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vendredi, 22 juin 2012

War and Love au Hellfest 2012

Un terrain boueux à cause de la pluie, Lynyrd Skynyrd à l'affiche, des festivaliers qui vous sautent dessus en plein concert pour vous embrasser et vous souhaiter un « bon festival ! »: vous avez dit Woodstock ? Perdu, c'était le Hellfest 2012 ! Au risque de décevoir les éternels grincheux titillés par le goupillon, le plus grand festival de métal en France n'abrite pas des messes noires, mais simplement des fans de musique décontractés, gay-friendly, aimant le cosplay et les bisoux (comme François Hollande). Et si les métaleux étaient les nouveaux hippies?

 

Vendredi 15 juin au matin. Le temps est un peu frais à Clisson, ravissant village près de Nantes, aux très belles architectures toscanes (d'où son surnom de "Clisson l'italienne") et traversé par la Sèvre. Il fait frais, mais les commerçants ne perdent pas de temps : les trois jours à venir vont être les meilleurs de l'année pour leur chiffre d'affaires.

Au Leclerc de la zone commerciale, les managers se décident à aller ouvrir les portes vers 9h. On notera l'impatience des employés, et du "public" du balcon : 

Car oui, un Hellfest réussi, ça commence toujours par l'approvisionnement en bière, barbaque, Jack Daniel's et PQ pour faire face à 3 jours de camping au son du métal.

Alors, du point de vue de l'habitant, que se dit-on ? "Gueulards, sapés en noir, et Dieu seul sait quoi d'autre encore (qu'on n'ose imaginer, cela va sans dire) ?" OK, une telle arrivée peut rappeler à certains les débordements des Hell's Angels. A cette petite différence près : ils ne sont pas aussi dangereux. Mais alors, pas du tout.  

Au risque de décevoir les intégristes catholiques de Clisson et d'ailleurs, au Hellfest l'ambiance est toujours bon enfant, décontractée, voire familiale. Certes, la scène The Temple, réservée aux groupes de black metal, peut laisser le novice un peu dubitatif, voire inquiet, et la file d'attente était très longue pour avoir un autographe des mecs de Cannibal Corpse, mais aucune sauvagerie ou messe noire n'a été constatée. Pour tout vous dire, Satan devait faire la gueule. Ca sentait plus le cannabis que le soufre. 

Pour preuve, il suffisait de suivre les effluves qui émanaient de la tente The Valley, dédiée au stoner, sous-genre plutôt planant dans le métal. Jeff et Gwen, croisés lors du set d'Orange Goblin, sont des fidèles du Hellfest depuis trois ans : « Que ce soit les organisateurs, ou le public, les gens sont hyper sympas, apprécie Jeff. Bon, il y a toujours quelques crétins pour pogotter quand on n'en a pas envie, mais on les calme gentiment, et globalement on se sent très bien. Ecouter, boire, manger, tant qu'on satisfait ces trois besoins essentiels, on n'a pas à se plaindre! »

Les bisoux, c'est maintenant

Lors de sa création en 2006 et même après, le Hellfest a évidemment du essuyer bon nombre d'oppositions à Clisson. Certains habitants à l'oreille sensible ou prêtres de la "décence" arguaient qu'on pouvait "vivre bien à Clisson... sans le Hellfest", dans le but de préserver la jeunesse. Or, la grande majorité des habitants du charmant village, qui devient capitale française du métal pendant 3 jours chaque année, s'est parfaitement accomodée de l'arrivée des métaleux dans leur bourgade. Et ne parlons pas de la jeunesse justement. Mieux : elle les trouve sympathiques.

"Il ne faut vraiment pas s'arrêter à leur look. Ils sont tellement courtois que le tutoiement n'est pas instantané" expliquait une maman à la sortie de l'école primaire au journaliste de Rue89. Une autre maman, de bénévole du festival cette fois, va même plus loin : "Il y a un esprit fraternel et pacifique, j'ai l'impression d'être dans une continuité de Woodstock". 

