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jeudi, 06 août 2009

Radiohead rend hommage au dernier poilu britannique

patch.jpgUne belle initiative relatée par les médias aujourd'hui : le groupe Radiohead a mis en ligne hier une chanson rendant hommage à Harry Patch, le dernier poilu britannique, qui résidait dans une maison de retraite à Wells en Angleterre, et qui est mort fin juillet à l'âge de 111 ans.

=>> lien direct vers le site officiel du groupe, avec les paroles de la chanson et le lien de téléchargement.

L'intégralité des fonds générés par le téléchargement de cette chanson (uniquement disponible sur Internet) seront reversés à la Royal British Legion, qui vient en aide aux anciens et actuels combattants britanniques. Elle est cependant également en écoute libre sur le site de la BBC.

=> lien vers la BBC ici.

"J'ai entendu un entretien très émouvant d'Harry Patch il y a quelques années (...) La façon dont il parlait de la guerre a eu un impact important sur moi", a expliqué Thom Yorke, le chanteur du groupe, sur son site. "C'est devenu l'inspiration pour une chanson que nous avons enregistrée quelques semaines avant sa mort."

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Le titre Harry Patch (In memory of) a été écrit à la première personne. Les paroles disent "Je suis le seul qui en soit sorti, les autres sont morts quel que soit l'endroit où ils sont tombés"et s'achève avec "J'ai vu l'enfer sur cette Terre, la prochaine sera chimique, mais nousn'apprendrons jamais".

Harry Patch avait servi en tant que mitrailleur, combattant en 1917 à seulement 19 ans à Passchendaele en Belgique, bataille qui a fait plus de

70 000 morts côté britannique. Le vétéran était le dernier "tommy", surnom donné autrefois aux soldats britanniques, à avoir effectivement combattu sur les pires fronts de la "Grande Guerre". Son détachement de mitrailleurs, qui comptait cinq soldats, avait fait le serment d'éviter, si possible, de tuer un combattant ennemi, mais au contraire de viser les jambes.

En novembre 2008, lors d'un dépôt de gerbes à l'occasion des cérémonies de l'armistice, Harry Patch, qui qualifiait la guerre de "crime organisé", déclarait : "Il est important de se souvenir du conflit, des deux côtés. Quel que soit l'uniforme porté, on a tous été des victimes". Il devait être enterré aujourd'hui, jeudi 6 août, à Wells, dans le sud-ouest de l'Angleterre, où il s'est éteint le 25 juillet dans sa maison de retraite.

Voici une vidéo du dernier défilé du 11 novembre auquel Harry Patch a participé. C'était en 2008 :

 

 

 

samedi, 25 juillet 2009

Le tag s'affiche à la Fondation Cartier

graffiyi.jpgDepuis le 7 juillet jusqu’au 29 novembre, la Fondation Cartier accueille, après le Grand Palais, le tag et le graffiti. La différence étant que, si le Grand Palais était le premier à exposer le mouvement en France et se contentait d’une série d’œuvres de même format réalisées exprès pour l’occasion, la Fondation Cartier préfère faire le point sur toute l’histoire du tag et son rôle dans la ville.

Né dans les années 70 dans les rues de New York, le tag devient très vite un véritable phénomène mondial. A l’origine, c’est un mode d’expression comme un autre pour une poignée de jeunes de 15 ans (notamment Taki 183, Dondi, P.H.A.S.E. 2 ou Julio 204), qui se contentent de marquer leur nom sur les murs et les autobus dans une ville au bord de la faillite ; jusqu’au jour où ils s’attaquent aux trains et aux métros, pour être vus de tous, et les années passant, ils recouvriront toute la surface des wagons, avec évidemment les risques mortels que cela comporte.

