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mercredi, 04 avril 2012

"On va te faire la mort dans les urnes"

C'est fugace mais si ça pouvait augurer de ce qui va se passer dans moins de 3 semaines...


Sarkozy se fait traiter de "Pauvre con" à la... par Spi0n

Et il remercie. En plus ! Peut-être le seul point positif de son bilan : il aura appris à tenir sa langue en public.

mardi, 06 mars 2012

Lettre ouverte à une ancienne idole

Bruce_Springsteen_bruce.jpegTrès cher Bruce,

c'est une sale habitude que j'ai prise d'écrire (in)directement aux artistes que j'aime/aimais bien. Depuis le temps que j'ai ouvert ce blog, je n'ai pas beaucoup parlé de toi, et ce n'est pas te faire justice. Mais je vais t'expliquer pourquoi.

J'ai une bonne raison de t'écrire aujourd'hui. Tu sors ton 17ème album cette semaine ; comme il se doit, je suis en train de l'écouter tandis que je t'écris. Et franchement, pour l'instant, je n'en sauve rien. Ca rentre par une oreille, ça sort par l'autre. Pire : j'ai même zapé une chanson avant la fin. Et c'est comme ca depuis 2007 et l'album de cette année-là. Je dois remonter à 2002 et The Rising pour trouver un album studio avec le E Street Band qui soit dans la veine de tes précédents (Devils and Dust, dans la veine de Nebraska et The Ghost of Tom Joad, ne m'avait pas déçu. Dans la folk, tu restes encore maître). 

Mais je crois qu'il faut que tu revois tes fondamentaux et ta propre mythologie. Qu'est ce qui ne va pas ?

La voix ? Non, toujours aussi rocailleuse et sensuelle quand elle veut.

L'orchestration ? J'avoue que les violons de bal musette irlandais ça me saoule un peu depuis le Seeger Sessions. La chanson éponyme est pas mal cependant, dans sa vaine tentative d'imitation des Dropkick Murphys.

La rythmique alors ? Toujours la même... Franchement Bruce, rien que sur Darkness on the Edge of town, c'était l'épiphanie à chaque chanson, aucune ne ressemblait à l'autre. Même les kitscheries de Born in the USA passeront mieux l'épreuve du temps que ces chansons du présent.

Et puis... et puis... Je ne sais pas. Il manque quelque chose. D'assez indicible, je l'avoue, du coup ça ne rend pas ma critique très efficace. Pour faire simple, je dirai que tout ça sent terriblement le conformisme. Tu nous as tellement habitué à mieux que la déception est grande.

Que veux-tu, je suis super nostalgique de cette époque fabuleuse où chacun de tes albums avait sa personnalité, son atmosphère. C'était noir et en même temps terriblement optimiste, les balades étaient lumineuses et paisibles comme un soir d'été, les chansons plus rock te réveillait un macchabé. En comparaison de ce que j'appelais, à l'époque, les « musiques de suicidé » (Nirvana, Joy Division, par exemple, grâce auxquelles la dépression des auteurs te rejaillit dans la gueule sans que tu n'ais rien demandé) ta musique donnait la rage de vivre. Quand on t'entendait, on était heureux d'être vivant. Sans exagérer, je crois que c'est ce sentiment, dont tu n'es, peut-être, pas très conscient, qui a « sauvé » bon nombre de tes aficionados.

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In Candy's Room

"In Candy's Room, there are pictures of her heroes on the wall..."

Ma première écoute de tes chansons, c'était en 95, avec le Greatest Hits et le single « Secret Garden ». A 11 ans, on percute pas encore. 4 ans plus tard, j'ai redécouvert l'album entier, et à partir de ce moment là, je t'ai idolâtré pendant près de 10 ans. Sans déc. Il n'y avait pas meilleure fan que moi (à peuvre : je voulais me marier avec toi. Tu vois ça d'ici). Les posters collectors chinés aux puces, les vinyls, les disques évidemment, ma collection de bootlegs patiemment concotée, pour laquelle je passais des heures à rechercher les covers de chaque live sur des sites italiens (chacun sa geekitude adolescente, pour d'autres c'était Blood Bowl)... Je me levais la nuit pour écouter tes disques ou chercher des photos de toi en catimini des parents, tout en faisant exploser le forfait Wanadoo 10h/mois. T'en as vu où des fans comme ça ?!

