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mercredi, 01 avril 2009

Soyez pas vache : investissez dans le zébu !

Vous avez un petit peu d'argent et vous voulez faire une bonne action ? Investissez dans le cochon ! Le site Zébunet est la vitrine d'une belle initiative de micro-crédit, qui permet de souscrire en ligne un Plan Epargne Animal, en achetant une bête, vache, cochon, zébu, chèvre...qui sera confiée à un fermier pauvre d'Asie ou d'Afrique pour son élevage. Ce type de micro-crédit leur permet ainsi de subvenir à leurs besoins. A la fin du prêt, l'argent peut être remboursé dans la monnaie locale, ou réinvesti dans un autre animal. C'est une sorte "d'entreprise d'échange équitable", de prêts de particulier à particulier, qui compte déjà 2255 adhérents.

Il y a le choix : PEZ, Plan Epargne Zébu, PEC, Plan Epargne Cochon (stoppé à Madagascar à cause des risques de peste porcine), ou encore le PEBROC, Plan Epargne Brebis ou Chèvre ! L'association agit dans plusieurs pays, notamment en Mauritanie, Madagascar et Asie du Sud-Est.

Zébunet collabore avec des relais locaux (associations, ONG...), avec lesquels des accords sont signés. Le relais local établit un "business-plan" avec le fermier, et assure une assistance-conseil, concernant notamment les soins vétérinaires et la gestion agro-alimentaire. Il identifie et marque les animaux, tient leur carnet de santé, et veille aux conditions d'élevage.

Quel animal pour quel service ? L'association choisit plutôt d'acheter des femelles, pour la production de lait et la reproduction, mais cela varie : "Au Niger, ce sont les chèvres qui, grâce à la constitution d'un cheptel, font passer la saison sèche aux familles", explique la fondatrice de Zébunet, Hanh Hâ. "En Mauritanie, le lait des chèvres laitières apporte un revenu au foyer. Au Vietnam, les truies donnent des petits, les mâles sont engraissés et revendus au bout de trois mois. A Madagascar, on apprécie ce qu'on appelle les "belles zébutes", des vaches qui fournissent des petits, du lait, et également de la bouse qui servira à faire du fumier."

La philosophie de Zébunet, c'est l'aspect concret de l'action. Loin de l'assistanat, l'association cherche à créer des dynamiques de développement, à aider les fermiers à "décoller", à faire démarrer un élevage, pour devenir finalement autonomes. Pour les investisseurs, un suivi sur place, clair et régulier, leur permet de savoir en toute transparence, quel est le devenir de "leur" animal.
"La majorité des investisseurs ne demandent même pas à ce que le remboursement leur revienne", explique Hanh Hâ. "Ils préfèrent réinvestir l'argent dans un autre animal, ou alors, s'ils le récupèrent, ils le donnent à d'autres ONG, pour construire une école, un hôpital. L'argent retourne rarement dans leurs poches!"

Prenez du PEZ (plan épargne zébu)

C'est en 2001 que l'"animatrice" de l'association -elle n'aime pas le titre trop pompeux de présidente-, Hanh Hâ, a créé Zébunet. Biologiste, originaire d'un village du delta du Mékong au Vietnam, Hanh Hâ revenait souvent dans son pays d'origine, le Vietnam, pour constater les difficultés de ses amis, voisins, à démarrer dans l'agriculture, à obtenir des fonds. "J'ai d'abord donné personnellement, se souvient Hanh Hâ, et finalement, j'ai créé Zébunet en m'inspirant du projet qu'un ami avait monté à Madagascar, et qui avait la même philosophie menant les fermiers à l'auto-suffisance."
Le plus difficile ne fut pas tellement de séduire les fermiers, mais bien les partenaires locaux : "Face à des ONG qui donnent des enveloppes de 30 000 euros pour des hôpitaux, et des petits budgets de 3000 euros, comme les nôtres, pour des animaux, les locaux faisaient vite la différence ! Pour un partenaire obtenu, nous en démarchions souvent cinq...Mais finalement, nous trouvions toujours quelqu'un prêt à nous aider", confie Hanh Hâ.

Les fermiers s'associent parfois entre eux, dans un même village ou une même communauté, autour du projet. Cela permet de regrouper les frais vétérinaires, et surtout de dissuader toute tentative malhonnête : "Nous n'en avons eu que très peu à déplorer, mais cela est arrivé. Justement, le fait d'être en groupe empêchent les éventuelles "arnaques". C'est une vraie honte aux yeux des autres."

