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mardi, 03 février 2009

Les Israéliens bombardent Gaza...Et même son zoo. Pourquoi ?

610x.jpgPlus de 1000 morts civils : c'est à peu près ce que l'on compte après l'offensive israélienne sur Gaza, qui visait à tuer des membres du Hamas. Si trente d'entre eux ont été effectivement tués, c'est le bout du monde.

Le Palestine Chronicle, un journal en ligne indépendant, rapporte un fait anecdotique certes, mais surprenant tout de même et qui soulève quelques questions sur les motivations de l'armée israélienne. En effet, le zoo de Gaza, réputé pour être un endroit convivial qui réunissait beaucoup d'enfants et de familles, jusqu'à 1000 par jour, a été bombardé pendant les assauts, les animaux tués à bout portant ou laissés sans soin, et toutes les infrastructures détruites par des militaires. Pourquoi cette incursion dans un endroit qui ne faisait de mal à personne ? C'est la question sans réponse que se pose les gardiens du zoo, qui ne peuvent que constater les horribles dégâts.

Voici l'article traduit, tel qu'il est publié sur le Palestine Chronicle :

"Le zoo de Gaza pue la mort. Mais le gardien de zoo Emad Jameel Qasim ne semble pas réagir à la puanteur alors qu'il marche autour des enclos des animaux. Il y a un mois, il attirait les familles -il dit que le zoo attirait jusqu'à 1000 visiteurs par jour. Il pointe du doigt le trou d'un pied de long dans le chameau dans l'un des enclos.

« Cette chamelle était pleine, un missile l’a frappé dans le dos », nous dit-il. « Regardez, regardez sa face. Elle a souffert quand elle est morte."

A chaque coin, dans presque toutes les cages il y a des animaux morts, qui gisent dans leurs cages depuis l'incursion israélienne.

Qasim ne comprend pas pourquoi ils ont choisi de détruire le zoo. Et il est difficile de ne pas être d'accord avec lui. La plupart d'entre eux ont été tués à bout portant.

« La première chose que les israéliens ont faite a été de tirer sur les lions -les animaux ont couru hors de leur cage et dans le bâtiment des bureaux. Actuellement ils se cachent là. »

Les deux lions sont de retour dans leur enclos. La femelle est pleine, et s'allonge pesamment sur le sol, battant l'air de sa queue occasionnellement. Qasim se tient inhabituellement près d'eux, mais ils ne semblent pas gênés par sa présence.

Alors qu'il nous fait faire le tour, il est manifestement choqué par l'état des animaux. Les quelques animaux qui ont survécu ont l'air affaiblis et perturbés.

« Les renards se sont mangés entre eux parce que nous n'avons pas pu les atteindre à temps. Nous en avons beaucoup ici. » Il y a des carcasses partout et le dernier renard survivant est tout tremblant dans le coin.

Le zoo a ouvert en 2005, avec l'argent d'ONG locales et internationales. Il y avait 40 sortes d'animaux, une bibliothèque pour enfants, une aire de jeux et un centre culturel logé dans le bâtiment.

Dans le bâtiment principal, les soldats ont barbouillé les murs, arraché une des toilettes et enlevé tous les disques durs des ordinateurs. Nous lui avons demandé pourquoi ils ont visé le zoo. Il sourit. « Je ne sais pas. Allez demander aux Israéliens. C'est un endroit où les gens viennent se détendre et s'amuser ensemble. Ce n'est pas un endroit pour la politique. »

Israël a accusé le Hamas de tirer des roquettes depuis les zones civiles. Qasim réagit avec colère quand nous soulevons le sujet.
« Laissez-moi répondre à çà par une question. Nous sommes attaqués. Il n'y avait pas une seule personne dans ce zoo. Juste les animaux. Quel but cela sert-il de déambuler en tirant sur les animaux et en détruisant les lieux ?»

Dans une cage gisent trois singes morts et deux autres dans la cage à côté. Deux autres se sont échappés et doivent encore revenir. Il pointe du doigt un pot de terre. « Ils essaient de se cacher », dit -il d'une mère et de son petit à moitié cachés à l'intérieur.

Qasim dit que ses deux plus grandes pour le moment sont de reconstruire le zoo et de traduire l'armée israélienne devant la justice. Pour la première, il dit qu'il aura besoin de 200 000 dollars pour remettre le zoo dans son état précédent – et il veut que les israéliens couvrent les frais. « Ils doivent me payer tous ces dégâts. »

Nous lui demandons pourquoi c'est si important pour Gaza d'avoir un zoo. « Pendant les quatre dernières années, c'était l'endroit le plus apprécié des enfants. Ils venaient de toute la Bande de Gaza. Il n'y avait nulle part ailleurs où aller. »

Par Ashraf Helmi et Megan Hirons



mardi, 02 septembre 2008

Le Meilleur du Photojournalisme à Perpignan

286108264.jpgDu 30 Août au 14 Septembre, Perpignan expose le travail de 27 photojournalistes parmi les meilleurs du monde. Des photos poignantes, belles, cruelles, simplement réelles, qui en disent long sur l'état du monde. Tout ça dans le cadre du "Festival Visa pour l'image", qui fête cette année ses 20 ans.

