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vendredi, 30 avril 2010

Montrez vos seins contre l'obscurantisme

Raccourcir sa jupe et montrer le corps glorieux que la Nature a (parfois) donné aux femmes, m'a toujours semblé la solution la plus drôle et percutante pour faire face aux obscurantistes de tous bords (j'ai bien dit : de tous bords) qui estiment qu'une femme se doit d'être discrète et effacée, voilée ou cachée, afin de ne pas corrompre les hommes et respecter les bonnes moeurs (en clair : ne pas déambuler comme une femme fatale dans la rue au risque de filer la gaule à tous les mecs qu'elle croise, ces messieurs semblant un peu mal à l'aise avec ça).

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L'action individuelle s'est faite collective, grâce à l'initiative d'une jeune étudiante américaine en biologie. Celle-ci a trouvé, sans doute avec de nombreuses personnes dans le monde, que les réflexions de l'ayatollah Kazem Sedighi, imam de la prière du vendredi de Téhéran, sur les causes des catastrophes naturelles et des séismes, prêtaient à rire ou à pleurer. Je le cite :

"Les catastrophes naturelles sont le résultat de notre propre comportement".

"Beaucoup de femmes mal habillées" (ne respectant pas la tenue islamique, ndlr) corrompent les jeunes, et l'augmentation des relations sexuelles illicites fait accroître le nombre des tremblements de terre".

Toutes ces belles idées sont à lire ici sur la dépêche de l'AFP.

Notre étudiante, en bonne chercheuse, a donc décidé de faire l'expérience : Jennifer McCreight a invité toutes les femmes du monde à afficher des tenues à faire se damner un saint (jupes courtes ou décolletés, voire les deux pour les plus audacieuses) pour voir si ça faisait péter l’échelle de Richter. Elle a appelé ça ‘Boobquake’, le séisme de seins. Pas con, non? En tout cas, certains ont dû être ravis de l'initiative !

L'idée a été lancée mardi 26 avril. Le dernier séisme qui a frappé le Chili date, lui, du vendredi 23 avril. 3 jours avant donc. Impossible de mettre en cause l'exhibition de seins et de gambettes.

Pour lutter contre l'obscurantisme tout en satisfaisant vos tendances exhibo et votre envie de faire de votre collègue de bureau votre prochain plan cul, vous avez : la page Facebook, le T-Shirt, et même la chanson (ci-dessous).

Montrez vos seins que diable, c'est pour la bonne cause pour une fois!

 


lundi, 26 avril 2010

Green Zone, zone interdite : LE film de l'année ?

Green-Zone-Affiche-France.jpg

Excessif dit que c’est le film d’action de l’année. Excessif exagère : Green Zone est LE film de l’année. Quant au mot action c’est surtout pour attirer le public, une excellente idée d’ailleurs vu le film et le sujet.

Au milieu d’une période qui ne s’arrête plus en nombre de films plus ou moins liés à la guerre d’Irak (The ghost writer, Démineurs), Green Zone fait passer définitivement le sujet du documentaire au film. Tout en étant peut-être même plus documentaire que les autres puisque tous les rôles des soldats américains, sauf trois, sont interprétés par des vétérans d’Irak. Trop violent et réaliste pour être pacifiste, ne prenant pas assez parti pour être politique, le film n’est en réalité même pas anti-américain puisque Roy Miller (Matt Damon), malgré son incompréhension de cette guerre qui n’a pas de raison(s), sera toujours le soldat américain au service de son pays. Pas au service du gouvernement, au service du pays. Tout comme son traducteur, sorte de double irakien de Roy.

Racontant l’histoire d’un commandant qui ne comprend pas pourquoi il attaque des sites dits dangereux qui sont en fait des fabriques de porcelaine et pourquoi il est venu tuer ces gens qui n'ont même pas d'eau ni d'électricité pour vivre, Green Zone montre comment le personnage entre un jour dans la zone verte, là où se sont réfugiés les véritables chefs de la guerre, ceux qui n’ont aucun intérêt à ce les Américains sachent la vérité et ceux qui cherchent la vérité. Le film tourne progressivement au thriller dont le but sera de retrouver ce lieutenant de Saddam Hussein qui avait pourtant garanti aux Américains qu’il n’y avait plus la moindre arme de destruction massive en Irak depuis la guerre du Golfe. Mais savoir le pourquoi du comment, pourquoi le gouvernement américain a inventé ce mensonge et déclenché cette guerre, on ne le saura pas. Paul Greengrass et Matt Damon ont beau poser la question, on a beau chercher la réponse avec eux, il n’y a au fond pas la moindre réponse.

