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lundi, 30 mars 2009

Sur les pas de Stéphane Calais

bubble32.jpgLorsque j'ai appris qu'un de mes anciens profs organisait une exposition à la Fondation Ricard, à Paris, j'ai aussitôt foncé là-bas.

Le peu que je sache de Stéphane Calais est qu'il nous donnait des cours de recherches expérimentales en dessin, et c'est d'ailleurs ce qu'on retrouve ici, dans cette expo collective présentant des artistes peu connus, aux styles différents.

Des artistes qui créent des univers très personnels et atypiques, loin de la tendance actuelle, et qui veulent tout simplement exprimer, à leur manière, ce qu'ils ressentent face à des sujets ou des objets banals. Preuve qu'on peut créer des choses vraiment surprenantes à partir de pas grand-chose.


Il suffit de voir les billes de Roland Flexner, qui crée de magnifiques effets entre le noir et le blanc, sur 10 cm de diamètre seulement, le tout à base de savon et d'encre. Ou Alain Sechas qui, en prenant pour sujet le couteau suisse, développe à l'infini des mondes imaginaires et rythmés, où la grande qualité du dessin équivaut à la maîtrise de la composition globale.

D'accord, on peut avoir quelques doutes en entrant dans la première salle, quand on se retrouve face aux dessins d'enfants d'Aurélie Salavert. Mais c'est juste une impression ...

J. S.


"Une expédition"
Jusqu'au 11 avril
Fondation Ricard, 12 rue Boissy d'Anglas, Paris 8ème

Stéphane Calais expose à la Galerie Jocelyn Wolff, 78 rue Lacroix, Paris 20ème

dimanche, 15 mars 2009

Le prix Arcimboldo, dix ans déjà !

rauzier.jpgLe Musée du Montparnasse n'est pas grand et ne fait pas beaucoup parler de lui, mais c'est un musée dont on se souvient. Il garde l'incognito dans une petite cour du 15ème arrondissement de Paris, cour qui elle-même ne se remarque pas vraiment, sauf que lorsqu'on y entre on a l'impression que le temps s'est arrêté.

Actuellement, le musée présente une rétrospective du Prix Arcimboldo (concours de création numérique), qui fête ses dix ans cette année et dont les lauréats s'appellent Orlan, Jean-François Rauzier ou Virginie Pougnaud.

Les portraits-autoportraits d'Orlan font face aux petites filles d'Alain Delorme. Visuellement, c'est tout le contraire, il était donc inévitable de présenter les deux artistes ensemble : leurs oeuvres sont trop opposées pour qu'ils n'aient rien à se dire et à dire ensemble.

Personnellement, je retiendrai des dix candidats Patrick Fournial, qui en jouant sur le net et le flou, les détails et la vue générale, la perspective et le passage dans un univers hors du temps (Versailles 16, 2006), nous fait nous interroger sur ce qui est vraiment important dans une image.

J. S.

Site du musée

Site du concours


dimanche, 15 février 2009

Jimmie Durham au Musée d'art moderne

venice6-15-42.jpg

Jimmie Durham est bien ce qu'on peut appeler un artiste contemporain. Ce touche-à-tout se réfère dans ses oeuvres à toute histoire de l'art, dont le détournement est à prendre au second degré, mais il se sent aussi concerné par les problèmes du monde actuel. Cherokee né dans l'Arkansas, il lutte activement au sein de l'American Indian Movement, et est une figure majeure de la scène artistique internationale.

Utilisant de nombreux supports de création (vidéo, photo, installation, peinture), il met en relation de façon inattendue les sculptures de l'Antiquité et le design du 20ème siècle (The Ghost in the machine, 2005), montre un rapport très particulier avec les générations précédentes (Prehistoric stone tool, 2004; He said I was always juxtaposing, but I thought he said just opposing. So to prove him wrong I agreed with him. Over the next few years we drifted apart, 2005). Ou bien propose une vision pop-art de l'actualité (les bidons de Sweet Light crude, 2008)

Durham aime la diversité et surprendre le spectateur. Deux faits essentiels qui se retrouvent dans ses autoportraits, où il donne une image toujours différente de lui-même, sans que l'on puisse dire que c'est réellement lui (Self-portrait with black eye and bruises, 2006; Self-portrait pretending to be Euroman, 2008)

Duhram pour finir, c'est aussi cet avion biplace écrasé par une énorme pierre à l'entrée de l'exposition. Humour, message écolo ou revendication ?

 

Exposition Jimmie Duhram "Pierres rejetées" au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris. Jusqu'au 19 avril.

J. S.



mardi, 27 janvier 2009

L’avant-garde russe dans la collection Costakis

 

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Alors que Beaubourg présente une grande rétrospective sur le futurisme en Europe, le Musée Maillol préfère se concentrer sur l'avant-garde en Russie, en évitant de se limiter au photomontage.

 

Au début du 20ème siècle, les artistes russes s'inspirent du cubisme et du futurisme, qu'ils synthétisent. Vient ensuite la révolution qui les pousse à développer des recherches d'une nouveauté radicale, jusqu'à ce que l'arrivée de Staline au pouvoir mette fin à toute liberté créatrice et condamne les artistes à l'oubli. Quand on les redécouvre dans les années 70, on en donne une version très schématique, réduite au suprématisme de Klioune, Popova et Malevitch, et au constructivisme.

 

Le but de cette exposition est évidemment de montrer les nombreuses facettes d'une avant-garde aux mouvements moins lisses et aux démarches personnelles plus sinueuses qu'on a voulu le faire croire. Le public découvre ainsi des courants mineurs et des peintres moins connus, et on se rend compte que certaines oeuvres anticipent des recherches faites après-guerre par l'expressionnisme abstrait américain, ou l'abstraction lyrique française.