L'Express publie quelques diaporamas sur son site, qu'il ne faut vraiment pas manquer d'aller voir si l'on aime la photo ! Avec ce premier lien,

découvrez des photos d'événements récents (affrontements au Tchad, en Afghanistan, meetings d'Obama...), et avec ce lien-ci, des photos plus anciennes (allant jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale), mais qui ont marqué le monde.

 

Pour aller plus loin :1088842703.jpg

 

Un article intéressant de 20 Minutes qui dresse un état des lieux du photojournalisme, visiblement malade...

Et dans un genre un peu différent, un très intéressant tour d'horizon des photos les plus controversées depuis près d'un siècle...Oscar Wilde dans des tentures exotiques, une Brooke Shields prépubère grimée en femme fatale, ou l'affreux visage d'Omayra Sanchez en Colombie en 1985 (la petite fille prisonnière des décombres après une éruption volcanique, dont l'agonie avait été suivie en direct par le monde entier), quelques photos parmi les plus troublantes jamais réalisées.

 

 

 

 

 

jeudi, 21 août 2008

"Choses vues dans la Géorgie en guerre", reportage signé...BHL.

1128743645.jpg"Choses vues dans la Géorgie en guerre",  un reportage signé Bernard-Henri Lévy, philosophe de son état (enfin, c'est ainsi qu'il se présente) qui joue au journaliste.

2800 mots livrés sur une double page du Monde (Marianne ne manque pas de faire remarquer qu'à chaque fois que BHL nous livre son dernier reportage, cela prend obligatoirement une double page, tant l'événement est d'importance).

Les commentaires fusent : "un bon petit soldat de l'Empire", "S'il le demande, je peux lui donner quelques cours afin de comprendre une toute petite partie de ce que représente le Caucase en relations internationales. Avec tout mon respect."

"Perdu dans les méandres de l'auto-fiction, BHL se regarde écrire", signé JiJi.

Dès qu'un conflit se déclare dans le monde, on peut être sûr que BHL s'y rendra. On a eu BHL à Kaboul, à Pnom Penh, à Sarajevo (où il est aujourd'hui de notoriété publique qu'il ne joua pas les héros), à Karachi, et maintenant à Gori.

"Perdu dans les méandres de l'auto-fiction, BHL se regarde écrire" disait un internaute sur la page de commentaires. C'est exactement cela. Voulant sortir de sa retraite dorée germanopratine ou marocaine, BHL se paye un petit voyage dans le Caucase pour se donner l'impression d'exister en tant que regard sur un événement : "j'ai vu", "j'arrive aux faubourgs", "j'avance de quarante kilomètres"...Rapporte t-il des faits ou livre t-il son autobiographie ?

Grâce au précieux regard de BHL sur le conflit, on en apprend beaucoup : que les Russes sont "bouffis d'importance et de vodka", des "Cosaques" qui sèment la terreur "dans leur sillage, pillent, violent, assassinent". Les descriptions des lieux ne sont pas épargnées : Gori est "une ville géorgienne. Or ils l'ont brûlée. Pillée. Réduite à l'état de ville fantôme. Vidée." On croirait du Tolstoï. De leur propre aveu, rapporté par BHL, ils soutiennent le Hezbollah et le Hamas contre Israël. Voilà pour les méchants.27650841.2.jpg

Face aux méchants, un héros, bhlien s'entend : le président géorgien Saakashvili, qui écoute "le récit" du philosophe "dans sa résidence présidentielle d'Avlabari". "Jeune, très jeune, francophile et francophone, féru de philosophie, démocrate, européen". Saakashvili fait partie de ces héros-résistants "défendus" par BHL, de Massoud à Izetbegovic (président de la Bosnie-Herzégovine de 1990 à 1996 et philosophe). Et évidemment, il ne fait la guerre que pour se défendre (des méchants).

Dernière remarque piquante : dans son périple digne d'un William Wyler immortalisant les images du D-Day, BHL est accompagné de "la PME familiale", pour citer encore Marianne : Raphaël Glucksmann, fils de son père et rendu célèbre par un documentaire sur le Rwanda, souvent qualifié de naïf, et Gilles Hertzog, lui aussi de tous les "reportages".

La mémoire est souvent courte, mais il faut se souvenir que dans tous ces "reportages", BHL nous livre sa vision du monde, c'est-à-dire une vision en noir et blanc, les méchants contre les gentils, le Bien et le Mal, du manichéisme primaire où la complexité des relations internationales n'a pas de place.

Pourquoi ne s'est-il pas rendu en Birmanie cet hiver, pour rencontrer les bonzes qui manifestaient contre la junte, par exemple ?

Sans doute parce que BHL ne peut pas être partout.

 

  • Aide : "je ne comprends rien à ce conflit en Ossétie du Sud".

En gros, depuis le retour d'un pouvoir nationaliste à Tbilissi en 2004, l'Ossétie du Sud est un enjeu politique entre le président géorgien Mikheil Saakachvili qui souhaite la réintégration des régions sécessionnistes au sein du territoire de la Géorgie et les indépendantistes ossètes, majoritaires en Ossétie du Sud, qui souhaitent une indépendance complète.

Pour une chronologie détaillée du conflit en 2008, voici un lien précieux , agrémenté de nombreuses références et autres liens.

 
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