Le développement fulgurant des innovations dans les styles et les formes font que dès le début des années 1980, des galeries s’intéressent à ces artistes novateurs, et l’Europe va leur permettre de se faire connaître en dehors de New York. Puis ce seront Basquiat et Keith Haring qui vont s’en rapprocher, malgré des démarches différentes ; et même des artistes auxquels on n’aurait pas forcément pensé (Blondie, The Clash) vont demander à Dondi ou Futura de travailler sur leurs clips. Entre l’entrée dans le monde de l’art et le renforcement de la lutte anti-graffiti, une nouvelle génération d’artistes apparaît dans la rue : JonOne, Ghost, Sento …

 

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Le tag : au musée mais pas sur mon immeuble

L’exposition présentée actuellement boulevard Raspail veut montrer l’extrême diversité de ce qu’est le tag aujourd’hui, entre ses styles, sesDSC03231.JPGinfluences, ses techniques et son internationalité. Dix artistes en tout, Basco Vazko, JonOne, Cripta, Kosta-Théfaine, Barry McGee, Evan Roth, Nug, Delta, Gérard Zlotykamien et Vitché réalisent des installations et des créations éphémères spécialement pour l’évènement. Avec, à côté de cela, une grande rétrospective en photos et vidéos au sous-sol, et le premier weekend de chaque mois une création en public d’affiches très grand format.

Pour aller plus loin : si en définitive le tag est entré en moins de dix ans dans le monde de l’art et des médias, aujourd’hui il n’est toujours pas accepté par l’art « officiel », et reste l’affaire des galeries branchées et d’avant-garde, en dehors de quelques récentes expos à Londres ou Paris. Paradoxalement, les connaisseurs les plus pointus en art contemporain se sont tous précipités aux deux expos parisiennes, alors qu’ils sont les premiers à être contents quand on enlève les tags en bas de leur immeuble. A une époque où l’art contemporain reste pour la majorité des gens totalement incompréhensible, et qui pour simplifier, se limite à Pinault, aux sculptures de Jeff Koons et aux requins de Damien Hirst, le tag nous propose juste de regarder une forme d’art sans se poser de questions. Pour le plaisir des yeux et de l’art. Au fond, y avait-il réellement besoin que le tag entre dans les musées pour ça ?

J. S.

Informations :

"Né dans la rue : Graffiti", du 7 juillet au 29 novembre. Fondation Cartier pour l'Art contemporain.

261, Boulevard Raspail 75014 Paris - Tél. : 01 42 18 56 50 - Site Internet : http://fondation.cartier.com

jeudi, 04 juin 2009

L'inconnu de la place Tiananmen

Il y a vingt ans, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les autorités chinoises lançaient une répression sanglante contre les manifestations étudiantes de Pékin. Aujourd'hui, comme il y a dix ans, les Chinois avides de démocratie comme les étrangers résidant dans l'Empire du Milieu, courent après une impossible commémoration. Les journalistes, même nationaux, ont été interdits de travailler.

Rappels des faits, chronologies, on trouve divers angles pour traiter cet événement. On a pu prendre connaissance, il y a quelques semaines, du livre tiré des enregistrements clandestins de Zhao Ziyang, le "Gorbatchev chinois" qui dirigeait le P.C.C aux moment des événements.

Dans son essai, Adrien Gombeaud a voulu raconter l'histoire d'une photo. Celle de l'homme qui, seul, osa défier les chars de l'armée chinoise.

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Le monde entier se souvient de cette image, prise le 5 juin 1989, symbole à elle toute seule du "Printemps de Pékin". Commencé deux jours plus tôt, le massacre des étudiants est déjà terminé, la capitale "nettoyée". Vers midi, une colonne de blindés quitte la place Tiananmen. Soudain, un homme apparaît au milieu de l'avenue, en chemise blanche avec deux sacs en plastique au bout des bras. Il se plante devant les chars, qui s'immobilisent devant lui. Ils n'osent pas lui passer dessus. Des balcons de l'hôtel Beijing qui dominent la scène, quatre photoreporters capturent l'instant. Quelques enregistrements vidéos existent également.

Diplômé de chinois et critique de cinéma, Adrien Gombeaud a retrouvé les auteurs des clichés à Paris, à Londres, à Hongkong et à Bali. Chacun raconte comment il en est venu à prendre cette image si particulière, sans toujours se rendre compte, sur le moment, de son importance. Au fil de son récit, Gombeaud retrace aussi l'histoire des photographes eux-mêmes, et des lieux du drame - l'hôtel Beijing, l'avenue Chang'an, la place Tiananmen...

Concentré sur un seul homme, le récit passe parfois au second plan les millions d'étudiants du mouvement. Pourtant, il ne dévoile pas le secret le plus recherché : l'identité de l'homme seul qui défia les chars reste un mystère. Son destin et la suite de sa vie nous sont toujours inconnus.