Depuis sa création, Zébunet a soutenu 1500 paysans en investissant dans près de 3000 animaux. Ce sont souvent les femmes qui s'intéressent à ce type de projet, pour faire vivre la famille : "J'ai été récemment au Niger, et les hommes s'intéressent plutôt aux animaux nobles, comme les chameaux ou les zébus. Les femmes, elles, peuvent plus facilement s'occuper de petits animaux, comme les chèvres ou les brebis. Elles viennent souvent nous voir en insistant bien sur le fait qu'elles rembourseront quoi qu'il arrive. Venant de gens qui souvent n'ont rien, c'est très émouvant", raconte la fondatrice de l'association.

Au-delà de la subsistance, posséder ces animaux est d'autant plus important que c'est souvent une preuve d'élévation sociale : "A Madagascar, si vous n'avez pas de zébus, vous n'avez pas de statut social. Ce qui peut se répercuter à tous les stades de la vie, par exemple si vous portez plainte, si vous participez à une discussion communautaire", explique Hanh Hâ.
A l'opposé, le coût de ces animaux est, pour un Occidental, relativement minime : pour 60 euros, vous achetez une chèvre ou une brebis. Les zébus, très recherchés pour le transport et la reproduction, coûtent un peu plus cher -160 à 200 euros-. En moyenne, le coût va de 100 à 300 euros pour l'association, qui fournit en général quatre animaux aux fermiers.

L'investissement semble valoir le coup : au Vietnam, un couple qui avait "emprunté" trois cochons, a pu acheter un vélo pour que son enfant ne mette plus deux heures pour se rendre à l'école à pied. L'association, qui tient ses adhérents informés des projets, rapporte que 95% des fermiers sont toujours en activité à l'issue du remboursement du prêt, ce qui est davantage le critère de réussite de l'opération que le remboursement lui-même. "L'échec est plus souvent humain que financier", explique Hanh Hâ. "Si un fermier a du mal à rembourser, nous essayons de trouver des solutions avec lui, adopter plusieurs mensualités, ou tout payer quand l'animal a rapporté suffisamment d'argent. C'est quand le fermier ne poursuit pas son élevage malgré les efforts que nous estimons avoir échoué."

L'association mène ses campagnes avec beaucoup d'humour, qui fonde véritablement sa philosophie et séduit les investisseurs : "Nous sommes contre le misérabilisme et l'assistanat. Nous ne faisons pas de charité, les paysans font vraiment du business pour vivre, remboursent, investissent, gèrent leur élevage. Et nos adhérents apprécient cet aspect pratique." Ces derniers ont eux aussi beaucoup d'humour, puisqu'ils ne manquent pas de nommer eux-mêmes leurs animaux : "Nous avons une truie au Vietnam qui s'appelle Roselyne Bachelot, deux chèvres au Niger qui s'appellent Carla et Bruni, ou Ségolène et Royal !", assure Hanh Hâ. "C'est une façon de personnaliser l'investissement, et très souvent, nos adhérents rendent visite aux fermiers et constatent que les animaux vont bien. Zébunet, c'est un projet sérieux fait par des gens qui ne se prennent pas au sérieux."

Pour plus d'informations sur Zébunet, ou pour acheter une chèvre (pourquoi pas ?) :

Le site officiel de Zébunet

Le blog des projets



mercredi, 11 mars 2009

Une agonie filmée en direct pour aider ses enfants : courage ou délire malsain ?

jade_goody2.jpgJusqu'où peut-on aller par amour pour ses enfants (si tant est que l'argument est sincère) ? L'Angleterre entière se pose la question depuis quelques semaines, avide qu'elle est à suivre la vie, ou plutôt l'agonie en direct, de Jane Goody, une ancienne vedette de télé-réalité (elle avait participé à la version outre-Manche de Big Brother), qui a 27 ans, se meurt d'un cancer du col de l'utérus.

Ses derniers jours, cette femme a choisi de les passer comme elle a vécu une partie de sa vie : sous l'oeil des caméras. Il y a quinze jours, une émission de télévision a diffusé ses dernières semaines, au cours desquelles elle a notamment appris des médecins qu'elle n'avait plus que quelques semaines à vivre. Des séquences vidéo la montrant en train de faire du shopping pour son mariage et lutter contre la maladie - donc un extrait où elle fond en larmes en regardant son crâne chauve dans le miroir de la salle de bain - ont été visionnées de nombreuses fois sur YouTube.

