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lundi, 20 juin 2011

Hellfest 2011 : ça fait mal aux vieux

Le problème des festivals, c'est qu'il y a plein de groupes différents qui se succèdent sur scène. Ne riez pas, ça peut vraiment être un problème, pour certains groupes justement. Quand les grosses têtes d'affiche, qui servent à attirer le grand public, et faire plaisir aux fans, arrivent sur scène après des groupes peut-être plus récents, plus jeunes, plus confidentiels aussi parfois, mais nettement plus novateurs et originaux, la comparaison peut être fatale.

Même si je ne serai pas restée jusqu'au bout pour voir papy Ozzy et Judas Priest, la triste comparaison « pionniers » VS « jeunes plein d'avenir » (ou plus forcément tous jeunes mais plus pêchus) aura été la grande leçon musicale du Hellfest 2011. Pensez : vous patientez avec Down pour voir Iggy Pop, et vous vous consolez avec Rob Zombie d'être passé d'une parodie ennuyeuse à du grand-guignol façon Grindhouse volontaire et efficace.

 

Théorie confirmée dès le lendemain par le défilé Apocalyptica, Black Label Society et... Scorpions. Beaucoup se doutaient que le côté karaoké de fin de samedi soir pour emballer les nanas, ca ne le ferait pas en live. Ils avaient raison. Ne serait-ce qu'à en juger la voix éteinte et sans émotion d'un Klaus Meine qu'il a fallu supporter près de 2h (même le guignol de Mayhem, la veille, y croyait davantage)... Dernière occasion de voir Scorpions en live avant fermeture définitive ? Une partie du public n'a même pas toujours attendu la fin du concert pour signifier au groupe qu'il était temps, en effet, de plier les gaules. Sans doute vexé par cette froideur, le groupe a plus qu'abrégé la setlist, par rapport à d'autres concerts de la tournée... Que voulez-vous, passer après Zakk Wylde et Phil Anselmo, ça pique forcément.

 

Exception notoire : the Cult, groupe de glam-rock punk des années 80, issu de L.A, au son très proche de celui des Guns n'Roses de l'époque, dépotait autant sur scène qu'en studio, même 30 ans après. Possible que ce style de musique ait moins mal subi les affres du temps que d'autres. Toujours est-il qu'un Ian Astbury qui semble content d'être là et qui fait passer quelque chose dans sa voix, restera toujours plus efficace que des papys qui rassemblent 50 000 personnes sur leur légende. Et si encore ils étaient à la hauteur de la légende... Tout le monde n'est pas AC/DC.

NB : Photos du festival en ligne ici (cliquez-moi !)

 

samedi, 13 juin 2009

AC/DC : encore, toujours, plus fort ! !

 

2106189357.jpgAC/DC : on y était ! Le 25 février dernier, c'était historique. Ce soir, c'était légendaire. Les deux doigts dans la prise. Le chaudron bouillonnant du rock, rempli de Gibson SG, a fait sortir une potion magique qui réveillerait un mort. Tiens, Bon Scott justement. On se serait cru revenu au bon vieux temps où le groupe essaimait les clubs cradingues, où Bon Scott trimbalait ses tatouages sur scène et où Angus Young se jetait dans la foule. Certes, notre point de vue était meilleur qu'à Bercy, ce qui change beaucoup de choses, mais même la musique était meilleure. Imaginez un peu. Même setlist, à peu de choses près. Angus nous offre son strip-tease, Brian Johnson ne chante même plus et hallucine de voir le public chanter à sa place, le délire est à son comble.

 

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lundi, 20 avril 2009

Comment Airbourne a sauvé le rock

airbourne7.jpgOn pensait être condamné à se faire chier aux concerts de rock, on errait l'âme en peine aux Puces de Saint-Ouen à la recherche de vieux 33 tours qui nous rappeleraient ses grandes heures, bref, on pensait que tout ça, la sueur, la testostérone et les bons riffs agressifs, c'était du passé. "Let there be rock" les gars ! Le 4 juillet aux Eurockéennes, vous aurez la possibilité de voir sur scène ceux qui l'ont ressuscité : les Australiens d'Airbourne viendront foutre le feu sur le Territoire.

Oyez, brave gens! Mille fois mort et ressuscité, le Rock nous ressert une tournée générale. Ce n'est pas cette fois de Seattle, Londres ou Memphis, mais d'un bled pourri d'Australie que nous vient la bonne nouvelle. Le choc est rude pour les petits branleurs Versaillais en slim, repettos, et mèche sur le côté : en rock comme en religion, le Messie n'advient pas dans la soie, mais dans la paille et le purin frais.

Divine surprise d' une scène rock agonisant sous les riffs poussifs de Franz Ferdinand et la trashitude sans talent de Pete Doherty, les wallabies Airbourne semblent avoir retrouvé par hasard, coincée dans sous un vieil ampli à lampes une vieille recette perdue depuis la mort de Bon Scott. Je veux parler du pur Boogie-rock, cette transe jouissive qui allume les tympans, éteint le cerveau... Et réveille en moins de deux un besoin irrépressible de boire, se défoncer, hurler à la lune ou forniquer jusqu'au petit jour avec toute créature bien disposée...

