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mercredi, 20 mai 2009

CRS = SS ou largués ?

Voici, sur les événements survenus vendredi sur les bords de Seine, quand les Don Quichotte ont été expulsés par les CRS, un autre regard que celui des médias, qui avaient été interdits de filmer sur les voies sur berge (les images de la télé étaient prises sur les trottoirs au-dessus) : un ami caméraman était aux côtés d'Augustin Legrand, en première ligne directe, devant les CRS.

 

vendredi, 15 mai 2009

Sarkozy, nous te voyons (trop)

pinot_simple_flic.jpg

A Marseille, on doit bien rire. En France aujourd'hui, un peu moins. Chers concitoyens, savez-vous que crier "Sarkozy je te vois", devant des policiers en train d'assurer des contrôles d'identité, peut vous conduire au tribunal ?

C'est exactement ce qui est arrivé en février dernier à un professeur de philosophie de 47 ans, qui se trouvait dans un train en gare Saint-Charles à Marseille. Témoin de contôles d'identité assez musclés selon lui, il s'exclame à deux reprises "Sarkozy je te vois", et provoque l'hilarité des passagers voisins. Les policiers rigolent  beaucoup moins, et décident d'embarquer le malheureux au poste de police de la gare, pour contrôler son identité et lui flanquer un procès-verbal. Motif : le prof a attiré l'attention du public et perturbé le bon déroulement des contrôles d'identité. Il comparaît devant le tribunal de police mardi 19 mai, pour "tapage injurieux diurne troublant la tranquilité d'autrui".

 Les policiers ont écrit qu'il avait porté atteinte à la tranquilité publique "par la durée et la répartition de ses cris". Ce "crime" est passible d'une amende.

 Si l'on se réfère à l'article R13-37 du code de la santé publique, on peut lire :"Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme, dans un lieu public ou privé, qu'une personne en soit elle-même à l'origine ou que ce soit par l'intermédiaire d'une personne, d'une chose dont elle a la garde ou d'un animal placé sous sa responsabilité."

Donc : quand quelqu'un laisse gueuler son chien dans un restaurant, ses gosses dans un magasin, son portable dans une bibliothèque, nous pouvons être légitimement gênés, mais loin de se régler entre personnes concernées, ces petits conflits peuvent mener au tribunal. C'est la loi. Ca fout un coup tout de même. On précise également que ça peut troubler la santé. Le prof de philo, en faisant partager à ses voisins sa "vision" de Sarkozy, leur aurait sans doute causé un mal de tête...

Son avocat, Me Philippe Vouland, a déposé des conclusions de nullité. Il va demander le transport du tribunal sur les lieux, ainsi que la désignation d'un expert pour faire des comparatifs de décibels en gare Saint-Charles, mais aussi la désignation d'un neurologue pour "tester l'influence que peut avoir le bruit sur le cerveau humain".

"Je ne doute pas qu'en bon avocat, M. Sarkozy n'aurait jamais été favorable à une telle poursuite qui ne peut conduire qu'à la relaxe", a ironisé Me Vouland. On ne saurait pas mieux dire.

La dictature c'est "ferme ta gueule", la démocratie c'est "cause toujours"

Que dire...A trop donner de pouvoir aux forces de l'ordre, en arrive t-on précisément à des mauvaises aventures comme celle-ci ? Est-ce la faute du gouvernement, de Sarkozy, ancien ministre de l'Intérieur, des policiers qui regardent trop "l'Inspecteur Harry" ? Est-ce plus profond, plus grave que ça, et assisterait-on là à un exemple supplémentaire de la dérive ultra-sécuritaire, stressante paradoxalement, d'un Etat aux tendances pétainistes ?

Qui sait, bientôt peut-être, nous n'aurons plus le droit de critiquer librement dans les journaux, sur les blogs (à bon entendeur...), si déjà dans la rue à la vue d'uniformes bleus, il faut baisser la tête, se tenir coi et prôner le culte du chef.

Quand on pense qu'en Angleterre, il existe une très vieille "loi", peut-être non inscrite, sur la liberté d'expression : en somme, n'importe qui a le droit d'haranguer ses concitoyens dans la rue, sur des idées politiques, religieuses ou autres. Traditionnellement, l'orateur se mettait sur une souche. Ca fait rêver, ou ça donne des vélléités de révolte, dans un pays qui se dit celui des Droits de l'Homme. Les Anglais, en rédigeant leur Bill of Rights et leur Habeas Corpus, ne nous avaient pas attendus.

On pouvait lire en Une du Nouvel Obs il y a quelques semaines : "L'insurrection française". A votre avis, combien de temps allons-nous tenir comme ça, avant de vraiment la déclencher ?

