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jeudi, 04 septembre 2008

Affaire Clavier : les bonnes questions

1414483898.jpgUn petit relayage d'un article d'une ancienne collègue de Corse-Matin, intitulé "Affaire Clavier : les bonnes questions". Quand un fait devient politique, les contradictions fusent, aussi, un petit coup de balai est le bienvenu.

En résumé : "Y a t-il eu ou pas des exactions commises ?" "Qui a pris la décision de révoquer Dominique Rossi ?" "A qui profite le crime ?" Autant de questions auxquelles la journaliste apporte des éléments de réponse.

L'article d'Isabelle Luccioni dans "Corse-Matin", c'est là !

mercredi, 03 septembre 2008

L'Affaire Corse : seulement une tempête dans un verre d'eau ?

923703415.jpgOn ne peut pas l'ignorer, depuis l'occupation de sa villa samedi dernier par un groupe de nationalistes, Christian Clavier a largement contribué à la publicité d'un événement que ses organisateurs n'espéraient même pas...(les nationalistes eux, au milieu de l'agitation générale, se disent ravis et n'en espéraient pas tant).

Acte I : samedi, un groupe de nationalistes occupe la maison de Christian Clavier, dans le domaine de la Punta d'Oru, près de Porto-Vecchio (et plus exactement près de la célèbre et magnifique plage de Palombaggia, lieu de villégiature très prisé des milliardaires). Cette maison fait partie d'un lotissement qui compte comme locataires Camille de Rocca-Serra, président de l'Assemblée de Corse, et de nombreux autres résidents dont le pouvoir d'achat n'est guère menacé par la crise économique.

On s'en doute, l'ancien Jacquouille, alors en mer mais toujours en Corse, a vu rouge lorsqu'il a appris l'intrusion de ces "fripouilles" (comme quoi il apprécie les Visiteurs, mais pas chez lui). D'autres sources assurent que les gardiens de la maison auraient appelé leur patron, l'auraient mis au courant de la situation, et celui-ci aurait carément proposé qu'on serve des rafraîchissements aux vandales.

A partir de là, l'enquête rapporte des éléments contradictoires : selon RTL, qui a eu accès aux procès verbaux de Clavier et des gardiens (auditionnés hier après-midi par les gendarmes), il n'y a eu aucune dégradation, voire même aucune intrusion dans la villa, les nationalistes précisant bien que leur démarche était "symbolique et pacifique" pour protester "contre la spoliation foncière des Corses sur l'île".

Le soit-disant coq balancé dans la piscine ne serait qu'une décoration en plâtre...Mais l'Elysée soutient mordicus que la maison aurait subi des dégradations.

Acte II : Nicolas Sarkozy, grand copain de Clavier, montre qu'il a le sens de l'amitié et s'en mèle. On connaît, par ailleurs, son "attachement" aux dossiers corses, héritage du temps où il était ministre de l'Intérieur. A l'appel de son ami, il n'hésite pas à exiger le limogeage de Dominique Rossi, qui selon le ministère de l'Intérieur, n'aurait pas fait son travail en ne réagissant pas devant l'événement.

214431481.jpgOr, comme le soulignait ce matin sur France Info Antoine Albertini, journaliste au magazine Corsica et correspondant du Monde, Dominique Rossi, 59 ans, est un fin connaisseur des dêmélés corses, qu'il a contribué à clarifier, et a précisément empêché l'événement de prendre de l'ampleur, en n'envoyant pas une armée de CRS ou le GIGN.

Néanmoins, le couperet tombe lundi soir, suite à un appel du ministère de l'Intérieur : Dominique Rossi est démis de ses fonctions avec effet immédiat. Il finira sa carrière à l'IPGN, la "police des polices", ce qu'on appelle dans le métier "le cimetière des éléphants".

Nul n'est dupe du lien entre la colère de Nicolas Sarkozy après l'événement et ce renvoi.

Acte III: les réactions. "Fait du prince", "privatisation de la République", "République des copains", les critiques fusent de la part de l'opposition pourtant inexistante, l'opinion publique gronde...Mais après ?

Considérer que Christian Clavier ait pu mal prendre l'occupation de sa villa est possible et compréhensible. Qu'il s'en soit même plaint à Nicolas Sarkozy, ça devient limite mais on peut l'envisager à la rigueur. Que le Président sanctionne le fait en virant l'un des fonctionnaires de l'Etat les plus compétents en Corse, ça ne passe pas. Au-delà de l'affaire, on devine une certaine manière de gouverner qui est franchement inquiétante, capable de graves dérives et qui tend vraiment à dire : "l'Etat, c'est moi". Or, le siècle de Louis XIV est fini (même s'il faut encore être naïf pour croire qu'une 5ème République n'est pas une monarchie républicaine).

A chaque plastiquage ou destruction voire même face à des choses plus graves comme des assassinats, personne n'a jamais "sauté", en tout cas pas le plus haut responsable de la sécurité en Corse. Plusieurs particuliers, des "quidams" quelconques ont vu leur maison détruite, sans pour autant obtenir compensation de la part de l'Etat, et surtout d'une façon aussi rapide.

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Ci-dessus, une idée de ce à quoi ressemble les environs de la maison de Christian Clavier : la baie de Palombaggia, près de Porto-Vecchio.

Les people même ne sont pas épargnés, et leur renom ne sert pas toujours ! Muriel Robin possède elle aussi une maison en Corse, en Balagne. Le 14 juillet dernier, celle-ci fut cambriolée. Aucune réaction de la part de l'Elysée semble t-il. Mais l'humoriste n'est pas partie en vacances avec le Président, elle...

Christian Clavier estime t-il le dommage réparé avec l'éviction de Dominique Rossi ? Lui qui dit "aimer les Corses" vient en tout cas, sans s'en douter, de rendre un fier service aux nationalistes. D'un événement qui n'aurait sans doute pas dépassé les colonnes de "Corse-Matin" et de "Gala", il en a fait une affaire d'Etat qui leur permet de comprendre que la publicité et l'écoute viendra de la "pipolisation" de leur action.

"Main basse d'un clan sur la France" : soyez amis avec Nicolas Sarkozy, vos affaires iront bien. Celui-ci aurait appelé son copain Christian dimanche soir, soit la veille de l'éviction de Rossi, ce qui renforce les critiques à son encontre. Personne ne doute plus de son rôle dans l'affaire.

Mais attention, François Fillon l'a rappelé : "Le gouvernement ne rend pas de comptes". En décrypté : "fermez vos gueules, nous nommes aux commandes, nous faisons ce que nous voulons".

Jusqu'au jour où la goutte même la plus petite fera vraiment déborder le vase. Et là, je pense que ce sera un tsunami auprès duquel les émeutes dans les banlieues passeront pour des feux-follets.

 
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