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jeudi, 23 juillet 2009

La démocratie confisquée...par Sarko Ier.

La loi Hadopi finira par passer. L'opposition n'est pas d'accord. Soit, c'est bien normal qu'elle s'oppose. Après tout elle enicolas-sarkozy-salaire.jpgst là pour ça...La majorité n'en veut pas non plus? C'est pas grave, on la fera revoter jusqu'à ce qu'elle change d'avis. Le conseil constitutionnel retoque le texte? Pas de problème...on repatouille l'ensemble, on change la ministre cramée en chemin et on la remplace par un Mitterand pour faire diversion...

Y'a plus qu' à faire voter le texte en plein juillet...comme ça c' est tranquille, tout le monde est en vacances, à la rentrée il sera trop tard pour protester. STOP. Reste une inconnue. Face à des socialistes prêts -pour une fois – à en découdre, ces galopins de députés UMP ne pourraient-ils pas faire l'école buissonnière en ce mois de juillet? On n'est jamais trop prudents : un petit discours bien senti de notre Léon Zitrone de la rue de Valois, et hop...on repousse le vote à septembre histoire d'être sûrs.

Mais pourquoi, me direz-vous? Pourquoi s'entêter à faire passer une loi impopulaire envers et contre tous...La loi Hadopi, ce bâton merdeux dont même l'Union Européenne dénonce le vieux fumet protectionniste, cette oukase improbable qui fleure bon la politique de copains...Car qui peut croire que ce curieux prurit culturel n'aie été refilé à notre amoureux des belles lettres et de la Princesse de Clèves par ses amis Johnny, Clavier, Pascal Nègre et consorts. Le tout sous les encouragements de la First Lady et de ses potes producteurs, gros disquaires, publicistes...

Tiens, un autre exemple de passage en force... L'affaire Ilan Halimi. On peut regretter le huis-clos, mais voilà un verdict rendu en conscience par un jury populaire, et dont tous les magistrats, y compris le représentant du Ministère Public- ce qui n'est pas si commun- se sont accordés à saluer l'équité...le tout pour s'entendre dire par la Garde des Sceaux tout juste sortie du conseil des ministres que l'Etat va faire appel de plusieurs condamnations jugées trop légères en haut lieu. Ok. Les jurés sont des cons, les magistrats des gros blairs, et leur indépendance, ils peuvent se la foutre au chose. Sarko Ier, il la rend tout seul la Justice, assis comme Saint Louis au pied d'un bonzaï dans les jardins de l'Elysée.

Bref, la liste des dénis de démocratie s'allonge chaque jour, au point d'en devenir fastidieuse. On me pardonnera, d'ailleurs, de n'évoquer qu'en passant la loi sur le travail dominical, retoquée une première fois par l'Assemblée, puis adoptée d'une courte majorité avant d'être validée de justesse par le Sénat. « Pas la peine de râler, les gars, vous siégerez jusqu'à ce que vous ayez voté oui... » Les élus du peuple, traités comme des chiards sarko.jpgqui veulent pas finir leurs haricots verts...

On se dit que ça va finir par se voir. Que les citoyens assommés par la crise, les soldes, la grippe A -que sais-je?- vont se réveiller dans les trois années à venir, et renvoyer papa chaperonner fiston dans son Groland pour riches des Hauts-de-Seine. On espère...et on a tort.

Car le Sarko, l'est pas foufou, non non! S'il peut aujourd'hui se faire plaisir et gouverner ouvertement pour quelques-uns au détriment du plus grand nombre, c'est qu'il a consciencieusement préparé le terrain. Miné un à un les contre-pouvoirs, détruit dans nos esprits l'idée-même d'alternance. D'ailleurs, qui imagine sérieusement le voire perdre en 2012 ?

