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lundi, 10 octobre 2011

Ca m'fait plus marrer... L'humanité.

Lecteur, je sais ce que tu es déjà en train de te dire. Encore un (une en l’occurrence) de ces fatalistes allumé(e)s qui, parce qu’ils sont tombés sur un taxi fou, que leur voisin de palier les a gonflé avec son reggae et qu’il y avait un os dans les McNuggets du McDo, parce que leur rame de métro a mis 5 min de plus à les ramener à leur 3-pièces bourgeois et parce que le départ à la retraite se fera 2 ans plus tard, décrètent à la fin de la journée, une fois affalés devant la télé, que décidément, l’humanité, c’est de la merde.

Eh bien lecteur, tu as… un petit peu raison.

Bien que je n’ai pas vécu aujourd’hui l’un des cas énoncés plus hauts, je me suis affalée dans mon bain (où je crapote toujours) en décrétant que l’humanité ne me faisait plus marrer. Laisse-moi te raconter une parabole qui, je l’espère, te permettra de mieux comprendre les raisons d’une telle déclaration.

J’ai passé, figure-toi, un weekend à la campagne près de Mulhouse, charmante région où l’on sent nettement la proximité de l’Allemagne, non seulement grâce aux noms à consonance assez éloignée de la douceur latine, mais aussi grâce à un respect de l’ordre établi, des lois et du quand-dira-t-on qui tue dès la naissance toute velléité de rébellion auprès de la jeunesse locale. On y aime le gibier à poil et à plumes, on y emploie des expressions d’avant moi, et y on revendique un côté suisse-allemand y compris dans l’accent traînant. Ajoute à cela un temps humide, (donc, en un mot, pourri), et tu comprendras que cette région ne dispose guère à l’amour universel.

Je faisais donc, en cette charmante région, un reportage sur une sorte de SAV pour maîtres et chiens. Ne rigole pas trop vite cher lecteur. C’est un véritable creuset de l’âme humaine et des comportements de notre espèce. Car loin d’avoir assisté à un défilé de Josiane emperlousées accompagnées de leur shih tzu ou de leur chihuahua caractériels qui pissent partout et rongent leurs pantoufles, j’ai plutôt vu un régiment de malinois, golden retrievers géants et même bergers d’Asie (chiens absolument introuvables et qui ont pour fonction quasi génétique de garder les chèvres dans le Caucase, en gros), tous plus tarés et hystériques les uns que les autres, mal-être largement compréhensible lorsqu’on observait d’un coup d’œil à peine aiguisé leurs maîtres aussi débordés qu’abrutis et, pire que tout, en plein déni de tout échec et de toute responsabilité. Des chiens tellement au bord de la crise de nerfs que certains cas semblaient glisser lentement mais sûrement sur la pente fatale qui mène à l’étiquette « chien dangereux », et donc candidat possible à l’euthanasie.

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Le célèbre Tinkerbell de Paris Hilton, sur le point de se suicider (crédits : Southpark)

SAV pourquoi ? Parce que le malheureux éducateur canin présent pour essayer d’aider ces cas sociaux s’entendait plus ou moins dire : « mon chien ne marche pas, changez-le moi ». Cruel aveu du maître
« trahi » par son compagnon le plus fidèle, qui mord la main même qui le nourrit, qui le caresse…  alors qu’il en a fait un jouet abêti auquel on nie toute sa nature d’animal. Et qui n’hésitera pas à s’en débarrasser s’il déraille un peu trop fort, alors qu’il est, lui, son maître, le plus souvent, l’unique responsable.

Rarement, cher lecteur, je n’ai vu réunis en deux jours et en un seul endroit une telle indigence intellectuelle et un manque de bon sens qui ferait rougir Descartes, tout penaud d’avoir énoncé sa putain de phrase à la con sur le sujet. Anthropomorphisme, inconscience, inconséquence, déni total de responsabilité et du caractère gravissime de certains événements, rapports hiérarchiques avec un animal à faire fantasmer un légionnaire… et j’en passe. Un tel concentré de connerie et d’individus finis au pipi au mètre carré a fini par écœurer les quelques personnes un peu élaborées de l’assemblée, au point que le retour en avion à Paris n’a pas été planant, et a même mis un coup sur la calebasse à tout le monde.

Réflexion faite une fois dans le zinc : les ¾ des gens sont cons. Les gens cons sont dangereux. Les gens cons se reproduisent. En plus.

Car là, cher lecteur, tu rigoles en te disant que ce n’était qu’une histoire de toutou mordeur. Ne rigole pas trop vite. Car le crétin qui promène sa bite au bout de la laisse peut être le même qui te fera une queue de poisson et t’enverra dans le décor parce que son ego est en jeu. Le même qui projettera ses frustrations sur ses enfants et les rendra malheureux (et ce n’est, encore, que le scénario le plus « light » possible). Le même qui votera à la tête du client et installera peut-être une dictature sans que tu l’ais souhaité. Vois avril 2007.

Coup d’œil sur mon voisin de siège qui lisait le Libé du weekend : Sarko encore et toujours, les forêts de la planète qui disparaissent, un médecin rwandais accusé d’être un génocidaire, ah tiens, la page des décès du jour… Et cette réflexion subsidiaire : dans ce monde corrompu jusqu’à l’os, où l’on érige la connerie en valeur sûre (exemple avec la pub Diesel), en quoi peut-on encore croire ?

Quand les cons mènent le monde, quand la course à l’abîme ne va pas en ralentissant, quand tous les dérivatifs/palliatifs que sont le sexe, la drogue, la télé, le mariage ne fonctionnent plus, quand tous les idéaux se sont effondrés : en quoi peut-on encore croire ?

Faut-il penser, comme le poète niais de Moulin Rouge en 2001 (avant le 11 septembre), qu’il faut croire en la Beauté, en la Vérité et en l’Amour ? Et après tout, qu'est-ce que c'est ?

J’ai, cher lecteur, un avis très personnel sur la question, et il tient en trois lettres. Mais il pourrait paraître abominablement individualiste, et comme j’aimerai susciter ta réflexion et tes propositions, je te laisse le choix des armes.

Desproges disait : « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien. » Cela, en effet, aurait été rendre service aux malheureux que j’ai vu ce weekend. Bien que très pessimiste ce soir, je pense que ce n’est, cependant, pas complètement rendre service aux hommes. Même si, par moments, « tuer tous les imbéciles simplifierait tellement les choses… »

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Merci à Pierre-François Lacenaire, criminel devant l'Eternel, pour la justesse de cette chute presque "imaginaire" (extrait du film Les Enfants du Paradis de Marcel Carné, 1944).

 
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