Et c'est exactement ça l'ambiance du Hellfest : loin des avatars de rednecks dégénérés fans du port d'armes, les métaleux sont là avant tout pour s'amuser et écouter la musique qu'ils aiment. 

hellfest 2012,clisson,métal,heavy metal,punk,turbonegro,orange goblin,stoner,cannabis,black metal,lynyrd skynyrd,dorpkick murphys,mötley crüe,slashIl faut dire que cette année, tout était fait pour qu'on se sente comme à la maison : un site doté de 5 scènes, réorganisé et plus vaste, encore plus de bars et de zones de restauration, et même un petit espace vert agrémenté des fameuses décorations en tôle retravaillée, baptisé par certains festivaliers « le jardin des orcs », fort bucolique pour cuver sa bière ou s'en resservir un coup ! Dès lors, pas étonnant que les bisoux aient coulé à flots, y compris avec les gendarmes venus surveiller. Juste au cas où.

Côté camping, on pouvait compter pas moins de 4 emplacements dotés de sanitaires pour accueillir les quelques 75 000 festivaliers qui sont venus en 3 jours. Dans le cadre de la logistique, deux écoles s'affrontent. D'un côté, la spartiate : « Le métaleux, il creuse son trou dans la terre et il se roule en boule dedans, comme les orcs. Et tant pis s'il pleut », assure Martial, fan d'AC/DC, avec conviction. De l'autre, l'hédoniste : certains n'ont pas hésité à installer la tente de jardin, agrémentée d'un lustre en métal soudé et de pots de bégonias à l'extérieur, pour patienter entre les sets et boire des coups entre potes.

Chacun son style ! Et dans le domaine, il faut s'attendre à de vraies surprises. Car le métaleux, souvent adepte de jeux de rôle et lecteur d'heroic fantasy ou de mangas, ne peut renier une certaine tendresse pour le cosplay. On croise évidemment des fans en T-shirt Sepultura, Sodom et Down, mais la gamme peut ainsi s'élargir au Tshirt « chatons », au maillot vert de Borat (donc très aéré), ou au tutu de danseuse agrémenté de collants imprimés Union Jack. Le métalleux n'est pas le dernier pour dévaliser les stands de merchandising (certains articles étaient en rupture de stock dès le 2ème jour!), ou l'Extreme Market, où l'on trouve de tout, de la grenouillère Guns n'Roses au cendrier tête de mort, en passant par l'artisan qui vous fabrique une corne à boire sur mesure.

Voici en photo un petit florilège de fans, d'ambiance saisis sur le moment : 

 

Mais le summum du déguisement, c'est tout de même le revival du glam-métal. Avec des groupes comme Mötley Crüe ou même Slash à l'affiche, il n'y avait plus de honte à avoir pour se lâcher sur le khôl et les slim panthère. Devant le carré VIP, trois fans étaient trop heureux d'immortaliser leur tenue devant l'appareil. Du pur bonheur.

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D'ailleurs, la seule présence des punk norvégiens ambigus de Turbonegro, qui ont livré un set déchaîné devant une marée de festivaliers (souvent affublés de calots de marin, LA marque de fabrique du groupe!), suffisait à lever les doutes sur l'ouverture d'esprit du métaleux. Entendu au premier rang de la fosse, ce commentaire poétique : « Rooo, il est génial le bassiste, on dirait Monsieur Esclave ! » Le Hellfest serait-il une succursale du Marais?

Une parenthèse musicale s'impose pour présenter ce groupe, très rare en France, qui semble avoir fondé son esprit sur l'idée suivante : "Les mecs, on veut faire du punk. Mais qu'est-ce qu'on pourrait trouver qui choquerait même les punks ? Et si on montait un groupe de punk gay?" Maquillage à la  Malcolm McDowell dans Orange mécanique, autrefois casquettes nazies, costume de roi d'Angleterre de Freddie Mercury et casques coloniaux.... Bienvenue au royaume du 12ème degré, et plus c'est gros, plus ça passe (et ça plaît). La musique a beau se réclamer du punk, les riffs sont efficaces et variés, et le duo Tony Sylvester (le nouveau chanteur)/Happy-Tom (le bassiste fardé) donnerait des frissons à tous les "bears" de France et de Navarre.