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Voilà un bon résumé photographique de tes chansons, et de ce qu'elles signifient pour moi : lumière, bonheur, et rock n'roll.

Mais c'est qu'à cet âge de merde, on se sent tellement mal qu'on a besoin de quelqu'un qui puisse nous faire partager son expérience, nous montrer que croire rend les choses possibles, nous aider à construire notre personnalité, à savoir ce qui nous branche dans la vie, et ce qui nous branche pas. Quel look on veut avoir, quelle attitude on va se donner, bref, tu vois le topo. Eh ben à cette époque là, c'est toi que j'ai trouvé. Pourquoi ? Va savoir... Le cheminement a été bizarre, il y a eu avant toi Queen, les Beatles et les Rolling Stones. Elvis, je ne le compte pas, c'est comme se demander pourquoi on respire, on ne peut pas faire autrement. Par extension, David Bowie et George Michael (ma période gay?) Mais ce fut toi le détonateur. C'est comme ca. J'ai essayé ton illustre précédesseur, Bob Dylan : chiant (je n'ai pas le snobisme de mentir et de me pâmer sur ses chansons : à part l'album Desire et les « essentielles », je me fais chier avec Zimmerman). J'ai essayé les Pink Floyd, même verdict. Et puis d'autres, moins essentiels peut-être. Je ne sais plus. De toute façon, quand on regardait ma discothèque, on avait plus vite fait de compter ce qui n'était pas de toi.

Comment te dire...Tes chansons, elles avaient quelque chose de cinématographique. Ecouter tes chansons, c'était aussi bon que voir un vieux Scorcese, Macadam Cowboy, ou ChinaTown. Tu vois le genre ? Il y avait une âme, ton âme, dans ces chansons. On sentait, savait tout de toi rien qu'en t'écoutant. Je n'ai jamais vécu une expérience aussi sensuelle et éloignée avec un artiste, et je crois d'ailleurs que ça ne se refera plus jamais, parce qu'il faut avoir une certaine innocence, celle de l'adolescence, pour être assez réceptif et sans à priori. Sans oublier bien sûr que l'expérience live était du 10 000 volts pur (d'où la collec de bootlegs, parce que chaque interprétation avait sa valeur).

 

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Ton époque testostéronée... J'adorais. 

Alors voilà, comme toujours, on embellit le passé. Ces albums qui ont été la B.O de tant de souvenirs et d'événements pour moi se sont forcément sacralisés, mais il me reste tout de même mes oreilles et mes tripes.


Et à l'aune de tout ça, je crois pouvoir me permettre de te dire qu'à l'écoute de Wrecking Ball, il n'y a rien qui remue, et rien qui reste dans la tête. Et ça fait depuis 2007 que j'ai décroché. Ce n'est pas uniquement la découverte du métal qui a fait ça. La brutalité musicale et la rythmique tellurique ne m'empêchent pas d'aller regoûter à des mets plus délicats et délicieusement pervers pour l'âme ; ainsi Neil Young, un de tes maîtres. C'est vraiment que la page des jours glorieux de tes chansons peuplées d'amants maudits, de Ford Mustang ou de Buick pourries dans les no man's land des Etats-Unis, de rebelles qui se font la banane devant la glace avant d'aller choper, et sans oublier tous ces fabuleux poèmes dépressifs et contemplatifs, est définitivement tournée.

bruce springsteen,wrecking ball,rock,e street band,amérique,société,rage,darkness on the edge of town,born in the usa,born to run,nebraska,ghost of tom joad,steinbeck,tom joad,usaEn fait, c'est ça le problème : dans ton grand génie, tu captes réellement bien l'esprit de ton époque. Dans les années 70, rebelles, ténébreuses et dans un certain sens, magiques, tu était à leur image, et tes chansons aussi. Plus pop dans les années 80. Résolument en colère et pessimiste en 2002 dans cette Amérique post-11 septembre. Et depuis... le cinéma est globalement chiant, la littérature, n'en parlons pas, et ben ta musique s'en ressent. Toutes les critiques te disent en colère. Ah bon ? Bah merde, t'as la colère bien pépère aujourd'hui. 