De la gauche, la République Sarkozyste a déjà vidangé l'histoire, déterré les morts - Blum, Jaurès, Guy Môquet - avant de s'attaquer aux vivants. Strauss-Kahn poussé au FMI, Kouchner, Lang, Rocard gavés de missions ronflantes et maroquins rutilants... L' «ouverture», arme de corruption massive, a siphonné l'opposition de ses figures. Reste à détruire tout semblant d'unité dans ce qu'il en reste. Pas de problème, l'ami Valls est là, en service commandé pour organiser le foutoir. On lui a peut-être promis quelque chose pour 2017 ?

Bref, le message est passé, relayés par les TF1, le Figaro et le Parisien-Aujourd'hui en France : Sarkozy ou le chaos. Ajoutez au cocktail la déliquescence des médias, entre télés complices -« embedded », comme on dit outre-Atlantique – et une presse qui n'en finit plus de s'enfoncer dans une crise qui arrange tout le monde : vous obtenez la République Berluscozienne : plus de journalistes, que des laquais et des demi-mondaines. Plus d'info, que de la com. Plus de juges d'instruction, que des procureurs. Plus d'opposition, que des ambitions qui se déchirent...la recette d'une démocratie confisquée, et peu à peu dénaturée au profit d'un clan. Étonnant, non?

Francis Carrière.


vendredi, 17 juillet 2009

Nicolas Sarkozy achète les sondages en sa faveur

sarko.jpgSarkozy achète les sondages en sa faveur: alors que Philippe Séguin, président de la Cour des comptes, rendait publique son rapport sur les dépenses de l'Elysée pour 2008, une remarque curieuse attire l'attention.

En effet, le rapport souligne, en page 11, "une convention signée le 1er juin 2007 entre la présidence de la République, par l'intermédiaire de son chef de cabinet, et un cabinet d'études, par l'intermédiaire de son gérant, pour un coût avoisinant 1,5 millions d'euros, a soulevé plusieurs interrogations." =>> lien direct vers le rapport.

Fichtre, et comment ! Le cabinet en question est client, toujours d'après le rapport, du "Politoscope", enquête grand public "omnibus" réalisée par l'institut Opinion Way, dont les résultats sont publiés par le Figaro et LCI. Médias qui, comme chacun sait, n'ont même pas à faire partie de l'UMP pour en être les meilleurs porte-paroles. Ainsi, quelques exemples de sondages dityrambiques : Les Français plebiscitent la majorité”, "Royal distancée par Delanoë, selon un sondage", “Le gouvernement Fillon 2 plaît aux Français”, Présidentielle : Sarkozy loin devant Royal ou Aubry," (sources : Métro, le Figaro).

Très à propos, la Cour des Comptes s'étonne que l'Elysée paye, à hauteur de 10 000 euros par mois, des sondages bimensuels qui seront repris de toute façon dans la presse. Ainsi, sur 35 études payées, au moins 15 d'entre elles ont été publiées par la presse. Après épluchage, "la comparaison des résultats publiés dans la presse et de ceux remis à la Présidence ne fait pas apparaître de différence"...

Première question : est-ce que par hasard, Nicolas Sarkozy ne veillerait pas de trop près à sa communication et à son rayonnement politique auprès de l'opinion ?

Sur le blog de Ségolène Royal, Désirs d'avenir, la députée socialiste des Deux-Sèvres Delphine Batho rappelle (c'est de bonne guerre), que la candidate socialiste en 2007 avait souligné dans son livre "Ma plus belle histoire d'amour", les tripatouillages réguliers de l'institut Opinion Way, visant à soutenir Nicolas Sarkozy et à flinguer ses adversaires.

La voix de son maître

Dans un post publié hier, le même jour que la publication du rapport, Delphine Batho dénonce "un système d'instrumentalisation de l'opinion et de connivence entre le pouvoir, un institut de sondage et certains médias". Elle réclame notamment "que l'Elysée rende publique la liste précise des 15 sondages payés par la présidence de la République et qui ont été publiés par certains médias. Cela permettrait à coup sûr de revisiter les conditions de déroulement de certains débats publics où des jeux d'influence pervers s'exercent pour manipuler l'opinion.".