L'Homme de la place Tiananmen, par Adrien Gombeaud. Presses de Sciences po-Seuil, 120 p., 14 euros.

lundi, 02 mars 2009

Beigbeder et Nelson (Melody, pas l'Amiral)

couverture.jpgFrédéric Beigbeder, Au secours pardon (2007)

Rescapé du sabotage de 99 francs, Octave is back ! Et il est bien décidé à dénicher la plus belle fille du monde, qui se situe quelque part entre Moscou et Saint-Pét'.

Elle peut difficilement être ailleurs : si l'URSS a détruit toutes les vieilles fortunes du temps des tsars, la Russi moderne a favorisé l'ascension des nouveaux riches, ceux qui achètent Chelsea FC, passent leur vie entre Courchevel, Rublovka et Antibes, s'entourent de filles de 15 ans (13 dernière limite, en dessous elles ont vraiment l'air trop jeunes), et deviennent les parents de fils-à-papa qui profitent d'être jeunes dans les night-clubs RnB (= Rich and Beautiful) qui ont poussé comme des champignons autour des statues de Lénine et Dostoïevski. Qui dit pays comportant le plus grand nombre de milliardaires au monde dit par conséquent pays offrant la plus grande probabilité de trouver de très belles filles.

Octave est à peine sorti de prison et on l'a envoyé en exil en Russie pour le compte de L'Idéal, leader mondial dans la cosmétique, qui veut se débarasser d'une ambassadrice désormais trop vieille (traduction = elle a plus de 20 ans) ; il vient d'avoir ses 40 ans qu'il n'a pas fêtés et arpente le pays mal coiffé, en baskets et pull moulant Zadig et Voltaire, divorcé de sa deuxième femme parce qu'elle avait le même âge que lui. Octave n'a rien contre le fait de vieillir mais préfère le laisser aux autres : accepter de vieillir c'est bon pour ceux qui ne sont pas au pouvoir. Après la publicité, le voilà donc propulsé dans la mode, au coeur d'un nouveau système déshumanisé qui confond mannequins et mouchoirs en papier. Il n'y a que Kate Moss qui soit capable de relancer sa carrière grâce à la coke.

Après une série d'échecs, Octave échoue dans une église dont il connait le pope, et là, ô miracle ! Ce dernier va le lancer sur la piste de la fille d'une fidèle. Lena Doytcheva, 13 ans, attend sagement le retour de Vitaly, et évidemment Octave va tomber amoureux fou de la gamine ingénue. Vous devinez la suite ! Frédéric lui aussi doit être tombé amoureux de Lena puisqu'elle lui sert de prétexte pour changer radicalement de style et se transformer en poète pour celle qui incarne la perfection contemporaine. Et ça lui va plutôt bien : Nabokov et Serge Gainsbourg n'auraient pas fait mieux. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Et Octave, après avoir perdu sa Lolita, retourne chez le prêtre et Beigbeder à son style habituel. On ne vous dira pas la fin pour autant ...

 

FredericBeigbeder.jpg

 

Toujours contradictoire avec lui-même, toujours fidèle à lui-même, toujours aussi pessimiste vis-à-vis de ce qu'il peut rester d'humain chez l'homme du 21ème siècle, non pardon : du consommateur du 21ème siècle, toujours aussi chroniqueur mondain - pilier solide des nuits parisiennes les plus huppées - chouchou de Saint Germain des Prés - bourgeois de Neuilly devenu un écrivain sous ecstasy, Frédéric écrit peut-être avec les pieds et est peut-être à la mode mais ce qu'il dit n'est pas toujours nul. D'une part il n'est ni Hugo ni Baudelaire mais Gainsbourg ne l'était pas non plus. D'autre part Au secours pardon pourrait avoir pour titre Splendeurs et misères des courtisanes nées après la chute du Mur. On ne peut pas être sur-con quand on a été dans la promo Sciences-Po 86. Quoique, comme dirait Anne Roumanoff ... Non, je dérive.

J. S.



mardi, 23 décembre 2008

Courir avec un Arabe 2/2 : en vidéo

Il y a une semaine, je vous parlais des chevaux arabes et du Championnat du Monde du même nom, qui s'est tenu au Salon du Cheval de Paris.

Comme des images valent mieux qu'un long discours, voici mon reportage sur place, en compagnie de l'éleveur et présentateur français le plus connu, Bertrand Vallette. Déjà plus de 5000 vues sur Dailymotion !