greenzone.jpgAvec sa confusion totalement volontaire et ses dialogues méritant l’Oscar, avec son réalisme et sa violence exprimés non pas par le fait de montrer les choses telles quelles mais pas une réalisation brillante et aussi hallucinante, après Vol 93 du même Paul Greengrass et l’engagement de Matt Damon à l’époque des faits, Green Zone n’est pas là pour vous laisser le temps de respirer. Sauf vers la fin, mais pour recommencer encore plus fort. Rien que la première séquence du film vous clouera sur votre siège et vous n’espérez plus qu’une seule chose : que ce cauchemar finisse et que Roy se fasse tuer, ou renvoyer pour désobéissance, c’est ce qui pourrait arriver de mieux au personnage et au spectateur. Preuve que ce film n’est pas « juste un film » … Mais heureusement ça n’arrivera pas.

Pour une séance de 13h un mercredi, il y avait quand même beaucoup de monde dans la salle. D’autant plus que, contrairement à La rafle et ses bonnes intentions pour son résultat désastreux, personne ne leur a demandé de venir. Green Zone c’est vraiment le film qu’il fallait faire et on s’étonne qu’il arrive aussi vite …

Jul

 

 

jeudi, 22 avril 2010

Comment Benzema s'est-il payé Zahia ?

La vision d'un collègue et pote dessinateur à ses heures perdues sur LE buzz du moment :

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Retrouvez les autres dessins de Maxime sur son blog BD : http://leblogdumiaou.blogspot.com/

vendredi, 16 avril 2010

Bobo, le prolo aura ta peau !

delanoe-liberation-06-05-20.1210075494.jpgComme des milliers de Parisiens et de banlieusards (puisque ce sont les premiers concernés), j'ai découvert avec horreur le nouveau plan machiavélique que Bertrand Delanoë compte mettre en place d'ici 2012 : fermer une partie des voies sur berge de Paris.

Rappel : c’est George Pompidou, alors président de la République, certes adepte de l’automobile qu’il considérait comme un progrès, qui a créée les voies sur berge au début des années 70. Avec la volonté évidente de désengorger le centre de Paris et de permettre d’accéder rapidement, même aux heures de pointe, de la porte de Saint-Cloud à la porte de Bercy.  Soit 13 km de voies.

Oh certes, Delanoë, craignant déjà la vindicte populaire, nous vend le truc en expliquant qu’on ne fermera «que» 2 km de voie, et que le temps du trajet ne sera rallongé « que » de 7 minutes… Je brûle de savoir où habitent ses statisticiens.

Monsieur Delanoë se trompe de colère : s'il n’avait pas joué les baron Haussmann en explosant les grands boulevards à coup de couloirs de bus et de vélo, réduit les places de stationnement pour faire des parkings à Vélib’,  la circulation serait déjà plus fluide. D’avis de vieux Parisiens, on a jamais aussi mal roulé dans la capitale que depuis l’avènement du maire socialiste. Et ce n’est pas la faute à la bagnole.

On avait déjà Paris plage pour nous pourrir l'été parisien, on s'attendait à Paris ski... Eh ben non ! On nous a prévu pire ! Le bordel généralisé en "surface", sur les grands boulevards, dans les rues à sens unique, sur le périph' déjà saturé aux heures de pointe... tout ça pour qu'une poignée de connards embrigadés par la dictature verte puisse aller faire du roller et promener leur bouledogue sur les quais de Seine.

la-carte-des-projets-de-reconquete-des-voies-sur-berges-a-paris-4417994ikpva_1713.jpg

Les lieux où comme les chiens, Delanoë compte laisser sa trace (Droits : Mairie de Paris)

Mais vous, qui vous avez besoin de votre voiture pour bosser, transporter des personnes âgées et/ou handicapées, déposer vos enfants à l'école, aller à la campagne ou en banlieue voir vos potes ou votre famille, banlieusards qui avez le malheur de ne pas habiter une banlieue bien desservie par les transports en commun (lents, en retard, en grève, parfois vétustes, et attention, ne vous plaignez pas !)

vous qui n'appartenez pas à la conception delanoeinne du Parisien idéal, à savoir : bobo, célibataire ou en couple, friqué, qui prend son petit Vélib' rue des Archives (4ème arrondissement) pour aller bosser dans sa petite boîte de pub/mode /whatever rue Réaumur (2ème arrondissement),

Delanoë vous le dit franchement et sans langue de bois : vous pouvez aller vous faire foutre.

Delanoë ne compte pas se représenter à la mairie de Paris en 2014, mais comme les chiens, veille à laisser une trace durable de son passage dans la capitale.

D’ailleurs, Denis Baupin l'avait prédit : il allait faire vivre un enfer aux automobilistes.