Alors évidemment, les ¾ de tes fans s'en foutront, tu pourrais réciter le Bottin qu'ils trouveraient ça génial et continueraient à débiter la liste de tes albums année par année pendant qu'ils font la queue devant la salle de concert. Moi je file me remettre Thunder Road ou State Trooper. Car rien que pour avoir écrit « it's a town full of losers, and I'm pullin' outta here to win », tu as ma gratitude éternelle. Cette phrase, qui est pour ainsi dire le résumé de ta philosophie de jeunesse, elle fut un putain de moteur pour moi, et après tout, c'est tout ce qu'on demande à de la bonne musique.

Voilà, l'album est fini.... J'aime bien la fin. Ah merde, tu fais une reprise de Land of Hope and Dreams (live de 2001) ou j'ai mal entendu ?  

Sans rancune ? Je t'aime toujours.

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Moi aussi, j'écoute toujours Greetings from Asbury Park, NJ avec nostalgie...


P.S : je vais me foutre à dos tous tes fans, mais je m'en fous. Et j'emmerde Télérama. Fais une bise-prière à Danny et Big Man pour moi. 


 

mercredi, 22 juin 2011

Bono, quand est-ce que tu refais de la musique ?

lying on warehouse floor, writing, close-up–'U2 Rattle & Hum - The official book of the U2 movie'–[home8.inet.tele.dk].jpgMon cher Paul,

tu permets que je t'appelle Paul, puisqu'après tout c'est ton vrai prénom. Arrêtons 5 min les faux-semblants et les mystifications diverses, laisse tomber ton pseudo et tes lunettes fumées derrière lesquels tu te caches depuis trop longtemps maintenant pour être resté honnête.

Ceci n'est pas une lettre de fan dont de toute façon tu n'as rien à battre, puisqu'elle ne te rapportera rien. Pas un kopeck. C'est une lettre de dégoût de quelqu'un qui aime la musique, dirons-nous. Car à une époque, tu faisais de la musique. Si, si, rappelle-toi, je sais que c'est très loin, mais essaie quand même. Souviens-toi de l'époque où on pouvait venir te voir pour 19$ :

 

 

Aujourd'hui, voilà ce que tu donnes sur scène :

 

 

C'est pas beau n'est-ce pas ? Oui... Je suis assez d'accord.

Le dégoût, mon cher Paul, c'est quelque chose qui se nourrit chez les gens par l'accumulation. On en rajoute un peu plus à chaque fois, jusqu'à l'écoeurement. Au bout du compte, on dégueule.

Il y a à peine 2 jours, l'écoeurement a été à son comble, et pourtant, ça n'avait rien de surprenant : ton groupe venait d'exploser les Rolling Stones, en accomplissant la tournée la plus lucrative de l'Histoire. Vise un peu : 700 millions de dollars et des poussières avec le 360°Tour. Une tournée à côté de laquelle le Zooropa Tour, avec ses écrans, ses Traban suspendues, et ta mégalomanie plutôt rigolote, faisait l'effet d'une kermesse d'école. Non, là, les billets se vendaient au plus bas (et pour une vision de merde) à 60 euros, la tournée était sponsorisée par Blackberry et Live Nation, elle est méga polluante puisqu'elle nécessite 120 camions (toi qui chantait dans Where the streets have no name "I want to feel, sunlight on my face/I see that dust-cloud disappear without a trace/I wanna take shelter from the poison rain") et toi et ton groupe, vous étiez encore un peu plus isolés de votre public. Tant à cause de la disposition de la scène que, surtout, de votre mine inexpressive au possible. A croire que venir jouer devant des millions de cons qui vous aiment (encore) est devenu pour vous comme venir au bureau pour moi : un truc chiant.