Pour l'épisode 1 en texte et en photo, c'est par ici.

 



mardi, 16 décembre 2008

Courir avec un Arabe...1/1

Le weekend dernier au Salon du Cheval de Paris, se tenait comme chaque année le Championnat du Monde du Cheval Arabe. Placé sous le patronage du roi du Maroc Mohammed VI, cette magnifique compétition présente en lice une centaine de pur-sangs arabes, jeunes étalons et juments, qui, s'ils décrochent le fabuleux prix, lanceront leur carrière de reproducteur dans le monde entier.

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De fait, le public qui a boudé cette année le Salon, s'écrasait littéralement devant le Hall 4 de la Porte de Versailles. Les tables du carré VIP, réservées pour la modique somme de 1500 euros -avec des peoples de choix, voyez plus bas les photos- étaient pleines, les propriétaires des chevaux hystériques. Autour de la carrière, l'ambiance est toujours déchaînée : musique arabe, cris pour exciter les chevaux et les pousser à "se montrer beau", c'est un concours hors du commun pour des chevaux hallucinants de beauté.

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Huit chevaux sont retenus pour chaque catégorie, à l'issu d'épreuves qualificatives. Autant dire, les plus beaux du monde. Sept juges scrutent leurs allures, la noblesse de leur port de tête, la beauté de leur corps et leur finesse. Le "handler", le présentateur, a pour mission de présenter son cheval, de le faire courir de la façon la plus naturelle possible. Chaque note est subjective, et bien qu'ils semblent tous plus beaux les uns que les autres, certains sont directement issus de l'irréel, et donc plus dignes de remporter la victoire.

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La légende voudrait que le cheval arabe descende des sept juments préférées du prophète Mahomet. A son tour, il fut le père de tous les chevaux de sang, parmi lesquels le pur-sang anglais. Bonaparte à son retour d'Egypte, ramena des chevaux arabes qu'il mêla aux chevaux de selle français, les rendant ainsi plus résistants et plus fins, et permis également leur élevage pur en France. Le cheval arabe, assez petit (maximum 1,55m au garrot), n'est guère doué pour l'obstacle ou le dressage, mais le meilleur du monde pour l'endurance, puisqu'il est fait pour supporter les dures conditions du désert.
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Les compétitions sont très sévères, mais remportées, elles valent au cheval un prestige et une qualité inestimables. Gagner le Championnat du Monde équivaut au Prix de l'Arc de Triomphe aux courses. Sauf qu'aucun gain n'est en jeu, pas même pour le propriétaire. Il possédera cependant un animal courtisé par tous les éleveurs, pour améliorer la race pure et les croisements.

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Attablés, propriétaires et riches people contemplent le spectacle. Il est plutôt saugrenu et inattendu de croiser dans l'assistance un Charlie Watts tout de tweed vêtu, qui semble un peu s'ennuyer...Après quelques bribes de conversation, il se trouve qu'il n'est pas vraiment fan, mais que sa femme l'est. Alors bon...Chacun sa B.A !
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Que dire encore sur le cheval arabe ? Malgré sa beauté, il était utilisé pour la guerre. Les Arabes qui ont conquis l'Espagne au 12ème siècle et ont atteint Poitiers au 8ème siècle montaient des pur-sangs arabes. Les Croisés les ont sûrement rencontrés. On dit que les guerriers de la Fûrusiyya montaient de préférence des juments, moins fougueuses et moins bruyantes que les étalons, peu discrets et qui donnaient facilement l'alerte...
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Dans la poésie arabe, ce cheval est souvent associé à l'amour. Avec sa grâce, sa finesse, sa fidélité, sa personnalité, il apparaît comme l'image d'un sentiment pur, idéal. Pourtant, de l'avis même des habitants du Moyen-Orient, l'intérêt pour le cheval se perd, dans un monde où tous leurs ancêtres savaient monter. Le cas est un peu similaire en Occident. Est-il naïf de se demander si c'est pour cette raison qu'on ne sait plus aimer ?
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N.B : un grand merci à Aurélien (rendez-lui visite sur son blog) pour son magnifique reportage-photo -il nous a fallu attendre dimanche, mais ça valait le coup !

Un lien vers un article du quotidien algérien El Watan sur la perte d'intérêt pour les chevaux dans le monde arabe.



 

 
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