A preuve : 

 

Christine Boutin peut fustiger le Hellfest avec raison : on y célèbre tout ce qu'elle déteste. C'est gay-friendly, ça parle de la mort et du sexe, mais pour mieux chanter et danser la vie. Pour ce que j'en ai vu, depuis 3 ans que je viens, au Hellfest Eros est plus satisfait que Thanatos. Et Satan n'en a pas pour son argent.

 

Crédit photos : Aurélien Perol.

 

 

lundi, 12 mars 2012

Slash and Co remettent le couvert en 2012... et au Hellfest

Après son premier album solo sorti en 2010, Slash nous revient le 22 mai avec son second opus, Apocalyptic Love. Le premier single "You're a lie" est écoutable en streaming, et ça nous promet du rock bien gras et sombre comme on l'aime.  

Depuis qu'il n'est plus un membre historique des Guns, Slash a expérimenté plusieurs bands, le plus souvent créés à son initiative. Celui avec lequel il tourne depuis 2010, avec Myles Kennedy au chant, Todd Kerns à la basse et Brent Kitz à la batterie s'avère être efficace, si on en juge par le succès du premier album de l'ensemble.

Pas de potes rockers invités sur ce second album, mais une setlist entièrement composée, pour les paroles, par Myles Kennedy, "un excellent parolier" selon Slash, qui se réserve ce qu'il sait le mieux faire : les riffs agressifs so eighties. De toute façon, il n'aime pas écrire des paroles, c'est lui qui le dit.  

Dans une interview à Rolling Stone, Slash parle longuement de la composition de cet album, mais surtout de son impatience à le jouer sur scène, "ce qu'il fait le mieux". Ca tombe bien, nous aussi on a hâte de le revoir, et du moins en France, on sera servi puisque le guitar-hero s'invite au Hellfest le 17 juin, avec Zakk Wylde et Papy Ozzy sur scène !

Il faudra s'attendre à du lourd lors de ce show : "Il y a une nouvelle chanson, Anastasia, qui va être une tuerie à jouer live. C'est peut-être la chanson la plus longue de l'album et la plus expérimentale au niveau instrumental. Il y a un paquet de guitares là dedans." Humm.... On en saura donc plus dès le 22 Mai...main.jpeg

Mais la rencontre au sommet n'aura probablement pas lieu : le samedi 16 juin, le Hellfest reçoit les (faux) Guns n'Roses. Le lendemain, Slash... Peu de chances qu'ils se croisent. Par contre, un événement rock mérite d'être suivi avec attention : les (vrais) Guns n'Roses doivent être introduits au Rock and Roll Hall of Fame fin-mai début juin. Slash lui-même n'a pas la moindre idée de la façon dont ça va se passer. "Pas de nouvelles" paraît-il. Bonne nouvelle ? A suivre....

Liste des chansons d' Apocalyptic Love :

"Apocalyptic Love"
"One Last Thrill"
"Standing in the Sun"
"You’re a Lie"
"No More Heroes"
"Halo"
"We Will Roam"
"Anastasia"
"Not for Me"
"Bad Rain"
"Hard & Fast"
"Far and Away"
"Shots Fired"


 

mardi, 06 mars 2012

Lettre ouverte à une ancienne idole

Bruce_Springsteen_bruce.jpegTrès cher Bruce,

c'est une sale habitude que j'ai prise d'écrire (in)directement aux artistes que j'aime/aimais bien. Depuis le temps que j'ai ouvert ce blog, je n'ai pas beaucoup parlé de toi, et ce n'est pas te faire justice. Mais je vais t'expliquer pourquoi.

J'ai une bonne raison de t'écrire aujourd'hui. Tu sors ton 17ème album cette semaine ; comme il se doit, je suis en train de l'écouter tandis que je t'écris. Et franchement, pour l'instant, je n'en sauve rien. Ca rentre par une oreille, ça sort par l'autre. Pire : j'ai même zapé une chanson avant la fin. Et c'est comme ca depuis 2007 et l'album de cette année-là. Je dois remonter à 2002 et The Rising pour trouver un album studio avec le E Street Band qui soit dans la veine de tes précédents (Devils and Dust, dans la veine de Nebraska et The Ghost of Tom Joad, ne m'avait pas déçu. Dans la folk, tu restes encore maître). 