Mon cher Paul, je te déteste d'autant plus aujourd'hui que je t'ai adoré hier. Je te déteste pour ce que tu as fait aujourd'hui de ton groupe, surtout quand je me souviens de ce qu'il a été. Tu me fais vraiment chier, parce que ça fait mal au coeur de voir des musiciens qui avaient des idées devenir de vieux patrons qui n'ont plus rien à dire. De voir ceux qui jouaient hier avec BB King enregistrer des chansons avec David Guetta. Et ce n'est pas seulement parce que vous deviendriez gâteux.

bono-rania.jpgJ'ai pu supporter un temps ton pseudo engagement de chef d'Etat de pacotille pour la cause africaine, le sida. Si dans les années 80, c'était sans doute une démarche sincère, aujourd'hui, j'en doute fort, surtout quand ça prend le pas sur la musique et que, depuis longtemps, tu as troqué les fringues de gitan du Joshua Tree Tour 87 pour celles d'un VRP de luxe qui prend ses vacances au Cap Nègre. Mais bon, j'y arrivais encore, même après t'avoir vu en concert en 2005, date à laquelle ton groupe était déjà foutu.

Tes petits mic-mac avec divers chefs d'Etat, ta façon d'entretenir l'image d'Africains incapables de se démerder seuls (ça t'arrange bien, sinon ton business avec RED s'écroule), tes parts dans Facebook,  le scandale fiscal que vous vous traînez (non parce que, faut pas déconner, on engrange un max de pognon, mais on veut pas payer nos impôts en Irlande), et toutes tes conneries débitées à longueur d'interview (compilées ici, en partie, par le célèbre critique rock Dave Marsh, que tu devrais lire plus souvent : http://www.counterpunch.org/marsh03092007.html), tout ça, ça s'est bien accumulé. Ah, et puis dans un coin du Net, j'ai trouvé ça aussi : http://www.paperblog.fr/1239047/u2-les-photos-de-bono-qui... C'est ta femme qui doit être contente.

Mais tout ça pouvait encore passer, si au moins toi et ton groupe, vous aviez été capables de rester intéressants musicalement.

No line on the Horizon est je crois le pire album que vous avez pondu depuis Pop (et encore, là dessus, il y avait des trucs cools). Je n'ai même pas été capable d'écouter une seule chanson jusqu'au bout. Et c'est avec ça que vous remplissez les stades et faites la tournée la plus lucrative de l'Histoire ? Non parce que, ne viens pas me dire que c'est aussi pour les vieux standards qu'on vient vous écouter, et pour votre sincérité, votre communion avec le public. Ne te fous pas de moi. Tu sais comme moi que c'est terminé depuis bien longtemps, et que si on vient pour ça, on risque fort de ressentir une drôle de douleur entre les fesses en sortant. D'autant plus douloureuse qu'il n'y avait aucune tendresse, en plus.

Mon cher Paul, j'en conclus donc que toi et ton groupe, non seulement vous avez érigé l'hypocrisie en art majeur, à défaut de votre musique, mais en plus, vous vous foutez de la gueule de votre public. Tu lui vends de la merde, et même pas avec le sourire, vu que tu tires toujours la tronche depuis quelques années... Et tes cons de fans indéfectibles te remercient en t'enrichissant davantage. Ce qui, vu ta tête sur scène, n'a pas l'air de te rendre plus heureux. Ca n'enrichit d'ailleurs pas non plus tes idées musicales, et c'est vraiment ça le plus triste.

