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jeudi, 04 juin 2009

L'inconnu de la place Tiananmen

Il y a vingt ans, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, les autorités chinoises lançaient une répression sanglante contre les manifestations étudiantes de Pékin. Aujourd'hui, comme il y a dix ans, les Chinois avides de démocratie comme les étrangers résidant dans l'Empire du Milieu, courent après une impossible commémoration. Les journalistes, même nationaux, ont été interdits de travailler.

Rappels des faits, chronologies, on trouve divers angles pour traiter cet événement. On a pu prendre connaissance, il y a quelques semaines, du livre tiré des enregistrements clandestins de Zhao Ziyang, le "Gorbatchev chinois" qui dirigeait le P.C.C aux moment des événements.

Dans son essai, Adrien Gombeaud a voulu raconter l'histoire d'une photo. Celle de l'homme qui, seul, osa défier les chars de l'armée chinoise.

chine.jpg

Le monde entier se souvient de cette image, prise le 5 juin 1989, symbole à elle toute seule du "Printemps de Pékin". Commencé deux jours plus tôt, le massacre des étudiants est déjà terminé, la capitale "nettoyée". Vers midi, une colonne de blindés quitte la place Tiananmen. Soudain, un homme apparaît au milieu de l'avenue, en chemise blanche avec deux sacs en plastique au bout des bras. Il se plante devant les chars, qui s'immobilisent devant lui. Ils n'osent pas lui passer dessus. Des balcons de l'hôtel Beijing qui dominent la scène, quatre photoreporters capturent l'instant. Quelques enregistrements vidéos existent également.

Diplômé de chinois et critique de cinéma, Adrien Gombeaud a retrouvé les auteurs des clichés à Paris, à Londres, à Hongkong et à Bali. Chacun raconte comment il en est venu à prendre cette image si particulière, sans toujours se rendre compte, sur le moment, de son importance. Au fil de son récit, Gombeaud retrace aussi l'histoire des photographes eux-mêmes, et des lieux du drame - l'hôtel Beijing, l'avenue Chang'an, la place Tiananmen...

Concentré sur un seul homme, le récit passe parfois au second plan les millions d'étudiants du mouvement. Pourtant, il ne dévoile pas le secret le plus recherché : l'identité de l'homme seul qui défia les chars reste un mystère. Son destin et la suite de sa vie nous sont toujours inconnus.

L'Homme de la place Tiananmen, par Adrien Gombeaud. Presses de Sciences po-Seuil, 120 p., 14 euros.

dimanche, 15 mars 2009

Le prix Arcimboldo, dix ans déjà !

rauzier.jpgLe Musée du Montparnasse n'est pas grand et ne fait pas beaucoup parler de lui, mais c'est un musée dont on se souvient. Il garde l'incognito dans une petite cour du 15ème arrondissement de Paris, cour qui elle-même ne se remarque pas vraiment, sauf que lorsqu'on y entre on a l'impression que le temps s'est arrêté.

Actuellement, le musée présente une rétrospective du Prix Arcimboldo (concours de création numérique), qui fête ses dix ans cette année et dont les lauréats s'appellent Orlan, Jean-François Rauzier ou Virginie Pougnaud.

Les portraits-autoportraits d'Orlan font face aux petites filles d'Alain Delorme. Visuellement, c'est tout le contraire, il était donc inévitable de présenter les deux artistes ensemble : leurs oeuvres sont trop opposées pour qu'ils n'aient rien à se dire et à dire ensemble.

Personnellement, je retiendrai des dix candidats Patrick Fournial, qui en jouant sur le net et le flou, les détails et la vue générale, la perspective et le passage dans un univers hors du temps (Versailles 16, 2006), nous fait nous interroger sur ce qui est vraiment important dans une image.

J. S.

Site du musée

Site du concours


 
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