Pourquoi un tel choix, scandaleux pour les uns, incongru et incompréhensible pour d'autres ? Tout simplement pour l'argent que l'événement peut récolter, destiné à ses deux enfants, Freddie 4 ans, et Bobby Jack, 5 ans. Elle souhaite également que cette médiatisation donne un coup de projecteur sur le dépistage du cancer du col de l'utérus, affirmant qu'avec une détection plus précoce, elle aurait pu la soigner plus tôt, et sans doute s'en sortir.

Ainsi, Jane Goody s'est mariée devant les caméras, avec son ami Jack Tweed, 21 ans, récemment sorti de jade_goody.jpgprison pour une affaire de coups et blessures, et portant un bracelet électronique. Elle a également reçu le baptême avec ses enfants, encore devant les caméras. Dans la série des événements rocambolesques, elle a aussi été agressée dans sa chambre d'hôpital par une femme armée d'un marteau (sans mal cependant) et a accordé ce qu'elle pense être sa dernière interview au magazine OK!

Jane Goody devrait toucher 1,1 million d'euros grâce à son mariage: une somme comprenant la vente des photos, qui seront publiées par le magazine "OK!", et des accords de diffusion télévisée. Mais cet argent est entièrement destiné à l'éducation de ses enfants.

Bref : dans le voyeurisme et le trash, la limite est toujours repoussée. Ce n'est pas tellement le fait qu'une femme demande à être médiatisée durant son agonie pour assurer l'avenir de ses enfants, qui peut choquer, mais bien plutôt le fait qu'il y ait une vraie demande pour un tel sujet. Le magazine britannique OK! débourse une somme colossale pour les photos du mariage, les télévisions relayent les derniers instants de la vie d'une femme pour des milliers de téléspectateurs avides des dernières news, et on ne compte plus les occurences du sujet dans les magazines people américains...Mais on peut évidemment être choqué de voir qu'en des moments pareils, quelqu'un songe volontairement à se livrer aux caméras du monde entier.

La mort elle-même de Jane Goody ne sera pas filmée. Un jour viendra,  où la limite du voyeurisme dépassera ce dernier tabou, devant des millions d'yeux voyeurs et avides.

 

lundi, 09 mars 2009

Qui fera sauter le Vatican, qui estime le viol "moins grave que l'avortement" ?

gogo.jpgOn sait bien que l'Eglise catholique, surtout en ce moment, ferait mieux de faire profil bas. Entre les délires de Williamson, et malgré quelques amendes honorables, sur les victimes de viols perpétrés par des prêtres aux Etats-Unis, le Vatican ne rate pas une occasion de rappeler qu'il est l'un des Etats les plus rétrogrades qui soient.

Dernière boulette en date : une fillette de 9 ans a avorté au Brésil, à 15 semaines, alors qu'elle était enceinte de jumeaux. Sa mère et les médecins ont été excommunié pour cela. Le beau-père de la fillette, qui l'avait violée, lui, n'a pas eu droit à des remontrances de la part de l'Eglise, "car le viol est moins grave que l'avortement". Même si c'est sur une gosse de neuf ans, notez bien.

Explications du cardinal Giovanni Battista Re, préfet de la congrégation pour les évêques au Vatican : "Ces jumeaux avaient le droit de vivre. C'est un triste cas, mais le vrai problème est que les jumeaux conçus étaient deux personnes innocentes, qui avaient le droit de vivre et qui ne pouvaient pas être supprimées. Il faut toujours protéger la vie, l'attaque contre l'Eglise brésilienne est injustifiée, et l'excommunication pour ceux qui ont provoqué l'avortement est juste".

C'est vrai que la pauvre enfant violée elle, n'était pas innocente.

Evidemment, tout le monde n'était pas de l'avis de l'Eglise. Vendredi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a vivement critiqué l'excommunication de l'archevêque de Recife, "déplorant profondément en tant que chrétien et catholique qu'un évêque de l'Eglise catholique ait un comportement aussi conservateur".

A préciser que la grossesse de la fillette comportait de hauts risques et mettait la vie de l'enfant en danger (à un âge pareil, tu m'étonnes). L'interruption volontaire de grossesse est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère.