Chers concitoyens, pensez également que ces sondages sont payés avec l'argent du contribuable...

Deuxième question : quel est le fameux cabinet qui cire si bien les chaussures de Sarkozy? Le rapport de la Cour des comptes ne le précise pas. Mais les journalistes d'Arrêt sur Images, sur leur site Internet, lance quelques pistes. Selon leurs informations, "deux entreprises semblent bien placées pour incarner ce fameux cabinet. Elles sont toutes deux dirigées par des proches de Nicolas Sarkozy, versés dans la pratique des sondages : GiacomettiPeron, montée par Pierre Giacometti fin 2007 lorsqu'il a quitté son poste de directeur général d'Ipsos, et Publi Fact, détenue en majorité par Patrick Buisson, directeur général de la chaîne Histoire (groupe TF1), et donc subordonné de Laurent Solly, ex-directeur adjoint de campagne du candidat Sarkozy."

Le site rappelle une interview de Pierre Giacometti dans l'Express, où il ne se cache pas de participer à la stratégie de communication de Nicolas Sarkozy. Quant à Patrick Buisson, catho tradi, ancien directeur de "Minute", qui a aidé le candidat de la droite à "siphonner" les voix de de Villiers et le Pen", Nicolas admettait publiquement, comme le rappelle le Nouvel Observateur, "qu'il lui devait d'avoir été élu". Les deux hommes se connaissent depuis 1995.

L'enquête promet d'être passionnante...ou de finir dans le mur, comme d'habitude.

Au passage...L'insoutenable légèreté de l'être Carla Bruni :

2761382.jpgJuste un petit retour sur l'interview très ORTFesque de la première dame de France par l'inénarrable Jean-Claude Narcy, (qui gâtise tant qu'il parle de la "First Lavy" au lieu de la "First Lady") lors de la garden-party de l'Elysée mardi 14 juillet. On vante depuis des années l'extrême intelligence et la culture de la dame, comment elle cultive utilement notre omni-président (à grands renforts de classiques cinématographiques distillés chaque soir et de romans du patrimoine mondial, belle stratégie de com là encore). Pourtant, la platitude de ses remarques lors de cette interview officielle pouvait laisser pantois (et cela allait crescendo) :

Sur la guitare : "Non la guitare je la joue surtout chez nous, ici (dans son bureau de l'Elysée) il y a tellement de travail..."

Sur le jardin : "Le magnifique jardin...On a de la chance d'être ici, et on a de la chance avec le temps..."

Sur l'obsession de Sarkozy : "Vous savez, il n'est pas pressé, il est habité par une obsession, qui est celle de servir notre pays et d'aller au bout de ses promesses..."

Et la meilleure, sur la guerre : "C'est magnifique que tous ces hommes, tous ces avions, et toutes ses armes, finalement, soient au service de la paix, car finalement, l'armée désormais nous protège de la guerre, c'est contradictoire, car enfin ce sont des hommes courageux, et leur courage nous protège de la guerre."

Bref, il y en a à chaque réplique et jusqu'au bout de la vidéo. Carla Bruni ou le meilleur conseiller en communication de Nicolas Sarkozy...

mercredi, 08 avril 2009

Siné VS Val : Hara Kiri

Il fallait bien s'attendre à ce qu'il réagisse vertement. Siné viré par Val, mais qui a plus d'un tour dans son sac, commente à sa façon la préférence élyséenne pour Val à la tête de France Inter :

 

9886_huge.jpg

Clin d'oeil malin à la vieille Une d'"Hara Kiri" qui avait valu au journal d'être banni en 1970 pour avoir osé moquer la mort du général de Gaulle...