Fut un temps, tu t'habillais comme un sac, tu t'étais fait un pseudo look de mexicanos avec galure, bretelles et ceinture de tissu, boucle d'oreille et cheveux longs. Je ne parle même pas de ta période mulet. Tu te jetais dans la foule, tu confiais que tu bandais grave quand tu sentais que la fille que tu faisais danser dans le public tremblait dans tes bras. Toi et ton groupe, vous pouviez enregistrer 269 fois une chanson avant qu'elle soit parfaite (elle est sur Rattle and Hum, tu sais de laquelle je parle). J'ai même relu une critique de concert de Laurent Chalumeau dans un Rock and Folk de 85 (là, on est dans la Préhistoire), qui te trouvait gauche, nullard, nasillard, mais justement tellement bon à cause de ça, parce que plus t'étais mauvais, plus tu en faisais des tonnes, et tu en devenais beau. Chalumeau concédait déjà que tu méritais mieux que ton public d'ados. Le croirais-tu ? Ce qui te sauvait, toi et ton groupe, c'était votre putain de sincérité. Là, tu faisais du rock n'roll. Maintenant, tu ne fais qu'amasser du pognon à peu de frais, et tu n'en branles pas une sur scène. Echec total, non ?

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Un jour, j'ai lu cette phrase de The Edge parlant d'Elvis : « Je n'ai aucune ambition à devenir gros et paresseux comme lui à la fin de sa vie. » Edge, je l'adore. Ca a toujours été lui, le musicien du groupe. Mais tu pourras lui dire de ma part qu'aujourd'hui, il est aussi paresseux qu'Elvis, et que malheureusement pour lui, et pour vous, vous ne laisserez pas la même trace dans l'histoire du rock. Note bien, c'était peut-être pas votre ambition. Tant mieux, parce que si cela avait été le cas, c'est raté. Vous avez décroché à un moment, je sais pas, les années 2000 vous ont fait flippés. M'est avis que vous auriez mieux fait de jeter un coup d'oeil en arrière. Quand on vous regardait en 87, on pouvait se dire que vous resteriez sur le bon chemin, même en faisant des projets ambitieux et décadents comme Achtung Baby. Mais non. Vous avez choisi de faire de la merde. Plein de groupes le font, c'est vrai, mais ce n'est pas une excuse.

On sait que vous ne ferez plus jamais un bon disque, ni même une bonne chanson. Vous l'avez fait « avant ». Votre chef d'oeuvre, vous l'avez fait en 1987, avec une parenthèse enchantée jusqu'en 92, après... Le désert, avec quelques oasis et mirages par-ci par-là.

Alors, outre la vacuité musicale de ton groupe, ce qui reste le plus impardonnable, mon cher Paul, c'est que tu profites de ta position pour nous servir ta soupe de politicard insupportable. Tu ne peux pas te contenter de chanter (mal aujourd'hui, d'ailleurs) et de compter les rangs pour estimer l'ampleur des gains ?

Au moins, là-dessus, fais comme les Stones : prends l'oseille, et tire-toi.

Merci, cher Paul, de considérer un peu la question.

 

 

mercredi, 16 mars 2011

Lady Gaga va sauver le Japon

Avant, c'était Bruce Willis qui sauvait le monde de l'Apocalypse, à l'écran. Aujourd'hui, c'est dans le monde réel, et c'est Lady Gaga qui joue les sauveuses. Cette fois, elle va sauver le Japon. Elle a cette prétention. Car Lady Gaga n'est pas humaine. C'est une envoyée de Dieu.

Hier soir, j'ai reçu ça par mail :

 

newsletter-lady-gaga1.jpg

Déjà, je ne pensais pas que l'achat d'un tshirt des Guns me prédisposerait à recevoir ce genre de trucs... Mieux que l'archange Gabriel pour faire passer des messages divins.

Au secours.

Où s'arrêtera le marketing à outrance ? OK, on sait que la lady se pique de jouer les dames patronnesses, qu'elle porte une robe en viande pour pousser au végétarisme, qu'elle écrit des chansons pour soutenir la cause gay... et, donc, qu'elle invite « tous ses petits monstres » (et les autres hein, pourquoi pas), à prier pour le Japon en claquant du fric pour un bracelet. Et, au passage, à s'extasier sur sa grandeur d'âme. De Mère Teresa, on est passé à Mother Monster...