Dernier détail, sur le beau-père de...23 ans : il a reconnu les faits, a avoué violer la petite fille depuis qu'elle a six ans, et abuser également de sa soeur aînée, handicapée, âgée de 14 ans. Un joli coco quoi. Qui risque 15 ans de prison... Mais aux yeux de l'Eglise, il reste un fidèle. "Certes, ce qu'il a fait est horrible, mais il y a tant de péchés graves, et le plus grave est l'élimination d'une vie innocente", justifiait le cardinal brésilien Sobrinho, qui a prononcé l'excommunication.

Mais bon, l'Eglise s'est quand même crue autorisée à mettre son grain de sel. Notez bien qu'à mon humble avis, entre une excommunication et la vie de son enfant, toute mère censée choisirait la première solution.  Mais que peut-on attendre d'une institution qui porte l'hypocrisie en étendard (l'homosexualité de ses membres alors qu'on la fustige ailleurs, le viol, ect...) ?

L'Eglise n'a qu'à continuer son processus d'autodestruction. Avec une politique "interventionniste" aussi désuète et décalée que celle-ci, à notre époque, elle est sur le bon chemin.


mercredi, 25 février 2009

Vendre l'Humanité dimanche devient un délit ?

lounis_ibadioune.jpgIl s'appelle Lounis Ibadioune, il a 50 ans, il milite au Parti Communiste Français depuis 1981, et entre autres actions bénévoles, vend l'Humanité Dimanche sur le marché de son quartier. Beaucoup de militants font ça depuis que le journal existe, et cela n'a semble t-il, jamais posé de problèmes à personne.

Enfin, pratiquement personne. Le 4 février 2007, alors qu'il vend tranquillement son journal dans le quartier de la Goutte d'Or, dans le 18ème arrondissement de Paris, deux policiers l'interpellent. Et le verbalisent pour «offre ou exposition en vue de la vente de marchandises dans un lieu public sans autorisation». Lui collent une amende de 172 euros, que Lounis refusera de payer :"c'est une façon de criminaliser l'action militante,  l'engagement politique". Pour cela, il est passé au tribunal le 18 février dernier.

Depuis un an, ce petit fait divers, qui révèle un vrai malaise, fait grand bruit. Libération, qui lui a consacré son traditionnel portrait de dernière page, avait lancé une pétition en sa faveur. Ne parlons pas de l'Humanité, principal concerné. Des pétitions affluent de la France entière. Début février, le Conseil de Paris, «demandant au maire d’intervenir auprès du préfet de police afin de mettre un terme à ces interpellations», a voté à l’unanimité, élus UMP compris, un texte rappelant que «la vente de l’Humanité sur les marchés est une pratique tolérée depuis de très nombreuses années [qui] participe de la libre expression et de la vitalité démocratique».

Lui qui se définit comme «un titi parisien, laïc, républicain et progressiste», s’est longtemps totalement désintéressé de ses origines bien que portant un nom et un prénom arabes. Lounis dit n'avoir pas souffert du racisme dans sa vie. Qu'est-ce qui a pu motiver ces policiers à une verbalisation aussi injuste ? Un excès de zèle, selon le préfet de police de Paris...Un peu léger tout de même.

Mercredi 18 février donc, Lounis Ibadioune comparaissait au tribunal pour avoir refusé de payer ce PV abusif, devant une salle comble venue le soutenir. Son avocate, Nadège Magnon, a commencé par rappeler qu’«un journal n’est pas une marchandise mais une œuvre de l’esprit protégée par la Constitution […] et plus particulièrement par l’article 11 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789». Elle a pris soin d’en donner la lecture : «la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi».

Petit rappel historique au passage : "Même Jacques Chirac a reconnu avoir vendu L'Humanité Dimanche dans sa jeunesse". L'avocate a également souligné que sur la vente des journaux, la loi du 2 avril 1947 stipule que «toute entreprise de presse est libre d’assurer elle même la distribution de ses propres journaux et publications périodiques par les moyens qu’elle jugera les plus convenables à cet effet». Autrement dit, une vente à la criée sur un marché est tout à fait légale, et de plus, Lounis contribue, par son action militante, à 20 à 25% des ventes du journal, selon l'Humanité.