Viré il y a quelques mois pour "un texte antisémite", Siné saisit une bonne occas de se venger. Ca ne fait sans doute que commencer...

vendredi, 03 avril 2009

Sarkozy récompense Philippe Val avec France Inter

val.jpg"Val, c'est ma préférence à moi". L'information est tombée hier soir sur le site du Nouvel Obs : l'Elysée a donné son avis pour nommer le futur patron de France Inter, qui devrait être Philippe Val, le directeur de la publication de l'hebdo satirique Charlie Hebdo, et également éditorialiste le vendredi matin sur cette radio.

"Cela m'intéresse, mais ce n'est pas d'actualité", a réagit Val, qui n'est pas du tout modeste, mais juste conscient qu'il lui faudra attendre la nomination de Jean-Luc Hees à la tête de Radio France, pour que cet éventuel transfert se fasse. C'est en effet le dirigeant de Radio France qui choisit et nomme son équipe dans les différentes stations de l'institution radiophonique.

On parle d'une politique d'ouverture menée par Nicolas Sarkozy pour énerver la gauche, mais on peut être tenter de voir plutôt, dans la nomination de Val, une énième manifestation de népotisme.

Rappel de quelques faits : à l'été 2008, Val vire à coups de pompe dans le train le caricaturiste Siné, 80 ans, figure tutélaire de Charlie Hebdo et du dessin anar en général, pour un "malencontreux" Siné sème sa zone, sur le mariage de Jean Sarkozy avec l'héritière Darty. Le caricaturiste lançait une pique acerbe, en se demandant si le marié devrait se convertir au judaïsme pour conclure la noce. Trop loin pour Val, qui dès que l'on touche au pouvoir pousse des cris d'orfraie (casser du sucre sur Denis Robert en pleine affaire Clearstream est un bon exemple de ce comportement), et vire le rebelle récalcitrant. Ca lui permet indirectement -mais peut-être consciemment- de prendre fait et cause pour le rejeton présidentiel. En hautes sphères, cela a certainement beaucoup plu.

Précisons aussi que depuis que Val sévit à Charlie Hebdo, l'épuration a été largement pratiquée, tant des personnes que des idées. Sans nous attarder sur ces éditos à tendance spinozienne absolument inbuvables, lecteurs de Charlie -s'il y en a encore-, si vous ne trouvez pas que votre journal préféré ressemble de plus en plus à un torchon néoconservateur -islamophobie récurrente qui frise l'obsession, atlantisme, libéralisme...- alors c'est que vous ne lisez que Maurice et Patapon. Cavanna doit s'arracher les tifs, et le professeur Choron se retourner dans sa tombe.

Enfin, rajoutons à titre purement indicatif, que Philippe Val, puisque "de gauche", est un ami de Carla Bruni. On a les amis qu'on peut.

Belle récompense pour celui qui a voté Sarkozy en détestation de Royal, divisait le pays en "traîtres" et en "crétins" lors du vote négatif sur la Constitution européenne en 2005, et qui paraît-il, convoitait le poste d'Eric Besson...

 

SarkoVal.jpg

 

Seule consolation : Charlie Hebdo se casse allègrement la gueule, surtout depuis que Siné a sorti son Hebdo -il faut croire que certains lecteurs de Charlie n'avaient pas digéré la manoeuvre-. C'est peut-être aussi parce que le navire prend l'eau que Val sera content de décamper. Au passage, il aura fait couler un canard qui pourtant en avait vu d'autres.

Bref : pour un ancien chansonnier moyennement talentueux, finir à la radio c'est une plaie pour les auditeurs. Au moins, quand il était à Charlie, on pouvait éviter de l'entendre.

 



mardi, 17 février 2009

Sarkozy se fait remonter les bretelles par la Princesse de Clèves

7209329.jpgHourra ! Encore une preuve que la culture ne s'est pas avouée totalement vaincue par la connerie et le populisme !

Souvenez-vous : d'abord comme ministre de l'Intérieur, puis comme président, notre omnipotent Nicolas avait plus d'une fois fustigé ce roman  classique des écoles qu'est "La Princesse de Clèves", le premier roman d'analyse et un monument de la littérature du 17ème siècle. Presque réclamé que l'on ne l'enseigne plus à l'école (à ma connaissance, c'est le genre de roman que l'on n'aborde qu'à partir du lycée, au minimum, et je sais de quoi je parle), tellement il lui semble chiant.