N.B : j'avoue avoir échoué à retrouver le terme anglais et le détail de cette possibilité, c'est un vieux souvenir des cours de civilisation anglaise. Si quelqu'un a des connaissance sur le sujet, qu'il en fasse profiter tout le monde ici !

Je précise que j'ai trouvé l'illustration sur le blog "Cpolitic", et l'ai insérée ici en hommage à leur talent pour le détournement réussi.

mercredi, 25 février 2009

Vendre l'Humanité dimanche devient un délit ?

lounis_ibadioune.jpgIl s'appelle Lounis Ibadioune, il a 50 ans, il milite au Parti Communiste Français depuis 1981, et entre autres actions bénévoles, vend l'Humanité Dimanche sur le marché de son quartier. Beaucoup de militants font ça depuis que le journal existe, et cela n'a semble t-il, jamais posé de problèmes à personne.

Enfin, pratiquement personne. Le 4 février 2007, alors qu'il vend tranquillement son journal dans le quartier de la Goutte d'Or, dans le 18ème arrondissement de Paris, deux policiers l'interpellent. Et le verbalisent pour «offre ou exposition en vue de la vente de marchandises dans un lieu public sans autorisation». Lui collent une amende de 172 euros, que Lounis refusera de payer :"c'est une façon de criminaliser l'action militante,  l'engagement politique". Pour cela, il est passé au tribunal le 18 février dernier.

Depuis un an, ce petit fait divers, qui révèle un vrai malaise, fait grand bruit. Libération, qui lui a consacré son traditionnel portrait de dernière page, avait lancé une pétition en sa faveur. Ne parlons pas de l'Humanité, principal concerné. Des pétitions affluent de la France entière. Début février, le Conseil de Paris, «demandant au maire d’intervenir auprès du préfet de police afin de mettre un terme à ces interpellations», a voté à l’unanimité, élus UMP compris, un texte rappelant que «la vente de l’Humanité sur les marchés est une pratique tolérée depuis de très nombreuses années [qui] participe de la libre expression et de la vitalité démocratique».

Lui qui se définit comme «un titi parisien, laïc, républicain et progressiste», s’est longtemps totalement désintéressé de ses origines bien que portant un nom et un prénom arabes. Lounis dit n'avoir pas souffert du racisme dans sa vie. Qu'est-ce qui a pu motiver ces policiers à une verbalisation aussi injuste ? Un excès de zèle, selon le préfet de police de Paris...Un peu léger tout de même.

Mercredi 18 février donc, Lounis Ibadioune comparaissait au tribunal pour avoir refusé de payer ce PV abusif, devant une salle comble venue le soutenir. Son avocate, Nadège Magnon, a commencé par rappeler qu’«un journal n’est pas une marchandise mais une œuvre de l’esprit protégée par la Constitution […] et plus particulièrement par l’article 11 de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789». Elle a pris soin d’en donner la lecture : «la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi».

Petit rappel historique au passage : "Même Jacques Chirac a reconnu avoir vendu L'Humanité Dimanche dans sa jeunesse". L'avocate a également souligné que sur la vente des journaux, la loi du 2 avril 1947 stipule que «toute entreprise de presse est libre d’assurer elle même la distribution de ses propres journaux et publications périodiques par les moyens qu’elle jugera les plus convenables à cet effet». Autrement dit, une vente à la criée sur un marché est tout à fait légale, et de plus, Lounis contribue, par son action militante, à 20 à 25% des ventes du journal, selon l'Humanité.

Trop d'arguments de bon sens face à un PV abusif ont mené le tribunal à prononcer la relaxe. Lounis Ibadouine n'a pas souhaité ajouter quelque chose : "mon avocate a déjà tout dit".

En plus :

Un petit lien vers le site de l'Huma et le comité de soutien à Lounis Ibadioune pendant un an, avec des messages de quelques personnalités.



vendredi, 12 septembre 2008

Plus de bouchons le matin pour aller au turbin

embouteillages3.jpgCombien sommes-nous à pester quasiment tous les matins parce qu'on a éteint le réveil, que l'on va donc partir en retard, et qu'en plus il pleut ? 60 millions ? Peut-être pas autant, car ces désagréments matinaux sont d'autant plus graves que beaucoup d'entre nous se rendent à leur travail...En voiture. Et à Paris ou dans la région Ile-de-France.

300 km de bouchons certains matins aux abords de Paris, "certains matins" comme les lundis ou les fins de semaine...Hors périodes de vacances scolaires, qui apparaissent comme bénies (pour plusieurs raisons, on aimerait vraiment que ce soit les vacances toute l'année), aller à Paris sans mettre au minimum 1h frise l'exploit. Et y aller tout court, par moment, relève du masochisme.