Stratégique : dans 2 mois, lady Gaga sort son nouvel album. Ses singles font déjà un carton, mais sait-on jamais, rajouter une petite louche entre temps pour ne pas se faire oublier, ça ne mange pas de pain. Mais il y a des limites.

Ooh, certes, on précise avec force que tous les dons iront à l'aide sur place au Japon, et non dans la poche de la chanteuse ou d'Univers Sale. On peut y croire, le problème n'est même pas là. Il est dans l'invasion constante de la publicité, et l'aspect abject de la chose, c'est qu'elle n'a aucun scrupule à se servir de tout, même d'une catastrophe pour arriver à ses fins (soutenir son artiste et faire vendre davantage).

Franchement : une pop-star déjà richissime comme lady Gaga ne peut-elle pas tout simplement « faire la charité » discrètement, sans avoir besoin de parasiter les boîtes mail de ses fans (et éventuels sympathisants) ? Bien sûr qu'elle le peut. Mais c'est tellement plus « in », tellement plus « happening », tellement mieux pour faire parler de soi, de balancer une petite lettre...

Ca m'écoeure qu'on se serve de trucs pareils pour me pousser à aller sur iTunes. Ca me fait chier qu'un artiste me sollicite. D'ailleurs, en général, ça me fait chier qu'on vienne me tirer par la manche. Merde : on ne peut pas laisser chacun exprimer son libre arbitre dans ce genre d'événements? Si l'un d'entre nous a envie de prendre le premier avion pour affronter les radiations et l'Enfer sur terre pour aider les secours, pourquoi pas. Si d'autres ont envie de vider leur compte en banque pour soutenir des ONG, qu'ils le fassent ! Et si on veut se contenter de prier sans payer, on a encore le droit de le faire aussi, sans avoir une armée de vampires aux fesses.

Tiens, bah elle a qu'à faire ça, Lady Gaga. Mettre les mains dans le camboui. Sûr que son auréole de sainteté la protègera du nuage nucléaire.

P.S : déjà que son dernier clip atteignait des sommets de mégalomanie archi flippante, bientôt, on se foutra de la gueule de Lady Gaga à la manière de Chuck Norris...

 

 

jeudi, 23 juillet 2009

La démocratie confisquée...par Sarko Ier.

La loi Hadopi finira par passer. L'opposition n'est pas d'accord. Soit, c'est bien normal qu'elle s'oppose. Après tout elle enicolas-sarkozy-salaire.jpgst là pour ça...La majorité n'en veut pas non plus? C'est pas grave, on la fera revoter jusqu'à ce qu'elle change d'avis. Le conseil constitutionnel retoque le texte? Pas de problème...on repatouille l'ensemble, on change la ministre cramée en chemin et on la remplace par un Mitterand pour faire diversion...

Y'a plus qu' à faire voter le texte en plein juillet...comme ça c' est tranquille, tout le monde est en vacances, à la rentrée il sera trop tard pour protester. STOP. Reste une inconnue. Face à des socialistes prêts -pour une fois – à en découdre, ces galopins de députés UMP ne pourraient-ils pas faire l'école buissonnière en ce mois de juillet? On n'est jamais trop prudents : un petit discours bien senti de notre Léon Zitrone de la rue de Valois, et hop...on repousse le vote à septembre histoire d'être sûrs.

Mais pourquoi, me direz-vous? Pourquoi s'entêter à faire passer une loi impopulaire envers et contre tous...La loi Hadopi, ce bâton merdeux dont même l'Union Européenne dénonce le vieux fumet protectionniste, cette oukase improbable qui fleure bon la politique de copains...Car qui peut croire que ce curieux prurit culturel n'aie été refilé à notre amoureux des belles lettres et de la Princesse de Clèves par ses amis Johnny, Clavier, Pascal Nègre et consorts. Le tout sous les encouragements de la First Lady et de ses potes producteurs, gros disquaires, publicistes...