Riposte hier après-midi devant le Panthéon de cette même Princesse de Clèves. En effet, profs, étudiants et acteurs de cinéma s'étaient réunis pour une lecture publique de cette oeuvre, tellement décriée publiquement justement, par notre cher président.

Devant les caméras et l'assistance nombreuse, l'ancien administrateur de la Comédie française Marcel Bozonnet a débuté cette «lecture-marathon».

«Tout le monde a le droit de lire La Princesse de Clèves. Parce que ça sert à nommer des sentiments, des sensations qu'on ne sait pas nommer», a-t-il ensuite justifié.

"Moi je n'ai pas mon bac, alors c'est avec beaucoup d'honneur que je me mets à lire devant vous, professeurs et étudiants, qui parfois aident à mettre un sens dans nos vies", a déclaré Louis Garrel, compagnon de l'actrice Valéria Bruni-Tedeschi -belle-soeur de Nicolas Sarkozy-, et acteur principal du film "La Belle personne", adaptation cinématographique du roman.

"Organiser cette lecture est une réaction aux propos de Nicolas Sarkozy" a expliqué Sophie Rabau, l'organisatrice de cette lecture et maître de conférence à l'université Paris III. Elle portait à la boutonnière une fleur jaune, couleur de la Princesse de Clèves. «C'est vrai que c'est un texte complexe mais cette complexité nous intéresse. Le rôle de l'université, c'est d'ouvrir à la culture. Nous sommes des gens qui voulons partager notre savoir.»

On ne sait pas encore quelle fut la réaction de l'intéressé...Qui à la mort de Jean Delannoy, saluait le réalisateur de "l'Eternel Retour" et... de "la Princesse de Clèves" -première adaptation cinématographique du roman, assez fidèle, avec Jean Marais et Marina Vlady dans le rôle titre. Ca faisait assez rire. Mais revenons sur les raisons de cette haine implacable que voue Sarkozy à la belle princesse...

"La princesse de Clèves, c'est qui?"

Une "très belle personne", jeune de surcroit, qui vit à la Cour de Henri II (nous sommes au 16ème siècle). La belle vient de se marier à un cleves.jpghomme plus âgé qu'elle (elle doit avoir 17 ans, quand lui en a 25...Aujourd'hui, cela ne nous paraît pas énorme comme différence d'âge, ca l'était à l'époque). Lors du bal de ses noces, notre princesse rencontre le très beau duc de Nemours...Tous deux tombent éperdument amoureux l'un de l'autre, mais la vertueuse mariée entend rester fidèle à son époux, quel que soit le prix à payer...Même de contrarier ses propres sentiments et faire souffrir celui qu'elle aime vraiment.

Roman historique et premier roman d'analyse, attribué à Mme de Lafayette mais publié au 17ème siècle de façon anonyme, on y suit en effet pas à pas les introspections d'une Princesse de Clèves coincée entre son devoir et un amour dévorant, effrayée par ces sentiments inconnus et en même temps séduite, mais qui ira jusqu'à avouer sa passion à son mari pour qu'il l'en défende. Oui évidemment, dans un siècle où l'on ne s'attache plus à rien, où le mot "fidélité" fait rire et où "amour" veut sans doute dire "sexe" pour beaucoup d'adolescents, ce genre d'histoire paraît ringard, dépassé, "suranné" pour être précieux.

Ou chiant, comme cela a dû l'être pour Nicolas Sarkozy. Voici, dans le texte, ce qu'il pense de l'oeuvre de Mme de Lafayette.

Des propos pas très précieux

Première attaque le 23 février 2006 : «L'autre jour, je m'amusais, on s'amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves... Imaginez un peu le spectacle!» Le tout reçu par un parterre d'élus UMP rigolards. Evidemment. (J'avoue que pour moi, la première aura été la meilleure !)