Je ne vous décris pas l'énervement grandissant à mesure que les queues n'avancent pas, les coups de flip en lisant les panneaux lumineux indiquant la durée du supplice (peut-être, chers collègues automobilistes, poussez-vous, vous aussi, le masochisme -on y revient-, jusqu'à guetter le dit panneau tandis que vous roulez à 10 km/h et que vous arrivez au virage qui va vous le révéler)...Même la radio et AC/DC n'arrivent plus à vous calmer.

Déjà, se dire que l'on va travailler avec plétores de sujets d'inquiétude, voire d'angoisses, avec des collègues pas toujours les bienvenus (avouez-le, vous aussi vous travaillez avec ce qui vous semble parfois des "cons"), tout ça n'est guère réjouissant et parfois infernal. Et en plus, il faut se dire, au moment où l'on grimpe dans son carosse, qu'en plus la route qui y mène sera insupportable. Un enfer, quotidien en plus. (Y'a beaucoup de "en plus" dans cette phrase non? Désolée, ç'est la fatigue...des bouchons).

Qui aurait envie de continuer ? Eh oui, me répondrez-vous, souvent, on n'a pas le choix.

Eh bien dans sa grande magnanimité, l'Etat a pensé à nous, pauvres fourmis et masses laborieuses. L'entourage de MAM en tête : "«On ne peut plus accepter 300 kilomètres de ralentissement certains matins aux portes de Paris", nous révèle le Figaro. (C'est sûr qu'ils en savent quelque chose MAIS....ne soyons pas médisants, et ne flinguons pas à bout portant la bonne initiative qui va suivre).

L'équipe du Ministère de l'Intérieur pense avoir trouvé une solution géniale au problème des bouchons. Créer de nouvelles routes ? Développer les transports en commun et les dessertes ? ...Non. Mettre plus de flics. Si, si. Enfin, en gros. Explication en quatre points :

* Ce sera aux forces de sécurité de devenir "les chefs d'orchestre de la régulation du trafic en Ile de France". Alors, il y aura des routes prioritaires, à savoir celles où il y a le plus de trafic. Collées aux CRS ! Qui en feront...Bah, on ne sait pas ce qu'ils feront, le plan ne l'explique pas.

* "Plus personne ne travaillera dans son coin" : fini le travail unilatéral des préfets de départements, la préfecture de police de Paris chapeautera l'ensemble des activités régionales.

* Le Minisitère s'attèlera également à la création d'un service régional de police routière, sorte d'équivalent de la police des transports.

* Des brigades de choc "pour intervenir sur le réseau non autoroutier" : création de "trois unités de 150 policiers chacune qui viendront s'ajouter aux quatre compagnies de CRS existantes, pour constituer un ensemble d'environ 1 000 hommes".

Nous avons même droit à une jolie carte pour nous expliquer les choses sur le Figaro.fr.

Si avec tout ça, on se débrouille encore pour aller à Paris en plus de 30 minutes, alors vraiment, c'est à n'y plus rien comprendre ! Ou alors, qu'on n'y met de la mauvaise volonté !

Alors leur plan...Moi, je veux bien. Seulement, j'aimerai qu'on m'explique comment plus de flics, une direction centralisée ect...Vont permettre de réguler la venue de millions de personnes. Comment vont-ils changer cet état des choses ?

Si j'ai le temps dans les prochains jours, j'interrogerai volontiers quelqu'un au ministère ou dans un syndicat de police...Rien que pour savoir, en toute simplicité.

 

 

mardi, 09 septembre 2008

Un chien témoigne dans une possible affaire de meurtre !

772420651.jpgCe n'est pas une plaisanterie : France Info révélait ce matin l'information, sans précédent dans le monde judiciaire : Thomas Cassuto, juge de Nanterre célèbre pour sa tentative de perquisition du Canard Enchaîné, a fait entendre cet été un chien dans une possible affaire de meurtre.

Il y a deux ans et demi, une femme de 59 ans est retrouvé pendue à son domicile. Suicide selon la police, meurtre pour la famille.

En juillet dernier, un juge, son greffier, un vétérinaire expert comportementaliste se rendent chez la victime, accompagnés du seul témoin de sa mort : son chien.

Thomas Cassuto veut tenter une expérience sans précédent : confronter le chien, sur les lieux du drame, à un suspect proche de la victime, et noter ses réactions. En présence de l'homme, le chien aboie...Et le greffier note sur le procès verbal, les jappements de l'animal.

Comment considérer cet aboiement ? C'est toute la question que se pose la justice. Les magistrats, cités par France Info, sont sceptiques ou amusés : "Quand on connaît la fragilité d'un témoignage humain, que penser d'un témoignage canin ?" s'interroge l'un d'eux. Les faits remontent également à longtemps, ce qui ferait "17 ans en temps de chien" fait remarquer un autre.

Le "témoignage" du chien permettra t-il d'élucider l'affaire ? A suivre !

 
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