Mais je crois qu'il faut que tu revois tes fondamentaux et ta propre mythologie. Qu'est ce qui ne va pas ?

La voix ? Non, toujours aussi rocailleuse et sensuelle quand elle veut.

L'orchestration ? J'avoue que les violons de bal musette irlandais ça me saoule un peu depuis le Seeger Sessions. La chanson éponyme est pas mal cependant, dans sa vaine tentative d'imitation des Dropkick Murphys.

La rythmique alors ? Toujours la même... Franchement Bruce, rien que sur Darkness on the Edge of town, c'était l'épiphanie à chaque chanson, aucune ne ressemblait à l'autre. Même les kitscheries de Born in the USA passeront mieux l'épreuve du temps que ces chansons du présent.

Et puis... et puis... Je ne sais pas. Il manque quelque chose. D'assez indicible, je l'avoue, du coup ça ne rend pas ma critique très efficace. Pour faire simple, je dirai que tout ça sent terriblement le conformisme. Tu nous as tellement habitué à mieux que la déception est grande.

Que veux-tu, je suis super nostalgique de cette époque fabuleuse où chacun de tes albums avait sa personnalité, son atmosphère. C'était noir et en même temps terriblement optimiste, les balades étaient lumineuses et paisibles comme un soir d'été, les chansons plus rock te réveillait un macchabé. En comparaison de ce que j'appelais, à l'époque, les « musiques de suicidé » (Nirvana, Joy Division, par exemple, grâce auxquelles la dépression des auteurs te rejaillit dans la gueule sans que tu n'ais rien demandé) ta musique donnait la rage de vivre. Quand on t'entendait, on était heureux d'être vivant. Sans exagérer, je crois que c'est ce sentiment, dont tu n'es, peut-être, pas très conscient, qui a « sauvé » bon nombre de tes aficionados.

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In Candy's Room

"In Candy's Room, there are pictures of her heroes on the wall..."

Ma première écoute de tes chansons, c'était en 95, avec le Greatest Hits et le single « Secret Garden ». A 11 ans, on percute pas encore. 4 ans plus tard, j'ai redécouvert l'album entier, et à partir de ce moment là, je t'ai idolâtré pendant près de 10 ans. Sans déc. Il n'y avait pas meilleure fan que moi (à peuvre : je voulais me marier avec toi. Tu vois ça d'ici). Les posters collectors chinés aux puces, les vinyls, les disques évidemment, ma collection de bootlegs patiemment concotée, pour laquelle je passais des heures à rechercher les covers de chaque live sur des sites italiens (chacun sa geekitude adolescente, pour d'autres c'était Blood Bowl)... Je me levais la nuit pour écouter tes disques ou chercher des photos de toi en catimini des parents, tout en faisant exploser le forfait Wanadoo 10h/mois. T'en as vu où des fans comme ça ?!

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Voilà un bon résumé photographique de tes chansons, et de ce qu'elles signifient pour moi : lumière, bonheur, et rock n'roll.

Mais c'est qu'à cet âge de merde, on se sent tellement mal qu'on a besoin de quelqu'un qui puisse nous faire partager son expérience, nous montrer que croire rend les choses possibles, nous aider à construire notre personnalité, à savoir ce qui nous branche dans la vie, et ce qui nous branche pas. Quel look on veut avoir, quelle attitude on va se donner, bref, tu vois le topo. Eh ben à cette époque là, c'est toi que j'ai trouvé. Pourquoi ? Va savoir... Le cheminement a été bizarre, il y a eu avant toi Queen, les Beatles et les Rolling Stones. Elvis, je ne le compte pas, c'est comme se demander pourquoi on respire, on ne peut pas faire autrement. Par extension, David Bowie et George Michael (ma période gay?) Mais ce fut toi le détonateur. C'est comme ca. J'ai essayé ton illustre précédesseur, Bob Dylan : chiant (je n'ai pas le snobisme de mentir et de me pâmer sur ses chansons : à part l'album Desire et les « essentielles », je me fais chier avec Zimmerman). J'ai essayé les Pink Floyd, même verdict. Et puis d'autres, moins essentiels peut-être. Je ne sais plus. De toute façon, quand on regardait ma discothèque, on avait plus vite fait de compter ce qui n'était pas de toi.

