatique de la terre. Il ne reste plus que dix ans à l'humanité pour inverser la tendance."

Des parrains célèbres, dont Al Gore, Prix Nobel de la paix et auteur d'Une vérité qui dérange, ont apporté leur caution scienti fique au film. Mais Yann Arthus-Bertrand s'est heurté à l'hostilité de certains pays, dérangés par sa caméra inquisitrice. La Syrie et Dubaï n'ont pas souhaité lui ouvrir leurs frontières. L'Inde a conservé la moitié de sa pellicule et la Chine a levé sa censure in extremis. L'Argentine l'a retenu une semaine sous un prétexte fallacieux. Preuve que le photographe écolo met souvent le doigt là où ça fait mal.

On déplore cependant que les solutions proposées ne prennent que cinq minutes du film.

N'oubliez pas de le voir ce soir sur France 2 à 20h50, ça vaut le détour quand même, et puis ça change des Experts ou de P.J (ah non merde ça s'est fini la semaine dernière ;) )

 

vendredi, 24 avril 2009

Wolverine loupe la sortie "bad guy"

19065428_w434_h_q80.jpgAvec "Wolverine", on pouvait s’attendre à un film quelque peu profond. S’il y a un personnage intéressant dans « X-Men », c’est bien notre poilu préféré. Les fans du comics seront peut-être un peu déçus, mais les groupies peuvent se rassurer : Hugh Jackman n'a jamais été aussi musclé et moulé dans ses marcels blancs.

Au début du film, on se dit que c’est plutôt bien parti. Loin des scénarios manichéens opposant les mutants aux humains, nous avons affaire là à un duel à mort entre deux frères, sur fond d’expérimentations et de manipulations. L’essentiel est atteint, nous en apprenons plus sur Wolverine, d’où lui vient son cynisme, son mal être et bien sûr ses fameuses griffes.

Las, l’état de grâce ne dure pas longtemps.

Seul problème : je ne suis pas une grande experte du comics, mais il me semble qu’avant de rejoindre les X-Men (période qui est le sujet du film), notre Wolvie n’était pas très fréquentable…Plutôt du genre bad boy violent et ambivalent que héros sympatoche qui libère ses frères mutants…

Les quelques bonnes idées ou interventions sont salopées par des lourdeurs ridicules comme le combat final, et quand on connaît le comics, on se dit que le Gambit du film n’a pas vraiment la classe avec ses cartes Magic…19071447.jpg

OK, c’est un film fait pour les fans ? Et les autres alors ? Marre du sectarisme !

Fin un peu conventionnelle, mais jolie transition en toute fin de générique…Je vous laisse découvrir, les amateurs du comics apprécieront, et les autres se délecteront de la philosophie.

Cependant, arrivés à la fin, on se dit finalement que la trame du film est inversement proportionnelle au squelette d’adamantium du héros : beaucoup trop légère pour tenir la route.

jeudi, 23 avril 2009

X-Men : Nuit Magique le 28 avril au Grand Rex

901625575.jpgLa veille de la sortie officielle de "X-Men Origins : Wolverine", (le 29 avril donc), vous aviez déjà prévu, en bon fan ultime, de vous refaire une totale X-Men, rétrospective des trois premiers opus, bien installé dans votre fauteuil à bascule, entouré de vos meilleurs potes et paquets de chips. Laissez tomber, ça, c'est...cheap.

Le Grand Rex a pensé à vous, et sur le modèle des "Nuits Star Wars", il vous propose, le mardi 28 avril, une rediffusion sur grand écran, en français (too bad), des trois premiers X-Men, suivis à minuit de l'avant-première du spin-off sur notre poilu préféré. 

 

Les horaires :

X-Men 17h30

X-Men 2 19h00

X-Men 3 22h

Wolverine Minuit (l'heure des loups-garous quoi).

Moyennant finances bien sûr tout ça...

Avec un tarif dégressif : vous n'aimez que Wolverine (enfin, Hugh), ça ne vous coûtera que 10 euros.

Vous êtes un peu flemmard, l'épisode 3 et Wolverine vous suffisent, 13 euros les amis.

Plus gourmands : épisode 2 et 3 + Wolverine : 16 euros.

Enfin, le top of the pops, pour les fans ultimes, l'intégrale + Wolverine : 19 euros.

Annoncé "pour tous les fans" : la plaque militaire de Wolverine offerte. Alors, je ne sais pas si les fans de 23h seront mangés à la même sauce que ceux de 17h30...

Et enfin, pour ceux qui ne pourront pas se rendre à ce grand événement...

Un petit détour par le photocall de Hugh Jackman ? C'est par ici.

Et très vite, promis, la critique du film ! 

jeudi, 12 mars 2009

De l'Eden à l'enfer, de l'enfer à Paris

eden30-thumb-300x206.jpgPassé maître dans le genre du film politique dans les années 70/80 (1969 : Z, 1970 : L'aveu, 1973 :  Etat de siège, 1982 : Missing, 1983 : Hanna K), Costa-Gavras a fait d'autres films depuis, dont on retiendra surtout Mad City (1997) et Amen (2002). Mais le réalisateur grec venu à Paris à 18 ans n'a pas pour autant perdu la main, loin de là. Âgé de 76 ans, il signe avec Eden à l'ouest son film le plus personnel : " Je me reconnais dans Elias, cet étranger qui ne m'est pas étranger ...". Le récit commence d'ailleurs véritablement en Grèce pour finir à Paris.

En pleine mer Egée, un bateau transportant des clandestins est arrêté par la police. Elias s'échappe et parvient à atteindre la plage de l'Eden, club de vacances pour Européens de l'Ouest. Rêvant de rejoindre Paris, il va parcourir l'Europe, aidé (mais aussi trompé) par sa jeunesse, son physique, sa naïveté et le fait qu'il voyage seul.

Plus qu'un film sur l'immigration, il s'agit d'une odyssée moderne, avec un personnage incarnant les rapports de notre société face à ses étrangers : le rejet, la peur, mais aussi la solidarité. On apprend beaucoup sur les conditions de vie, les espoirs déçus et les nombreuses désillusions des êtres humains qui ont eu la "chance" d'aller plus loin que Lampedusa et autres terres d'accueil des immigrés clandestins. Elias est un héros moderne, sans pays mais éternel voyageur, voulant rejoindre la plus belle ville du monde "que chaque errant voit briller au plus profond de ses rêves dans son sommeil incertain", dit Costa-Gavras. Car Elias n'est pas un immigré en particulier, il est l'Immigré avec un grand I, on ne sait pas d'où il vient, on ne sait rien de lui, et il parle peu.

Si ce n'est pour dire "Paris, Paris ..."


Eden à l'Ouest (Eden is West) De Costa-Gavras, avec Riccardo Scamarcio, Eric Caravaca, Ulrich Tukur

Sorti le 11/02/09

Actuellement au Saint-Lambert, Paris 15ème


J. S.



 
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