J'ai trouvé vraiment très intéressantes les peintures qui dévoilent un aspect pas forcément connu de l'avant-garde russe, et qui ont quelque chose de vraiment contemporain : il n'y a qu'à voir le traitement de la lumière dans Composition sphérique non objective de Klioune, 1922-1925; le minimalisme dans les formes et les couleurs d'Architectonique picturale de Lioubov Popova, 1919; ou les stupéfiantes oeuvres de Koudriachov, Construction d'un mouvement rectiligne, 1925, et Luminescence, 1926.

La suite de l'exposition présente des oeuvres de propagande (Klutsis, Popova), des projets de Vialov pour le théâtre, et finit sur des photos d'une cuisine communautaire de l'URSS.

 

Bref, un panorama à voir en plus de l'expo à Beaubourg. Mais à voir aussi pour Costakis, chauffeur d'ambassade à Moscou, qui découvrit cette période de l'art russe à une époque où l'art était marginalisé par le pouvoir, et qui collectionna 1300 pièces dont une partie se trouve aujourd'hui à Thessalonique.

 

J. S.

 

J. S.

 

Jusqu'au 2 mars 2009 au Musée Maillol (Paris)

 



11:37 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

lundi, 26 janvier 2009

Picasso et les maîtres

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Incontestablement l'une des meilleures expositions de 2008 en France, "Picasso et les maîtres" fait le lien entre l'artiste espagnol et tous ceux qui l'ont inspiré : on voit ainsi les oeuvres datant de sa formation aux Beaux-Arts (copies de maîtres et dessins académiques dont certains valent vraiment le détour), ses premières recherches où il applique sa notion de l'art "qui n'est pas l'application d'un canon de beauté, mais ce que l'instinct et le cerveau peuvent concevoir indépendamment du canon". Le tout à côté de toiles de Manet, Ribera, Vélasquez ou Delacroix.

Ces mises en parallèle sont faites soit en exposant des oeuvres avec un thème commun (on voit les ressemblances entre un tableau de Picasso et celui qui l'a inspiré : c'est le cas avec le Portrait de Mademoiselle Rivière d'Ingres par exemple); soit en mettant deux tableaux dont l'un est une version personnelle de l'autre : Les demoiselles des bords de Seine, Courbet, 1857 VS Les demoiselles des bords de Seine d'après Courbet, Picasso, 1950; soit enfin en présentant des tableaux évoquant trop Lautrec ou Degas pour qu'on arrive facilement à croire qu'ils ne sont en fait signés ni l'un, ni l'autre...

L'expo est à voir absolument -cependant dépêchez-vous, elle se termine ce weekend après trois nuits d'ouverture exceptionnelles-, pour la bonne raison qu'on pensait tout savoir sur Picasso. Eh non ! Il y aura toujours quelque chose à apprendre ou à redécouvrir. De plus, ca n'arrive pas souvent que l'on réunisse autant d'oeuvres (et pas n'importe lesquelles !), et accessoirement, les organisateurs n'ont rien laissé au hasard pour que l'exposition soit réussie (par exemple, je ne pense pas qu'elle aurait eu le même effet si le parcours avait été chronologique au lieu d'être thématique). Rien que pour ça, ce serait stupide de ne pas y aller.

Seulement, maîtres ou pas maîtres, le sujet principal reste Picasso, et comme toute expo sur Picasso qui se respecte, elle est victime de son succès. Ce qui revient à dire que les gens viennent du fin fond de leur province rien que pour elle, quitte à faire 3h de queue sous la pluie (véridique, même si j'ai eu la chance d'y échapper), et qu'une fois que vous êtes entrés, vous avez autant de monde dans une même salle qu'il y en a qui attendent dehors...Si malgré cela, vous êtes toujours motivés, il vous reste encore cinq jours...

 

J.S.

Jusqu'au 2 février 2009 au Grand Palais (Paris)



11:48 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

samedi, 06 décembre 2008

Henri Cartier-Bresson / Walker Evans, Photographier l'Amérique, 1929-1947

L'exposition actuellement présentée par  la Fondation Cartier-Bresson à Paris fait le lien entre la période américaine de Cartier-Bresson et son influence sur Walker Evans.

Il s'agit principalement de descriptions visuelles de la société d'alors, dans les quartiers pauvres de New York ou en Louisiane. Mais au-delà de la dénonciation de la misère ils veulent nous montrer leur vision de l'Amérique, et de ceux qu'ils considèrent comme Américains dans ce pays qui passe en 20 ans de la crise à LA nation mettant fin à la guerre. Pour preuve cette photo de Cartier-Bresson, 4 Juillet, Cap Cod, Massachusetts (1947) qui représente une femme vieille et osseuse enveloppée dans un drapeau américain le jour de la fête nationale.

Au dernier étage du musée, c'est le Salon Henri Cartier-Bresson, indépendant de l'exposition. Mais c'est l'étage que je préfère car là pour le coup sont présentées des photos plus plastiques, et non descriptives. Comme par exemple la célèbre photo prise en Espagne, Valencia (1933), ou d'autres comme Sienne, Italie (1933) ou New York (1947). Ici on se rend mieux compte du talent du photographe à travailler les contrastes entre les horizontales, verticales et diagonales, entre les noirs et les blancs, entre le mouvement et le statique, entre les dimensions.  Certaines photos sont d'une surprenante modernité et ont un effet visuel génial, et suffisent largement comme prétexte à continuer jusqu'au bout pour tous ceux qui préfèrent la photographie en tant qu'art !

J. S.

11:49 Publié dans Art | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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