Trop d'arguments de bon sens face à un PV abusif ont mené le tribunal à prononcer la relaxe. Lounis Ibadouine n'a pas souhaité ajouter quelque chose : "mon avocate a déjà tout dit".

En plus :

Un petit lien vers le site de l'Huma et le comité de soutien à Lounis Ibadioune pendant un an, avec des messages de quelques personnalités.



mardi, 03 février 2009

Les Israéliens bombardent Gaza...Et même son zoo. Pourquoi ?

610x.jpgPlus de 1000 morts civils : c'est à peu près ce que l'on compte après l'offensive israélienne sur Gaza, qui visait à tuer des membres du Hamas. Si trente d'entre eux ont été effectivement tués, c'est le bout du monde.

Le Palestine Chronicle, un journal en ligne indépendant, rapporte un fait anecdotique certes, mais surprenant tout de même et qui soulève quelques questions sur les motivations de l'armée israélienne. En effet, le zoo de Gaza, réputé pour être un endroit convivial qui réunissait beaucoup d'enfants et de familles, jusqu'à 1000 par jour, a été bombardé pendant les assauts, les animaux tués à bout portant ou laissés sans soin, et toutes les infrastructures détruites par des militaires. Pourquoi cette incursion dans un endroit qui ne faisait de mal à personne ? C'est la question sans réponse que se pose les gardiens du zoo, qui ne peuvent que constater les horribles dégâts.

Voici l'article traduit, tel qu'il est publié sur le Palestine Chronicle :

"Le zoo de Gaza pue la mort. Mais le gardien de zoo Emad Jameel Qasim ne semble pas réagir à la puanteur alors qu'il marche autour des enclos des animaux. Il y a un mois, il attirait les familles -il dit que le zoo attirait jusqu'à 1000 visiteurs par jour. Il pointe du doigt le trou d'un pied de long dans le chameau dans l'un des enclos.

« Cette chamelle était pleine, un missile l’a frappé dans le dos », nous dit-il. « Regardez, regardez sa face. Elle a souffert quand elle est morte."

A chaque coin, dans presque toutes les cages il y a des animaux morts, qui gisent dans leurs cages depuis l'incursion israélienne.

Qasim ne comprend pas pourquoi ils ont choisi de détruire le zoo. Et il est difficile de ne pas être d'accord avec lui. La plupart d'entre eux ont été tués à bout portant.

« La première chose que les israéliens ont faite a été de tirer sur les lions -les animaux ont couru hors de leur cage et dans le bâtiment des bureaux. Actuellement ils se cachent là. »

Les deux lions sont de retour dans leur enclos. La femelle est pleine, et s'allonge pesamment sur le sol, battant l'air de sa queue occasionnellement. Qasim se tient inhabituellement près d'eux, mais ils ne semblent pas gênés par sa présence.

Alors qu'il nous fait faire le tour, il est manifestement choqué par l'état des animaux. Les quelques animaux qui ont survécu ont l'air affaiblis et perturbés.

« Les renards se sont mangés entre eux parce que nous n'avons pas pu les atteindre à temps. Nous en avons beaucoup ici. » Il y a des carcasses partout et le dernier renard survivant est tout tremblant dans le coin.

Le zoo a ouvert en 2005, avec l'argent d'ONG locales et internationales. Il y avait 40 sortes d'animaux, une bibliothèque pour enfants, une aire de jeux et un centre culturel logé dans le bâtiment.

Dans le bâtiment principal, les soldats ont barbouillé les murs, arraché une des toilettes et enlevé tous les disques durs des ordinateurs. Nous lui avons demandé pourquoi ils ont visé le zoo. Il sourit. « Je ne sais pas. Allez demander aux Israéliens. C'est un endroit où les gens viennent se détendre et s'amuser ensemble. Ce n'est pas un endroit pour la politique. »

Israël a accusé le Hamas de tirer des roquettes depuis les zones civiles. Qasim réagit avec colère quand nous soulevons le sujet.
« Laissez-moi répondre à çà par une question. Nous sommes attaqués. Il n'y avait pas une seule personne dans ce zoo. Juste les animaux. Quel but cela sert-il de déambuler en tirant sur les animaux et en détruisant les lieux ?»

Dans une cage gisent trois singes morts et deux autres dans la cage à côté. Deux autres se sont échappés et doivent encore revenir. Il pointe du doigt un pot de terre. « Ils essaient de se cacher », dit -il d'une mère et de son petit à moitié cachés à l'intérieur.