Comment te dire...Tes chansons, elles avaient quelque chose de cinématographique. Ecouter tes chansons, c'était aussi bon que voir un vieux Scorcese, Macadam Cowboy, ou ChinaTown. Tu vois le genre ? Il y avait une âme, ton âme, dans ces chansons. On sentait, savait tout de toi rien qu'en t'écoutant. Je n'ai jamais vécu une expérience aussi sensuelle et éloignée avec un artiste, et je crois d'ailleurs que ça ne se refera plus jamais, parce qu'il faut avoir une certaine innocence, celle de l'adolescence, pour être assez réceptif et sans à priori. Sans oublier bien sûr que l'expérience live était du 10 000 volts pur (d'où la collec de bootlegs, parce que chaque interprétation avait sa valeur).

 

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Ton époque testostéronée... J'adorais. 

Alors voilà, comme toujours, on embellit le passé. Ces albums qui ont été la B.O de tant de souvenirs et d'événements pour moi se sont forcément sacralisés, mais il me reste tout de même mes oreilles et mes tripes.


Et à l'aune de tout ça, je crois pouvoir me permettre de te dire qu'à l'écoute de Wrecking Ball, il n'y a rien qui remue, et rien qui reste dans la tête. Et ça fait depuis 2007 que j'ai décroché. Ce n'est pas uniquement la découverte du métal qui a fait ça. La brutalité musicale et la rythmique tellurique ne m'empêchent pas d'aller regoûter à des mets plus délicats et délicieusement pervers pour l'âme ; ainsi Neil Young, un de tes maîtres. C'est vraiment que la page des jours glorieux de tes chansons peuplées d'amants maudits, de Ford Mustang ou de Buick pourries dans les no man's land des Etats-Unis, de rebelles qui se font la banane devant la glace avant d'aller choper, et sans oublier tous ces fabuleux poèmes dépressifs et contemplatifs, est définitivement tournée.

bruce springsteen,wrecking ball,rock,e street band,amérique,société,rage,darkness on the edge of town,born in the usa,born to run,nebraska,ghost of tom joad,steinbeck,tom joad,usaEn fait, c'est ça le problème : dans ton grand génie, tu captes réellement bien l'esprit de ton époque. Dans les années 70, rebelles, ténébreuses et dans un certain sens, magiques, tu était à leur image, et tes chansons aussi. Plus pop dans les années 80. Résolument en colère et pessimiste en 2002 dans cette Amérique post-11 septembre. Et depuis... le cinéma est globalement chiant, la littérature, n'en parlons pas, et ben ta musique s'en ressent. Toutes les critiques te disent en colère. Ah bon ? Bah merde, t'as la colère bien pépère aujourd'hui. 

Alors évidemment, les ¾ de tes fans s'en foutront, tu pourrais réciter le Bottin qu'ils trouveraient ça génial et continueraient à débiter la liste de tes albums année par année pendant qu'ils font la queue devant la salle de concert. Moi je file me remettre Thunder Road ou State Trooper. Car rien que pour avoir écrit « it's a town full of losers, and I'm pullin' outta here to win », tu as ma gratitude éternelle. Cette phrase, qui est pour ainsi dire le résumé de ta philosophie de jeunesse, elle fut un putain de moteur pour moi, et après tout, c'est tout ce qu'on demande à de la bonne musique.

Voilà, l'album est fini.... J'aime bien la fin. Ah merde, tu fais une reprise de Land of Hope and Dreams (live de 2001) ou j'ai mal entendu ?  

Sans rancune ? Je t'aime toujours.

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Moi aussi, j'écoute toujours Greetings from Asbury Park, NJ avec nostalgie...