La deuxième fois, ce fut le 4 avril 2008 à Bercy. Le Président y lisait une longue déclaration sur la modernisation des politiques publiques et la réforme de l’Etat devant des ministres, des parlementaires et des fonctionnaires des Finances. «C’est tout ce que nous engageons (…) sur la mobilité, sur la reconnaissance du mérite, sur la valorisation de l’expérience, sur la possibilité pour quelqu’un d’assumer sa promotion professionnelle sans passer un concours ou faire réciter par coeur la Princesse de Clèves! Ca compte aussi dans la qualité de vie d’un fonctionnaire…»

 

princesse-de-cleves-1960-05-g.jpg

 

Sur cette nouvelle occurence, note d'un élu UMP qui justement, a du se sentir choqué : André Santini, dans un article du Figaro, expliquait que la secrétaire de Nicolas Sarkozy, fonctionnaire de catégorie C, aurait échoué à un concours interne parce qu'elle ne savait pas qui avait écrit La Princesse de Clèves, «un sujet qui divise jusqu'aux spécialistes», selon Santini. Même si tout le monde s'accorde à penser que c'est bien Mme de Lafayette qui a écrit ce roman, tout ça pour dire qu'entre nommer un auteur et réciter son oeuvre par coeur, il y a un monde !

Troisième et dernière occurence : en juillet 2008, lors d'une rencontre organisée par la Ligue de l'enseignement, le récemment autoproclamé président du Conseil pour la création artistique estime qu'une personne de terrain vaut mieux qu'un crétin d'intellectuel qui connaît la Princesse de Clèves. Enfin, en substance. «Avoir fait du bénévolat, devrait être une expérience reconnue par les concours administratifs, car après tout, ça vaut autant que de savoir par cœur La Princesse de Clèves». Après un silence, il ajoute: «Enfin… j'ai rien contre, mais enfin, mais enfin… parce que j'avais beaucoup souffert sur elle.»

Ah ! Ca y est ! On la tient la raison !

Mais pourquoi est-il si méchant ?

Parce que le petit Nicolas, collégien ou lycéen, ou universitaire, que sais-je, a été traumatisé par une fiche de lecture à faire sur..."La Princesse de Clèves". Tout simplement !

En clair : parce que Monsieur a buté sur le roman, qu'il en a gardé un mauvais souvenir, cela lui donne une bonne raison pour en faire un autodafé verbal à chaque sortie publique...Prions pour que Nicolas Sarkozy n'ait pas trop de mauvais souvenirs du même genre, qui sait ce que la culture devrait encore entendre !

Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy, qui a épousé une intellectuelle et veut se racheter une image moins "bling-bling", dit qu'il adore "Belle du Seigneur" ou "Voyage au bout de la Nuit", deux exemples de roman "de la mordernité". Car aimer "La princesse de Clèves", il faut croire que ça ne faisait pas assez "rupture" -bien que ça aurait été un choix moins convenu que les deux romans précédemment cités.

Maintenant, on attend la riposte de l'Elysée...Peut-être que la hache de guerre sera enterrée, peut-être même que Nico relira "la Princesse de Clèves"....peut-être que rien du tout, c'est aussi possible ! Et même plus vraisemblable...

jeudi, 25 décembre 2008

Bernard Kouchner commente le voyage de Nico et Carlita au Brésil

Tout le monde (ou presque) s'extasie sur la venue de Nicolas Sarkozy au Brésil, auréolée de la popularité de son épouse...Si beaucoup de médias, brésiliens et français, manient l'ironie, d'autres jouent à fond la carte du people...Ainsi I-Télé qui nous montre un Nico enlaçant tendrement Carlita au concert de Charles Aznavour et Gilberto Gil....Le commentaire de Bernard Kouchner, ci-devant ministre des Affaires Etrangères :

 
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