Tiens, un autre exemple de passage en force... L'affaire Ilan Halimi. On peut regretter le huis-clos, mais voilà un verdict rendu en conscience par un jury populaire, et dont tous les magistrats, y compris le représentant du Ministère Public- ce qui n'est pas si commun- se sont accordés à saluer l'équité...le tout pour s'entendre dire par la Garde des Sceaux tout juste sortie du conseil des ministres que l'Etat va faire appel de plusieurs condamnations jugées trop légères en haut lieu. Ok. Les jurés sont des cons, les magistrats des gros blairs, et leur indépendance, ils peuvent se la foutre au chose. Sarko Ier, il la rend tout seul la Justice, assis comme Saint Louis au pied d'un bonzaï dans les jardins de l'Elysée.

Bref, la liste des dénis de démocratie s'allonge chaque jour, au point d'en devenir fastidieuse. On me pardonnera, d'ailleurs, de n'évoquer qu'en passant la loi sur le travail dominical, retoquée une première fois par l'Assemblée, puis adoptée d'une courte majorité avant d'être validée de justesse par le Sénat. « Pas la peine de râler, les gars, vous siégerez jusqu'à ce que vous ayez voté oui... » Les élus du peuple, traités comme des chiards sarko.jpgqui veulent pas finir leurs haricots verts...

On se dit que ça va finir par se voir. Que les citoyens assommés par la crise, les soldes, la grippe A -que sais-je?- vont se réveiller dans les trois années à venir, et renvoyer papa chaperonner fiston dans son Groland pour riches des Hauts-de-Seine. On espère...et on a tort.

Car le Sarko, l'est pas foufou, non non! S'il peut aujourd'hui se faire plaisir et gouverner ouvertement pour quelques-uns au détriment du plus grand nombre, c'est qu'il a consciencieusement préparé le terrain. Miné un à un les contre-pouvoirs, détruit dans nos esprits l'idée-même d'alternance. D'ailleurs, qui imagine sérieusement le voire perdre en 2012 ?

De la gauche, la République Sarkozyste a déjà vidangé l'histoire, déterré les morts - Blum, Jaurès, Guy Môquet - avant de s'attaquer aux vivants. Strauss-Kahn poussé au FMI, Kouchner, Lang, Rocard gavés de missions ronflantes et maroquins rutilants... L' «ouverture», arme de corruption massive, a siphonné l'opposition de ses figures. Reste à détruire tout semblant d'unité dans ce qu'il en reste. Pas de problème, l'ami Valls est là, en service commandé pour organiser le foutoir. On lui a peut-être promis quelque chose pour 2017 ?

Bref, le message est passé, relayés par les TF1, le Figaro et le Parisien-Aujourd'hui en France : Sarkozy ou le chaos. Ajoutez au cocktail la déliquescence des médias, entre télés complices -« embedded », comme on dit outre-Atlantique – et une presse qui n'en finit plus de s'enfoncer dans une crise qui arrange tout le monde : vous obtenez la République Berluscozienne : plus de journalistes, que des laquais et des demi-mondaines. Plus d'info, que de la com. Plus de juges d'instruction, que des procureurs. Plus d'opposition, que des ambitions qui se déchirent...la recette d'une démocratie confisquée, et peu à peu dénaturée au profit d'un clan. Étonnant, non?

Francis Carrière.


mercredi, 08 avril 2009

Siné VS Val : Hara Kiri

Il fallait bien s'attendre à ce qu'il réagisse vertement. Siné viré par Val, mais qui a plus d'un tour dans son sac, commente à sa façon la préférence élyséenne pour Val à la tête de France Inter :

 

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Clin d'oeil malin à la vieille Une d'"Hara Kiri" qui avait valu au journal d'être banni en 1970 pour avoir osé moquer la mort du général de Gaulle...

Viré il y a quelques mois pour "un texte antisémite", Siné saisit une bonne occas de se venger. Ca ne fait sans doute que commencer...

 
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