P.S : je vais me foutre à dos tous tes fans, mais je m'en fous. Et j'emmerde Télérama. Fais une bise-prière à Danny et Big Man pour moi. 


 

dimanche, 12 février 2012

Whitney Houston : hommage batemanien

Vu aujourd'hui sur le Twitter de Bret Easton Ellis :

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En substance, ça donne : "Whitney Houston : oui, ce soir, quelque part, Patrick Bateman pleure, est choqué mais pas surpris, et il commande trois putes au lieu de deux...

Probable aussi qu'elles vont passer un sale quart d'heure.

Whitney Houston est morte aujourd'hui, à 48 ans. C'est donc le pire jour possible pour Patrick Bateman, le héros déjanté d'American Psycho. Il y a 27 ans, Breat Easton Ellis faisait à travers Pat la meilleure critique possible de l'artiste. Une critique de fan hardcore, mais qui lui rendra justice mieux que tout le verbiage des nécrologies AFP.

"C''est en 1985 que Whitney Houston a fait une apparition fracassante dans le paysage musical, avec l'album qui porte son nom, lequel comportait quatre titres premiers au hit-parade, dont The Greatest Love of all, You Give Good Love et Saving all my Love for you, et devait en outre remporter le Grammy Award de la meilleure performance vocale féminine pour les variétés, ainsi que deux American music Awards, celui du meilleur album de rythm and blues, et celui de la meilleure vidéo de rythm and blues. De plus, les magazines Billboard et Rolling Stone la sacraient meilleure nouvelle chanteuse de l'année. Avec un tel battage publicitaire autour de cet album, on est en droit de s'attendre à le trouver décevant et terne, mais Whitney Houston (Arista) se révèle un disque de rythm and blues étonnamment plein de chaleur, de finesse, somme toute un des plus satisfaisants de la décennie. Quant à la voix de Whitney, elle défie l'imagination. Il suffit de voir la photo de couverture (robe Giovanne de Maura) et celle, assez sexy, qui lui répond au verso (maillot Norma Kamali) pour deviner que ce n'est pas là l'habituel filet d'eau tiède du professionnalisme : certes, la musique est fluide, mais c'est un fluide intense, et la voix de Whitney se joue si bien des limites, avec une telle capacité d'adaptation (encore que Whitney demeure essentiellement une chanteuse de jazz), qu'il est difficile de s'imprégner de l'album à la première audition. Mais là n'est pas le but. C'est un disque à déguster, encore et encore.

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Les deux premiers morceaux, You Give Good Love et Thinking about you, tous deux réalisés et arrangés par Kashif, bénéficient d'un arrangement jazzy, chaud et luxuriant, mais avec une rythmique contemporaine au synthé; ce sont là deux très bonnes chansons, mais l'album ne décolle vraiment qu'avec Someone for me,  réalisé par Germaine Jackson, que Whitney chante avec avec mélancolie, sur un rythme diso-jazz très enlevé, créant ainsi un décalage extrêmement émouvant. Saving all my Love for you est la ballade la plus sexy, la plus romantique de l'album. Elle bénéficie d'un fantastique solo de saxophone par Tom Scott, et l'influence des groupes vocaux féminins des années 60 y est perceptible (elle a été coécrite par Gerry Goffin), bien que ceux-ci n'aient jamais atteint un tel degré d'émotion ou de séduction (ni une telle qualité de son). Nobody loves me like you do, un fantastique duo avec Germaine Jackson (et qui l'a également réalisé) n'est qu'un exemple de la qualité des chansons de cet album. La dernière dont il souffre est bien le manque de textes valables, ce qui arrive généralement quand une chanteuse n'écrit pas ses propres chansons et doit laisser son producteur les choisir pour elle. Mais Whitney et ses amis ont été heureusement inspirés.