Je rêve du vaste soulèvement populaire qui leur répondra : « c’est à vous que nous allons faire vivre un enfer ».

Puisque nous sommes en démocratie, du moins en théorie, j'ai usé de mon droit à la liberté d'expression en ouvrant un groupe sur Facebook, et dont voici l'adresse : http://www.facebook.com/group.php?gid=113303845359257&...

afin de réunir le maximum de gens également convaincus que ce projet est une catastrophe en puissance, qui nous fera détester encore davantage Paris pourtant plus belle ville du monde, qui deviendra effectivement un Enfer pour presque tous et le soi-disant « Paradis » de quelques-uns.

Dans notre époque qui ne croit plus aux utopies qui peuvent changer le cours des choses, et dans ma grande naïveté, j’espère réunir ici une véritable horde de mécontents, armés d’initiatives sérieuses et efficaces pour, qui sait, soyons fous, faire regretter à Delanoë jusqu'à la pensée même de l'idée qu’il a présentée sur RTL devant Jean-Michel Apathie, le mercredi 14 avril 2010.

Pour paraphraser le célèbre titre de Libé en 2001, je lance ce cri de guerre : "Bobo, le prolo aura ta peau!"

samedi, 27 mars 2010

Malice au pays des merveilles

johnny.jpgQue pouvait-on attendre d'un film estampillé Disney ? Pas grand chose c'est vrai, en tout cas pas la subversion, l'absurde, la folie et l'ambiguïté malsaine que la plus célèbre version d'Alice au pays des merveilles (pourtant de Disney), datant des années 50, faisaient jaillir en 50 minutes chrono.

Pourtant, on avait pensé à coller Tim Burton à la tâche. On y croyait donc. On se prenait à rêver, comme Alice, d'un pur délire qui aurait fait de sa dernière réalisation un chef d'oeuvre baroque de folie, de réflexion sur l'inconscient et de poésie pures.

Le constat est amer : la machine Disney n'est pas là pour faire dans la subversion, mais au contraire pour stériliser les talents et endormir les esprits dans une langueur sucraillée. Y compris ceux de Burton, sagement rentré dans le rang. A croire qu'avec Alice, il a payé sa dette envers ses anciens employeurs qui l'avaient viré quelques années plus tôt, incapables qu'ils étaient de comprendre le Fou génial.

alice.jpg

En payant 12,30 euros pour aller voir Alice au pays des merveilles en 3D, outre la désagréable sensation de me faire e... (et sans tendresse, en plus), j'ai eu l'impression de voir Shrek 4 en avant avant-première. Il y a certes un scénario, au combien indigeste par sa lourdeur : les gentils amis d'Alice contre les vilains ennemis que sont la Reine de Coeur (l'un des rares personnages qui a échappé à la dénaturation) et son valet. De gentils amis ? Depuis quand Alice en a ?!  Le dandy Dodo n'est plus que l'ombre de lui-même, le Lapin n'est plus râleur et est devenu pelucheux, le loir n'a plus peur du mot « chat »... Alice, qui était l'intruse, l'étrangère, « l'autre » dont on se méfie parce qu'on ne la connaît pas, et qui tout le long de son rêve se faisait maltraiter par les créatures qu'elle rencontrait, ne se balade plus au pays des merveilles, mais au pays des bisounours.

Le blasphème atteint son comble avec la plus maléfique des créatures de l'ancien Alice, le chat du Cheshire, aussi fourbe et traître que son comportement ambigu le lui permettait dans l'ancienne version, devenu une sorte de Chat potté rondouillard et gentillet, qui aimerait bien piquer son haut de forme au Chapelier, mais qui... bon... lui rend finalement à la fin du film. Insulte suprême à la nature même des personnages originaux !

On peut porter au crédit de Burton des décors et une photographie magnifiques (son obsession des arbres torturés et des lumières mordorées s'en donne ici à coeur joie), et un rôle sur mesure offert à Johnny Depp, qui fait ce qu'il peut pour sauver le film, bien qu'il soit gratifié d'une pathétique danse finale qui ferait pleurer de rire les pires imitateurs de Michael Jackson.

Alors oui, on nous rappellera que le film est fait pour des enfants. L'ancien Alice aussi l'était. Et il distillait une toute autre atmosphère. La morale de cette version-ci est abjecte et presque criminelle : alors qu'on rêverait qu'Alice reste au pays des merveilles, où elle pourrait forniquer à loisir avec un Chapelier fou (qui ne rêve que de ça lui aussi, seul élément un peu subversif du film trop peu exploité), la sage Alice de 19 ans préfère retourner dans la réalité, et vivre une grande aventure autour du globe. Enfin en clair, s'associer avec l'ami de son père et aller au turbin.

chapelier.jpg

J'étais à deux doigts de m'excuser pour aller vomir. Avec ce film pour enfants, on peut être sûr que la créativité ne poussera pas dans l'esprit de nos chères têtes blondes, qu'on aura pris soin de mettre dans le droit chemin.