Dès les premières secondes de « Running Wild », le titre éponyme de leur premier album, on sait que les p'tits gars d'Airbourne ont tout ce qui nous manquait tant dans le rock ces dernières années : une authentique ardeur juvénile servie par une rythmique supersonique et les riffs surpuissants du chanteur guitar-héros Joël O'Keefe...bref un concentré d'énergie-rock complètement bluffant d'efficacité. Forcément on succombe. Forcément on n'est pas objectif quand les pisse-froid se lèvent en choeur pour critiquer.

 

Car j'entends d'ici s'insurger les rabat-joie de tout poil, intellos du rock et procureurs en branchitude patentés : « Airbourne sonne comme AC/DC il y a trente ans. C'est juste un vieux trip revival à la The Darkness, un groupe-hommage sans originalité... » Certes. On s'en fout. On en veut encore, Et allez vous faire cuire le cul avec les Babyshambles, les BB Brunes et les Artic Monkeys!

D'ailleurs, les experts, les vrais, ne s'y trompent pas. Dans son clip Lemmy himself (bassiste de Motörhead) parraine les quatre allumés. Assis, hiératique au volant d'un camion fou lancé comme une fusée, le bassiste-biker gallois nous dit par son patronnage ce qu'on avait déjà deviné. Taisez-vous et écoutez. La réponse est dans le boogie diabolique de ces quatre petits cons de Victoria. Bravo les gars, et comme disait le poète : « For those about to rock, we salute you! »

Aurélien Perol

Plus d'infos :

Le site officiel des Eurockéennes

Le site officiel d'Airbourne

jeudi, 26 février 2009

J'ai vu l'Eternel du Rock n'Roll et son nom est AC/DC

acdc.jpgLes lumières s'éteignent, on ne voit plus dans la salle immense de Bercy que des petites cornes de diable rouges fluorescentes et on n'entend plus qu'un gigantesque hurlement.

Surprise, l'intro débute avec un dessin-animé surréaliste, montrant le "Rock n'Roll Train" d'AC/DC lancé à grande vitesse, avec un Brian Johnson légèrement endormi mais souriant***, et un Angus Young diabolique en tenue d'écolier. Deux nanas, diaboliques elles aussi, mini-jupe, Tshirt AC/DC et air patibulaire mais presque, entament une séduction orgiaque sur un Angus à la queue fourchue au bord de l'apoplexie...Pas de bol, il se retrouve ligoté et à bord d'un train sans système d'arrêt et évidemment abandonné par les deux garces. Rien à foutre : Angus se libère, chope sa Gibson, et bordel de merde, ça va saigner : "If you Want Blood, You got It !"

Le message est passé : rien n'empêchera AC/DC de foutre le feu. Et à 21h tapantes, le "Rock n'Roll Train" arrive à destination, le groupe déboule sur scène à grands renforts de pyrotechnie, salue la foule, et commence un délire qui durera 2h sans quasiment aucune pause.

"Back in Black", "Hells Bells", "Shot down in Flames", euh quoi d'autre...La liste est trop longue! Le groupe se pèle littéralement la couenne pour qu'on l'écoute, et ca ne rate pas. Si l'attention redescend avec des titres du dernier album comme "War Machine", un petit coup de "Shoot to Thrill" ou de "TNT", et ça repart.

Angus s'est bien un peu raté sur le début de "Thunderstruck", mais avec "Let There Be Rock", il s'est permis de rappeler que c'était bien lui le patron : un solo de 10 minutes, monté sur une plateforme surélevée, à se rouler par terre de façon épileptique, avec ses riff magiques qui viennent presque d'un autre monde. L'air de dire "Non, je ne suis pas arthritique et vous les p'tits jeunes qui croient faire du rock, vous pouvez retourner à vos amplis, j'suis pas encore à la retraite."

 

AC_DC_sp0b56f4_jpg_45236d.jpg

 

Sex and Rock n'Roll : un petit rappel de ce grand principe de vie avec "Whole Lotta Rosie" et une camionneuse à gros seins qui chevauche la loco du décor. La grande classe. Ah oui, et j'allais oublié le meilleur : un beau strip-tease d'Angus, qui tombe la veste, la cravate et la chemise, et finit par montrer ses fesses à la foule, arborant un caleçon...AC/DC bien sûr.

Dernier rappel avec "Highway to Hell" et surtout "For those about to Rock, We Salute You" : eh ben nous aussi, on vous salue les gars !

Jamais dans aucun autre concert, cet adage vieux de 50 ans n'a eu autant de sens. L'expérience d'un concert d'AC/DC,  c'est orgasmique. Tout simplement. Ca transpire le sexe de partout. Et ca dure de la 1ère minute du concert au lendemain et sans doute jusqu'aux jours d'après.

On a dit que le plus grand groupe de rock du monde était les Rolling Stones, puis U2, puis en descendant encore plus bas, Oasis...Laissez tomber, oubliez-les : il n'y a qu'à AC/DC.

N.B : bientôt les photos perso du concert, notamment Angus sur sa plateforme offert à la foule.

*** Après re-visionnage du dessin animé, m'est avis que Brian Johnson n'est pas "légèrement endormi" comme je l'ai écrit précédemment, mais bien plutôt en train de recevoir les hommages d'une Rosie de passage qui relève la tête fort à propos....!

**Trouvées sur le Web : des vidéos du concert de Bercy, et surtout de la fameuse intro qui déchire ! (Pour le dessin-animé intégral en version haute dèf, c'est par là)

La même, avec une meilleure qualité pour le dessin-animé et des plans plus serrés sur la scène et nos deux showmen préférés :

 


 
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