How will I know, à mon sens le meilleur morceau de danse des années 80, évoque avec allégresse les tourments d'une fille qui ne sait pas si un garçon s'intéresse ou non à elle. Le riff au clavier est superbe, et c'est le seul titre de l'album qui soit réalisé par Narada Michael Walden, l'enfant prodige. La ballade que je préfère, personnellement (mis à part The Greatest Love of all, qui demeure au-dessus de tout), est All at Once, l'histoire d'une femme qui s'aperçoit soudain que son amant s'éloigne d'elle. L'arrangement des cordes y est magnifique. Rien dans l'album ne semble être du remplissage à part, peut-être, Take Good care of my heart, un autre duo avec Germaine Jackson, qui s'éloigne des racines jazzy de l'album, et paraît trop influencé par la dance music des années 80. 

Cependant, nous retrouvons le talent de Whitney, plus grand que jamais, dans l'extraordinaire The Greatest Love of all, une des plus fortes, des meilleures chansons jamais écrites sur la dignité et le respect de soi-même. De la première à la dernière ligne (dues à Michael Masser et Linda Creed), c'est une ballade qui parle, de façon magistrale, de la foi en soi-même. C'est là une proclamation pleine d'intensité, que Whitney chante avec une noblesse qui confine au sublime. Son message universel dépasse toutes les frontières, pour instiller chez l'auditeur l'espoir qu'il n'est pas trop tard pour s'améliorer, pour être plus humain. Puisque, dans ce monde, il nous est impossible de nous ouvrir aux autres, nous pouvons toujours nous ouvrir à nous-même. C'est la un mesasge important, essentiel en vérité, que ce disque nous transmet superbement."

Là, Bateman-Ellis fait également la critique de son deuxième album, puis conclut : "Nous attendons encore beaucoup de choses de Whitney (elle a fait une apparition bouleversante aux J.O 1988, nous offrant un magnifique One moment in Time), mais même si ce n'était pas le cas, elle demeurerait néanmoins l'une des voix noires les plus passionnantes et les plus originales de sa génération."

Extrait (comique) du film American Psycho relatif à Whitney Houston :


Eh oui : Bateman est la preuve qu'on peut être extrêmement sensible et adoré les threesome sanguinolents... réalisés sur la musique de Whitney Houston bien sûr. 

 

jeudi, 09 février 2012

Hellfest 2012 : vétérans et nouvelle garde sur les rangs

A l'annonce de l'affiche du Hellfest 2012, le mail collectif n'a pas traîné. "Eh les mecs, Guns n'Roses, Mötley Crüe, Black Sabbath, Turbonegro, Dropkick Murphys et même Lynyrd Skynyrd, plus Orange Goblin qu'on ne voit jamais en France et Megadeth pour ceux qui aiment, ça envoie du bois quand même !" Réponse de Clém, métalleux devant l'Eternel : "Ouais, grave. Ca sonne très réunion d'anciens combattants, mais... Comme on va déjà voir les vioques de Metallica, ça va!"

Qu'on ne se méprenne pas : "anciens combattants" veut dire "respect". On nous promet tout de même d'entendre ça (à part les pattes d'eph et un "band" passablement modifié, ça sera la même, y compris côté cheveux longs) : 

On nous promet ces fous furieux là aussi :


Et cette curiosité rare en France qu'il faut avoir vu une fois dans sa vie ! 

Je fais l'impasse sur les "so called" Guns n'Roses (sans Slash, sans Izzy, sans Duff, vous m'expliquez ce qu'il en reste, des Guns?) qui réjouiront tout de même ceux qui adoraient attendre Axl Rose pendant 2h.

Le tour de force, c'est qu'en 7 années d'existence, le Hellfest est passé du festoche "Do it Yourself" à l'événement régional monstre (et Nantes n'en compte pas des masses, à part les Folles Journées). 6 scènes au lieu de 4 pour 160 groupes au lieu de 119, une infrastructure qui pourra accueillir 35 000 personnes par jour. Camping agrandi également, avec plus de sanitaires (c'est important. Le métalleux, certes, creuse son trou et dort dedans comme un Orc, mais il aime bien aussi pouvoir se décrasser 1 fois en 3 jours). Pour avoir autant de groupes de métal réunis en un seul festival, il faut se coltiner en Angleterre ou en Allemagne, au minimum. 