Le message de Disney est clair : contre votre argent, on vous offrira 2h de rêve, mais évidemment, dès que les lumières se rallumeront, il vous faudra bien retourner à votre vie merdique de labeur et d'esclavage. Jusqu'au prochain rêve que nous vous offrirons.

Et bien, pour ma part, ils peuvent se le carrer bien profond. Et vous leur direz que je serai en retard.

 

jeudi, 11 mars 2010

Conte facile (Gainsbourg, vie héroïque)

photos-culture-cinema-serge-gainsbourg-vie-heroique-en-images-Je-t-aime-moi-non-plus_galleryphoto_paysage_std.jpgS’attaquer au mythe Gainsbourg, c’est un peu comme faire un biopic sur De Gaulle, Napoléon ou Edith Piaf : c’est risqué, car c’est la France et Paris en un seul être. On ne saurait trouver sujet de premier film plus modeste…
Joann Sfar essaie de contourner la difficulté en utilisant ce qu'il connaît le mieux : la BD, le dessin, le rêve, le conte. D'ailleurs, ce film n’en est pas un : c’est un conte. Celui du petit garçon/crapaud qui rencontrera de belles princesses et trouvera la gloire en chansons. Vie héroïque, on vous dit, métaphoriquement représentée par une plage que l’on foule de l’aube jusqu’au couchant. C’est une des belles idées du film, qui en compte trop peu.
Etiquette facile d'ailleurs que celle de conte : elle permet forcément à Sfar quelques libertés, quelques interprétations personnelles, d’autant plus justifiées que l’on connaît peu Lucien, et bien mieux Serge. Pari facile : le petit Lucien a déjà son impertinence, son érotomanie et sa poésie, mais aussi ses frustrations, ses drames, sa tristesse face aux moqueries, qui le marqueront à vie et expliqueront beaucoup de ses futures provocations. Raccourci facile ?

En même temps, à part le plaisir gratuit du jeu de mots dérivé de « 69, année érotique », qu'a-t-elle de plus héroïque qu'une autre vie d'artiste, celle de notre Gainsbarre national ? 

Lucien Ginzburg a deux choses à vaincre : sa judéité et sa laideur, l'une, à son sens, dépendant de l'autre. Ca aussi, ça fait partie du conte : le héros part forcément mal dans la vie. « Je peux te prendre la main ? », demande t-il, enfant, en voix off à une gamine. « Non, t’es trop02607354-photo-gainsbourg-vie-heroique.jpg vilain. », lui répond la gueuse. Le drame et la victoire de la vie de Gainsbourg est résumé en deux phrases, dès l’ouverture du film. Car tout le monde sait qu’en dépit de sa laideur, Lucien Ginzburg croula toute sa vie sous les femmes, sublimes et qu’il a sublimées. Comme on connaît tous l'histoire, on sourit. L'excellente première partie du film s'ouvre alors, telle un album du « Chat du Rabbin », avec toute sa ravissante poésie, drôle et sensuelle, soutenue par de magnifiques orchestrations instrumentales des chansons du maître, et nous fait découvrir un Lucien tendre, timide et méconnu (le passage avec les orphelins par exemple est excellent). Il n'y a aucun risque avec celui-là, il n'a jamais servi. Tout est permis.


« Mais dès qu’il se met au piano, tout le monde la ferme ». De Lucien le sale gosse qui ne voulait pas s'exercer au piano, à ce timide musicien prodige, qui considérait l’art qui le rendit célèbre comme mineur, peintre frustré qui mena la vie de bohème, une lutte ambiguë s’engage avec « sa Gueule » (la judéité, la veux-tu la voilà) qui l’entraîne vers le succès et la provoc’. C’est le seul riche ressort du film, et il disparaît malheureusement dès que Serge bascule du côté Gainsbarre, plus connu… et donc moins jouissif. La deuxième partie du film n’est qu’une succession de passages obligés de la vie de Gainsbourg (Jane, Charlotte, la Jamaïque, la Marseillaise, Bambou), que Sfar se dépêche d’enchaîner avant la fin du film, tombé dans le biopic facile. Dommage… On nous laisse conclure un peu seuls que le musicien/crapaud s’est bel et bien transformé en prince.

« Le soleil est rare, et le bonheur aussi… »

Ah si. Heureusement, on nous rappelle qu’à la fin, il reste la lumière et la valse de Melody.

Sfar.jpg

 


 
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