Qasim dit que ses deux plus grandes pour le moment sont de reconstruire le zoo et de traduire l'armée israélienne devant la justice. Pour la première, il dit qu'il aura besoin de 200 000 dollars pour remettre le zoo dans son état précédent – et il veut que les israéliens couvrent les frais. « Ils doivent me payer tous ces dégâts. »

Nous lui demandons pourquoi c'est si important pour Gaza d'avoir un zoo. « Pendant les quatre dernières années, c'était l'endroit le plus apprécié des enfants. Ils venaient de toute la Bande de Gaza. Il n'y avait nulle part ailleurs où aller. »

Par Ashraf Helmi et Megan Hirons



mercredi, 28 janvier 2009

Facebook ferme un groupe de soutien au massacreur de la crèche belge

Une dépêche tombée sur le site NouvelObs.com, m'a rappelée quelques souvenirs :

"Après des réactions indignées d'internautes, le site communautaire a fermé le groupe "Le beau massacre à Termonde", dont l'administrateur se présentait sous le pseudonyme de "Total-Killer Almortex".

Plus de 4.000 personnes ont adhéré au groupe qui demandait la fermeture du profi de Kim De Gelder  (Reuters)

 

Les responsables de Facebook ont fermé mardi 27 janvier un groupe de soutien à Kim De Gelder, auteur présumé des meurtres commis vendredi dans une crèche en Belgique.
La création de ce groupe avait suscité l'indignation d'usagers de ce réseau de socialisation sur internet.
Le groupe créé le jour même s'appelait "Le beau massacre à Termonde", et son administrateur se présentait comme un psychopathe, sous le pseudonyme de "Total-killer Almortex".
D'autres personnes choquées ont à leur tour formé un groupe pour dénoncer cette initiative, poussant les gestionnaires de Facebook à fermer le groupe de soutien à Kim De Gelder peu avant 21H00 (20H00 GMT), selon l'agence de presse Belga.
Kim De Gelder, 20 ans, a été inculpé pour avoir poignardé deux bébés et une puéricultrice d'une crèche de Termonde (Flandre, 30 km au nord-ouest de Bruxelles), ce qui a causé une réaction d'horreur en Belgique.
Le jeune homme est également soupçonné d'avoir assassiné une septuagénaire le 16 janvier.

Pétitions demandant la peine de mort

Il y avait encore, sur Facebook, mardi soir des pétitions condamnant le groupe "le beau massacre à Termonde" ou demandant "la peine de mort" pour Kim De Gelder. Un de ces groupes demande même l'extradition du jeune meurtrier aux Etats-Unis, où la peine capitale reste en application.
Plus de 4.000 personnes ont adhéré au groupe qui demandait la fermeture du "profil" de Kim De Gelder dans Facebook. Le profil est désormais introuvable.
A propos des aspects légaux de cette polémique sur internet, un officier de la police fédérale belge a dit que son unité de lutte contre le crime sur les réseaux informatiques (CCU), qui entretient des contacts notamment avec les responsables de Facebook, ne peut de son propre chef demander la fermeture d'un groupe.
"Une enquête doit être menée préalablement. C'est au juge d'instruction ou au parquet de donner l'instruction à la CCU d'adresser une telle demande", a-t-il souligné.
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En décembre, Facebook avait connu une grosse polémique sur l'humour très borderline du groupe "Fédération Française du Lancer de Chiots". La SPA avait demandé la fermeture du groupe, et a semble t-il, obtenu gain de cause : le groupe semble introuvable sur Facebook. Par contre, on fleurit des "Fédération Française du Lancer des Lanceurs des Lanceurs de chiots la FFLLL" ou des "Contre la FFLC". Inévitablement, l'hydre
a réssucité quelques têtes : "Fédération Française du lancer de chatons" ou "Fédération Française de la castration de chiots".

L'exemple, bien moins drôle, de Kim de Gelder, démontre véritablement que l'humour a ses limites et qu'on ne peut pas rire de tout -l'administrateur du groupe devait peut-être trouver sa démarche subversive...
Moralité : Facebook serait-il un bon observatoire des malaises sociétaux et de la folie pas toujours douce de nombreux internautes ? Ou encore "Facebook : quand la liberté d'expression dépasse les bornes". Des enquêtes à faire ?
 
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