Le descriptif des nouvelles scènes est plus qu'alléchant : "Outre les toujours imposantes « Mainstage 1 & 2 » où se produiront de prestigieux noms du Hard Rock, du Heavy et Thrash Metal, un double chapiteau géant proposera du Death et du Grind sur « The Altar Stage » en alternance avec du Black et du Pagan sur « The Temple Stage ». Un peu plus loin, « The Valley Stage » sera dédiée au meilleur du Doom, Stoner, Sludge et autres riffs psychédéliques, tandis que devant « The Warzone Stage » les « kids » pogoteront sur du Punk, Hardcore, D-beat et Crust."

Si ça ne donne pas envie aux métalleux... Pour ma part, du moment qu'ils gardent leurs déco façon village orc, en métal rouillé, et leur feu de joie au milieu, ça sera parfait. 

L'aperçu de la programmation

 

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Je n'ai qu'un seul regret.

Immortal ne revient pas cette année. Ils demandaient trop chers ?!

Mais ne crachons pas dans la soupe. Au palmarès du Hellfest, il ne manque plus que Metallica, AC/DC et Iron Maiden, et là ça sera la consécration. L'année prochaine ?

Infos pratiques :

Hellfest, festival les 15, 16 et 17 juin 2012 à Clisson (44).
Programmation semi-complète, réservations, infos pratiques sur les voyages organisés sur www.hellfest.fr.
Une applicaton est également disponible pour iPhone et Android.

 

lundi, 20 juin 2011

Hellfest 2011 : ça fait mal aux vieux

Le problème des festivals, c'est qu'il y a plein de groupes différents qui se succèdent sur scène. Ne riez pas, ça peut vraiment être un problème, pour certains groupes justement. Quand les grosses têtes d'affiche, qui servent à attirer le grand public, et faire plaisir aux fans, arrivent sur scène après des groupes peut-être plus récents, plus jeunes, plus confidentiels aussi parfois, mais nettement plus novateurs et originaux, la comparaison peut être fatale.

Même si je ne serai pas restée jusqu'au bout pour voir papy Ozzy et Judas Priest, la triste comparaison « pionniers » VS « jeunes plein d'avenir » (ou plus forcément tous jeunes mais plus pêchus) aura été la grande leçon musicale du Hellfest 2011. Pensez : vous patientez avec Down pour voir Iggy Pop, et vous vous consolez avec Rob Zombie d'être passé d'une parodie ennuyeuse à du grand-guignol façon Grindhouse volontaire et efficace.

 

Théorie confirmée dès le lendemain par le défilé Apocalyptica, Black Label Society et... Scorpions. Beaucoup se doutaient que le côté karaoké de fin de samedi soir pour emballer les nanas, ca ne le ferait pas en live. Ils avaient raison. Ne serait-ce qu'à en juger la voix éteinte et sans émotion d'un Klaus Meine qu'il a fallu supporter près de 2h (même le guignol de Mayhem, la veille, y croyait davantage)... Dernière occasion de voir Scorpions en live avant fermeture définitive ? Une partie du public n'a même pas toujours attendu la fin du concert pour signifier au groupe qu'il était temps, en effet, de plier les gaules. Sans doute vexé par cette froideur, le groupe a plus qu'abrégé la setlist, par rapport à d'autres concerts de la tournée... Que voulez-vous, passer après Zakk Wylde et Phil Anselmo, ça pique forcément.

 

Exception notoire : the Cult, groupe de glam-rock punk des années 80, issu de L.A, au son très proche de celui des Guns n'Roses de l'époque, dépotait autant sur scène qu'en studio, même 30 ans après. Possible que ce style de musique ait moins mal subi les affres du temps que d'autres. Toujours est-il qu'un Ian Astbury qui semble content d'être là et qui fait passer quelque chose dans sa voix, restera toujours plus efficace que des papys qui rassemblent 50 000 personnes sur leur légende. Et si encore ils étaient à la hauteur de la légende... Tout le monde n'est pas AC/DC.

NB : Photos du festival en ligne ici (cliquez-moi !)

 

 
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